Conception et construction
Le 350 se décline sur une coque entièrement nouvelle dotée d'une silhouette contemporaine et reconnaissable. Le maître-bau est porté tout à l'arrière et beaucoup plus en avant que sur son prédécesseur, ce qui donne une étrave plus arrondie et une coque plus musclée et large de près de 15 centimètres, tandis que des bouchains de carène sur toute la longueur maintiennent la ligne de flottaison étroite. Une entrée d'eau arrière inclinée, un bouchain prononcé qui court presque sur toute la longueur de la ligne de flottaison, un tableau arrière ouvert, une tonture légèrement inversée, deux hublots de coque et un rouf bas avec un unique grand vitrage confèrent au bateau son profil moderne. L'étrave se situe nettement au-dessus de la ligne de flottaison, ce que le chantier souligne comme un atout pour les manœuvres de port et la navigation dans le petit temps. La construction de la coque est en stratifié de fibre de verre posé à la main, et le pont est moulé par injection pour réduire le poids au-dessus de la flottaison. Trois options de quille sont disponibles : la quille à aileron profonde standard, une quille à ailettes à petit tirant d'eau (PTE) de 1,49 mètre, et une quille relevable dont le tirant d'eau abaissé de 2,54 mètres et le poids plume offrent les meilleures performances tout en permettant au bateau de rester à flot dans 1,2 mètre d'eau. (1)
Gréement et comportement
Le 350 utilise un gréement fractionné sur pont sans pataras de chez Selden, soutenu par deux barres de flèche poussées très en arrière, avec un mât emplanté sur le pont pour libérer l'aménagement intérieur. Des passavants walkaround et un passage arrière des barres à roue avec une rampe permettent un accès sans obstacle du cockpit au pont avant, et les rails de protection se situent à hauteur de taille sur la majeure partie de la progression vers l'avant, rendant les déplacements sur le pont plus sûrs que sur la plupart des bateaux. Deux postes de barre arrière désaxés avec doubles roues offrent au barreur une meilleure visibilité vers l'avant et un meilleur confort grâce aux doubles roues de barre arrière désaxées. Cruising World a jugé le bateau performant et réactif, avec des doubles safrans qui développaient rapidement de la puissance à basse vitesse et maintenaient leur accroche lors des abattages avec les voiles écrasées ; il est resté remarquablement bien équilibré pour un bateau aussi large, tournant bien au près même à 20 degrés de gîte avec le bouchain enfoui dans l'eau. Les essais de l'époque ont enregistré plus de 5 nœuds au près dans une brise de 12 à 14 nœuds avec des rafales atteignant 6 nœuds, et plus de 7 nœuds au travers. (1)
Aménagements
Sous le pont, le carré et les cabines sont baignés de lumière grâce aux larges vitrages de la coque et du rouf, avec un éclairage indirect le soir pour une atmosphère chaleureuse. Le bateau offre une hauteur sous barrots de plus de 1,85 mètre partout, et les propriétaires peuvent choisir des menuiseries en teck ou en cèdre gris avec des planchers en chêne clair ou foncé. La table centrale à abattants se situe entre de longs canapés, et la salle d'eau/douche à bâbord est dimensionnée comme celle d'un voilier de 45 ou 50 pieds. Une cuisine en L fonctionnelle se trouve à tribord, en face d'une petite table à cartes. Des aménagements à deux ou trois cabines sont proposés ; la version à deux cabines dispose d'une cabine avant en V derrière des doubles portes coulissantes, d'une grande couchette double arrière à tribord et d'un grand coffre à bâbord accessible depuis le cockpit ou la salle d'eau. Dans l'aménagement à deux cabines, cet espace à bâbord devient un immense coffre de cockpit, tandis que la version à trois cabines bénéficie d'un coffre peu profond au sol. Toutes les couchettes mesurent 2 mètres de long, la couchette en V avant fait 180 centimètres de large au niveau de la tête, et la couchette arrière fait 160 centimètres de large. (1)
Known Issues
Les marins testeurs de Yachting Monthly ont noté que les placages en bois d'Alpi semblaient fins et que les coins sans moulures en bois massif pouvaient être sensibles à l'usure. Lors du même essai, les bosses de bôme utilisées à la place d'un chariot de bôme étaient un peu trop longues pour permettre une tension de chute suffisante afin de faire pleinement travailler la grand-voile. Les barres à roue en acier inoxydable rendaient la barre un peu lourde, bien qu'une option de barre à roue en composite puisse la rendre plus légère ; comme sur tous les bateaux à double safran, le retour d'information à la barre est légèrement moins précis que sur un safran unique.
Le verdict
Le Sun Odyssey 350 incarne la philosophie de pont de huitième génération de Jeanneau dans un croiseur de 35 pieds facile à manœuvrer, lumineux sous le pont et intelligemment conçu pour la navigation en équipage réduit. Sa coque à bouchains étroite à flottaison et ses multiples options de quille élargissent considérablement sa zone de navigation, tandis que les passavants de plain-pied constituent une référence en matière de sécurité pour se déplacer vers l'avant. Les placages fins et les longues bosses de bordure d'écoute de grand-voile sont de légères réserves face à un ensemble globalement très réussi.
Avantages
- Passavants walk-around avec accès sans marchepied au pont avant et rails de protection à hauteur de taille
- Trois options de quille, dont une quille relevable pour les zones d'échouage peu profondes
- Intérieur lumineux et spacieux avec plus de 1,85 m de hauteur sous barrots et un grand compartiment toilette
- Comportement équilibré et réactif des doubles safrans sous gréement fractionné
Les points faibles
- Faïences fines en bois d'Alpi et coins non moulés vulnérables à l'usure
- Étais d'écoute trop longs pour obtenir une tension maximale dans la chute de grand-voile lors des essais
- Barres à roue en acier lourdes à la barre ; moins de sensations que sur un safran unique






