Conception et construction
Robertson & Caine construit des bateaux robustes, et le Leopard 45 en fait la preuve : la construction de base, les systèmes auxiliaires et les motorisations sont tous de premier ordre, avec un stratifié classique et des zones cachées finies avec soin. Tout s'assemble avec précision, des pièces moulées jusqu'aux menuiseries intérieures. Les coques sont en sandwich balsa avec une âme en stratifié massif au niveau des points de fixation de l'accastillage, et le chantier a commencé à utiliser l'infusion pour les pièces plus petites. Sur le plan structurel, Alex Simonis a remplacé les cloisons avant et arrière du pont de liaison par un treillis en fibre de verre et acier inoxydable, ce qui a permis de déplacer le mât vers l'arrière pour obtenir un plan de voilure mieux équilibré. L'entrée d'eau est fine et les coques s'évasent rapidement au-dessus du bouchain pour offrir une réserve de flottabilité, tandis qu'une légère emplanture au milieu permet aux coques de passer dans les vagues à vitesse de déplacement ; une bonne hauteur sous nacelle et une configuration subtile des coques permettent à la vague d'étrave de glisser doucement entre les deux coques. (1)
Gréement et comportement
Le gréement est moderne mais pas extrême, construit autour d'une grand-voile à tête carrée qui se range facilement dans un lazy-bag et d'un génois sur enrouleur dont on peut cingler les écoutes pour bien remonter au vent, avec un gennaker sur son propre enrouleur et une grand-voile à double écoute complétant le plan de voilure. Toutes les manœuvres courantes, à l'exception de l'enrouleur de gennaker, sont renvoyées aux winches électriques situés à la barre, et le grand hardtop permet à une personne moyenne d'atteindre la bôme sur toute sa longueur. En navigation, le bateau glissait à 6,1 nœuds au près serré dans 10 nœuds de vent, et la vitesse théorique de coque (VL) est d'un peu plus de 8 nœuds — une moyenne raisonnable dans les alizés, bien qu'il dépassera ce chiffre par rafales. Les manœuvres de port sont simples et prévisibles, avec un rayon de braquage d'environ une longueur de coque et la possibilité de faire des embardées avec les moteurs en sens opposés. On a vu l'étrave sous le vent passer dans les vagues au largue par vent modéré, pourtant Simonis l'a menée durement au large du Cap sans aucune eau sur le pont avant, et la forme de la coque maintient la mer formée à l'écart du pont avant. (1)
Aménagements
L'aménagement propriétaire à trois cabines dédie l'intégralité de la coque tribord à une longue suite, tandis que la coque bâbord abrite deux cabines confortables dotées chacune d'un cabinet de toilette et d'une douche, ainsi qu'une minuscule couchette de pointe très appréciée des enfants. Les versions charter adoptent un aménagement à quatre cabines et quatre cabinets de toilette. Un grand cockpit avant — qui ressemble davantage à un perron — s'ouvre derrière une porte d'entrée étanche en polycarbonate reliant le carré, servant soit de retraite privée, soit du meilleur siège en navigation ; une lourde porte coulissante le sépare de l'espace de vie principal. La cuisine est située à l'avant avec une table à cartes basique à bâbord, le cockpit arrière est immense et la circulation à bord est remarquable. Les vitrages hauts et latéraux inondent le carré de lumière, et la décoration est simple et élégante. Le poste de barre se trouve sur une plateforme surélevée à tribord avec un banc pour deux personnes, et toutes les manœuvres réelles se font à l'extérieur, bien qu'un pilote automatique à distance permette de barrer depuis l'intérieur ou le cockpit avant. (1)
Known Issues
Les critiques ont signalé quelques manques liés aux facteurs humains plutôt qu'à des défauts structurels. Le carré manque de bons points d'appui, les coussins pourraient être plus confortables et les sièges sont proportionnés pour des personnes de grande taille plutôt que pour des femmes de petite taille. Il s'agit de remarques sur la vivabilité, non de défauts dans l'exécution du chantier.
Refits et entretien
L'accès au moteur est bon et les points d'entretien courants sont faciles à atteindre, ce qui simplifie la vie quotidienne du propriétaire. Le hardtop abrite un ensemble de panneaux solaires bien rangé, des tacomètres sont positionnés sur le tableau de bord principal pour que le skipper puisse les lire facilement, et un système simple et robuste de stockage et de mise à l'eau d'un annexe est installé. Les grands tableaux arrière bas facilitent la baignade et les débarquements. Avec 185 gallons de carburant et 206 gallons d'eau, ainsi que deux moteurs Yanmar de 45 ch, le bateau est configuré pour de longues croisières sans nécessiter de modifications immédiates.
Le verdict
Le Leopard 45 est un catamaran de croisière soigneusement conçu qui équilibre la praticité du charter et le confort du propriétaire. Son raffinement structurel, sa maniabilité prévisible en espace restreint et son architecture de cockpit polyvalente en font un modèle de choix dans la catégorie des multicoques de taille moyenne, les seules réserves concernant l'ergonomie intérieure mineure.
Les points forts
- Assemblage précis et construction de premier ordre avec des zones cachées aux finitions soignées
- Accostage prévisible avec un rayon de braquage égal à la longueur du bateau et une excellente maniabilité en double
- Aménagements flexibles, de la version propriétaire à l'aménagement charter à quatre cabines
- Le cockpit avant et la porte d'eau étanche augmentent considérablement l'espace de vie
Les points faibles
- Les points d'appui dans le carré jugés insuffisants par les critiques
- Les sièges et coussins peu adaptés aux personnes de petite taille



