Conception et construction
L'élément clé de sa construction est le sandwich composites. Les coques et le pont utilisent des fibres de basalte et une âme en mousse PET/PVC, le basalte étant issu de roche volcanique et la mousse de bouteilles en plastique recyclées, plutôt que la construction traditionnelle en sandwich de fibre de verre et de mousse de PET. À la fin de sa vie utile, le basalte peut être recuit et réutilisé. Le chantier indique qu'aucun additif n'est nécessaire dans la production du basalte, ce qui réduit les émissions de carbone d'un facteur 10 par rapport à la fibre de verre, et estime que l'impact carbone global est réduit de 47 % si l'on prend en compte la fabrication interne et l'approvisionnement local. Visuellement, le 54 présente des coques étroites mais hautes, des étraves nettement inversées et des vitrages de nacelle entièrement verticaux ; un bateau d'exposition portait une livrée grise. (1)
Gréement et comportement
Le 54 est gréé en sloop avec une grand-voile entièrement lattée à tête carrée et un foc autovireur, ainsi qu'un gennaker de 190 mètres carrés pour les allures portantes. Les doubles barres à roue offrent d'excellents angles de vue au barreur, le winch central manœuvre la grand-voile tandis que les winchs latéraux servent les écoutes des voiles d'avant près du poste de barre. Lors des essais, en remontant au vent avec le foc autovireur et les dérives baissées, le bateau naviguait à près de 35 degrés du vent, et sous gennaker il atteignait 8 nœuds et plus avec seulement 11 nœuds de vent réel, toujours à près de 35 degrés du vent. La veille du test d'un magazine, il avait été chronométré à 17,5 nœuds, ce qui rend la promesse du chantier de 20 nœuds sous voiles loin d'être utopique. Au moteur, un régime plein donnait 8,2 nœuds et une vitesse de croisière d'environ 6 nœuds grâce aux deux moteurs électriques sur ligne d'arbre de 48 volts et 20 kilowatts. (2)
Aménagements
L'aménagement est l'autre signature du bateau. Un cockpit avant est protégé des éléments et peut être fermé à l'intérieur par une porte coulissante étanche dans les conditions difficiles, tandis que les espaces de vie ouverts et modulaires, les vitrages latéraux coulissants et les portes arrière brouillent la frontière entre l'intérieur et l'extérieur pour offrir une vue mer à 360 degrés. La cuisine à tribord est en U, ce qui permet au cuisinier de s'appuyer dans la houle ; en face, la table offre 10 places assises avec une couchette de pilote à l'extérieur et une table à cartes transformable en poste de navigation à l'avant, équipée d'un écran pour les cartes et les systèmes. Le voilier présentait la cabine propriétaire à bâbord avec une couchette transversale à l'arrière, tandis que la coque tribord abritait deux cabines invités avec des couchettes longitudinales et un lave-linge séchant entre elles. Des rangements abondants et volumineux, associés à une circulation fluide, complètent ce concept d'espace propriétaire spacieux. La configuration maximale est de quatre cabines plus un poste de skipper, catégorie A, pour douze personnes.
Énergie et équipement
La propulsion hybride électrique est au cœur du système. Deux moteurs électriques tirent leur énergie d'un parc de batteries lithium 48V de 1 120 Ah offrant 53,8 kWh, alimenté par 5 880 watts de panneaux solaires sur le rouf et le Bimini, des éoliennes de 400 watts et une hydrogénération qui s'active dès 8 nœuds ou plus — les hélices à pales orientables Gori permettent alors de récupérer de l'énergie dans le parc, un suivi visuel étant possible sur un écran de cockpit. Un groupe électrogène diesel Fischer-Panda de 18 kilowatts complète la production renouvelable ; en marche au moteur pendant quatre heures à 6 nœuds, il recharge le parc en un peu plus d'une heure et offre environ 1 100 milles d'autonomie avec assistance du groupe. Le réseau de servitude alimente le guindeau, la cuisinière à induction, le four, le dessalinisateur et la climatisation. Le chantier affirme que seule la production solaire génère 18 kWh avec un surplus de 8 kWh par rapport à un tirant d'eau quotidien estimé à environ 10 kWh.
Le verdict
Le Windelo 54 est une réponse concrète à la question de savoir à quoi ressemble un catamaran hauturier à faible impact, associant un composite en basalte véritablement recyclable à un circuit d'énergie capable d'alimenter les équipements et la propulsion grâce au soleil, au vent et au mouvement. Son aménagement sacrifie une partie des cabines privées traditionnelles au profit d'un pont de vie fluide et riche en vues, tandis que ses dérives sabres et ses coques étroites lui confèrent de réelles performances au près comme au portant. La motorisation hybride est sophistiquée mais dépend de l'état de son groupe électrogène et de sa batterie dans le temps.
Avantages
- Structure recyclable en basalte et PET avec une réduction majeure des émissions de carbone annoncée
- Système électrique autogénérant avec apports hydroélectriques, solaires et éoliens
- Capacité à remonter au près à 35 degrés et bon rythme aux allures portantes sous gennaker
- Intérieur ouvert et modulaire avec cockpit avant abrité et vue à 360 degrés
Les points faibles
- Motorisation hybride complexe dépendante d'un groupe électrogène diesel de secours
- Les coques hautes et étroites ainsi que les dérives sabres exigent une manœuvre et un stockage attentifs
