Conception et construction
Le trait de style le plus immédiatement visible du 380 est sa proue inversée, dont les marins ont remarqué que son point d'appui sur l'eau se situait juste au-dessus de la ligne de flottaison. Le chantier indique que cette proue inversée augmente l'efficacité aux allures portantes, améliore la réactivité à la barre et facilite les manœuvres dans le port. Derrière cette proue, des bouchains prononcés descendent vers l'arrière depuis le milieu du bateau et un rouf bas maintient le profil élancé. La coque elle-même est en stratifié massif de fibre de verre posé à la main, tandis que le pont est en sandwich balsa grâce au procédé d'injection de Jeanneau, ce qui permet d'obtenir une surface finie des deux côtés directement à partir du moule. Des doubles safrans et des passavants encastrés offrent une circulation sécurisée sur le pont et une meilleure visibilité à la barre, et l'option de quille relevable permet au bateau de s'échouer sur des poteaux amovibles sans, selon le constructeur, nuire aux performances. (1)
Gréement et comportement
Le 380 utilise un gréement à fort allongement sans pataras, ce qui permet au propriétaire d'envoyer une grand-voile à tête carrée pour gagner en performance. Une bôme abattue facilite l'accès aux voiles et augmente la surface de voilure sans alourdir le bateau, et un bout-dehors sert également de davier d'ancre et de point d'amure pour les voiles portantes. L'écoute de grand-voile à double étage se termine sur une patte d'oie fixée de chaque côté du rouf, tandis que les écoutes de génois passent par des anneaux de friction au mât, chacun réglé par des bosses de bordure et des bosses de chute afin de positionner finement la corne d'étai. Le voilier testé était équipé d'un génois à 110 % sur enrouleur, avec un rail de foc autovireur disponible en option. Sur l'eau, les essayeurs ont rapidement ouvert le cap au travers et dépassé les 8 nœuds, après avoir déjà enregistré plus de 7 nœuds au près serré dans environ 15 nœuds de vent. Les doubles safrans lui permettaient de faire des zigzags d'un simple tour de barre, bien que les bas-haubans relativement bas doivent être évités lors des navigations en avant. (1)
Aménagements
L'intérieur de Piaton est lumineux et aéré, avec une esthétique épurée et contemporaine. Le carré s'articule autour d'une table à abattants encadrée par des sièges en U à bâbord et un long canapé opposé doté d'un accoudoir intérieur astucieux à son extrémité avant ; la table à cartes et le tableau électrique se situent à l'autre bout. La cuisine, située à l'arrière du carré, abrite une cuisinière à gaz propane à deux feux sur cardan avec four, un réfrigérateur généreux et des plans de travail avec de profonds hiloires. Les propriétaires peuvent choisir entre deux ou trois cabines : la version à trois cabines et deux salles d'eau testée disposait d'une salle d'eau et douche partagées à tribord, tandis que la configuration à deux cabines ajoute une seconde penderie à l'avant et reconfigure la zone arrière tribord pour y intégrer une douche séparée et un atelier. La cabine avant dispose d'une couchette rectangulaire et d'un lit de jour sur la caisse de dérive qui apporte un confort supplémentaire dans le clapot.
Cockpit et équipement de pont
Les barres à roue sont situées très en arrière, à côté d'une plateforme de bain manuelle rabattable sur le tableau arrière, offrant un passage dégagé entre elles et une table de cockpit centrale dont les pieds en fibre de verre s'abaissent pour laisser passer les mains vers l'avant, la structure en inox faisant également office de main courante. Un unique winch d'écoute Harken se trouve juste en avant de chaque barre, et une autre paire sur le rouf gère les drisses, les bosses de ris et le halebas. Cette configuration permet de garder le contrôle principal des voiles près de la barre tout en séparant les réglages fins vers le rouf.
Propulsion et caractéristiques techniques
Le moteur Yanmar standard de 29 ch en ligne arrière propulsait le bateau d'essai à une vitesse de croisière de 6,5 nœuds (2 300 tr/min) et de 8,7 nœuds au près (2 800 tr/min) ; un Yanmar de 40 ch est proposé en option. La capacité des réservoirs est de 34 gallons de carburant, 87 gallons d'eau et 21 gallons de WC. Deux quilles fixes en fonte sont proposées — un petit tirant d'eau (PTE) de 5 pieds 3 pouces et une version standard de 6 pieds 6 pouces — et le mât de 54 pieds 6 pouces reste adapté aux eaux de l'Intracoastal Waterway. La certification CE Catégorie A8 / B10 / C10 / D10 confirme la capacité hauturière pour huit personnes.
Le verdict
Le Sun Odyssey 380 est un croiseur modernisé avec soin qui sacrifie un peu de puissance dans le pataras au profit d'un gréement adapté aux voiles à tête carrée, et utilise la carène à bouchains vifs et l'étrave inversée de Lombard pour affiner les manœuvres sans sacrifier la tranquillité d'usage des aménagements intérieurs Piaton. L'ajustement du génois à anneau de friction et la table de cockpit à abattants témoignent d'une réelle volonté de naviguer en équipage réduit.
Avantages
- Étrave inversée et coque à bouchains pour une efficacité au portant et une bonne réponse à la barre
- Pont en balsa injecté avec des surfaces finies ; coque solide stratifiée à la main
- Quille relevable qui s'échoue sur des poteaux sans perte de performances avérée
- Aménagements en trois ou deux cabines avec une configuration arrière polyvalente
Points faibles
- L'absence de pataras limite la réduction rapide de la puissance de la grand-voile dans les rafales
- Les bas barrots bas obstruent le passage vers le pont avant



