Conception et construction
Les coques sont en sandwich mousse et infusées sous vide, avec l'épiderme en fibre de verre, le pont et le bimini tous construits par infusion de vinylester sur une âme en mousse PVC à cellules fermées plutôt qu'en balsa. Un bouchain se situe à environ six pieds au-dessus de l'eau, et les coques se terminent par des extrémités arrondies qui devraient faciliter l'embarquement dans les mouillages méditerranéens. À la base de chaque coque, des quilles fixes sont boulonnées dans des logements étanches qui font également office de réservoirs d'eaux noires, intégrant élégamment structure et plomberie. Les embases saildrive ont été orientées à 180 degrés par rapport à la configuration classique. Les éléments les plus marquants sont la nacelle avant en stratifié massif, qui remplace le trampoline situé entre les étraves de la plupart des catamarans par une plateforme rigide et amortie, et le panneau inférieur du tableau arrière qui s'abaisse pour rallonger le cockpit de deux pieds. (1)
Gréement et comportement
Le Bali 4.5 est équipé d'un mât Sparcraft avec des voiles Elvström et d'un gréement de sloop fractionné. Un foc autovireur sur enrouleur Facnor simplifie les navigations au près serré en équipage réduit, tandis qu'un bout-dehors sert de point d'ancrage pour un Code 0 et peut être utilisé avec une voile d'avant sur enrouleur ; une grand-voile à tête carrée optionnelle était disponible. Deux configurations de barre étaient proposées : une barre de safran à tribord avec la bôme plus basse, accessible depuis le cockpit ou le pont latéral devant un siège pour deux personnes, ou une barre sur flybridge au milieu du bateau au-dessus du bimini, avec un banc pour quatre personnes et une excellente visibilité vers l'avant, bien que dans cette configuration la bôme doive être relevée pour garantir une hauteur sous barrots suffisante aux occupants. Sous voiles par 12 à 15 nœuds, les essais ont enregistré 7,2 nœuds à un angle de vent apparent de 60 degrés, environ 7,5 nœuds au travers, et 5,1 nœuds à 120 degrés ; au près serré par environ 15 nœuds, elle affichait un peu plus de 6 nœuds. Au moteur sur eau plate, elle donnait 6,8 nœuds à 2 000 tr/min et 8,6 nœuds à fond de manette à 3 200 tr/min, et en navigation la structure ne produisait aucun bruit. (1)
Aménagements
La nacelle avant n'est pas qu'un simple filet : elle devient un pataugeoire avec deux tables et des sièges orientés vers l'avant pour huit personnes, ainsi qu'un espace de détente presque sur toute la largeur pour six baigneurs, avec un guindeau horizontal Quick logé sous les sièges. Un grand vitrage central dans le carré s'abaisse d'un simple interrupteur pour faire passer la nourriture et l'air entre la cuisine et la proue, et les portes coulissantes arrière ouvrent le carré sur le cockpit arrière, où une table de carré à bâbord permet d'asseoir huit personnes en serrant les coudes, complétée par un salon à tribord. Sous le pont, l'aménagement charter standard à quatre cabines est associé à quatre salles d'eau ; une version à trois cabines et trois salles d'eau place la suite propriétaire dans la coque bâbord avec une large couchette, un canapé, un bureau et des lavabos séparés, laissant deux cabines et deux salles d'eau à tribord ; une option à trois cabines et deux salles d'eau ainsi qu'un aménagement à deux cabines et deux salles d'eau ont également été proposées. La cuisine à bâbord abrite une plaque chauffante Eno et un four à hauteur d'homme, tandis que à tribord se trouve un réfrigérateur double en ligne de taille pleine avec machine à glace, et une table à cartes orientée vers l'avant dessert le poste de barre.
Équipement et motorisation
La propulsion auxiliaire provenait de deux moteurs diesel Nanni (Kubota) de 40 ch, certains modèles étant équipés de la version optionnelle de 50 ch. Un alternateur surdimensionné de 225 A sur le côté bâbord alimente un parc de batteries de servitude de 720 Ah, et un dessalinisateur Aquabase d'une capacité de 50 gph entraîné par le moteur se trouve à bâbord. Un groupe électrogène Onan de 11 kW alimente la réfrigération en courant alternatif et les autres charges du bord, tandis que des bossoirs en acier inoxydable pour l'annexe descendent jusqu'à la ligne de flottaison pour faciliter son accès à l'eau.
Le verdict
Le Bali 4.5 est un catamaran de croisière ingénieusement conçu qui rejette les clichés du charter de performance avec ses dérives sabres et ses étraves à lame, au profit d'une plateforme rigide et habitable offrant un véritable espace extérieur. Son puits de bain avant et son tableau arrière rabattable créent plus d'espace de vie convivial que presque tous ses concurrents, et l'intégration des emplacements de quilles pour les réservoirs d'eau grise montre une réelle économie de conception. Ce n'est pas un sprinter léger, mais ses performances sous voiles et son autonomie au moteur sont tout à fait respectables pour un croiseur de 44 pieds, et sa structure silencieuse et sans grincement témoigne d'un travail soigné d'infusion.
Avantages
- La nacelle avant rigide et le tableau arrière repliable augmentent considérablement l'espace de cockpit et de détente utilisable
- Construction en sandwich vinylester avec âmes en mousse et puits de quille étanches servant de réservoirs d'eau grise
- Plusieurs aménagements de cabines, du quatre-quatre de charter au trois-trois propriétaire avec des touches de confort domestique
- Le foc autovireur Solent, le bout-dehors Code 0 et la grand-voile à tête carrée optionnelle s'adaptent aux compétences de l'équipage
Les points faibles
- Les tambours de descente dans les coques sont un peu étroits pour faciliter les déplacements sous le pont
- La barre sur le flybridge nécessite une bôme relevée, ce qui réduit la commodité d'une bôme basse de l'option à cloison
- Les coques arrondies et les quilles fixes sacrifient l'agilité au près au profit de la charge utile et de la facilité de mise à l'eau


