Conception et construction
La coque est en stratifié massif de fibre de verre appliqué à la main, fini avec un gelcoat ISO sur les œuvres mortes et protégé sous la flottaison par une peinture barrière anti-osmose. Un contre-moule intérieur est collé et stratifié à la coque pour offrir une renfort, avec des découpes spéciales garantissant l'accès aux zones à forte charge comme les ancres. Le pont en sandwich est moulé par injection, ce qui permet de gagner du poids et d'ajouter de la raideur. Cette approche de construction permet de maintenir un déplacement de 30 644 livres tout en évitant d'enfler le maître-bau de 15 pieds 4 pouces. Le lest en fonte de 9 480 livres se trouve dans une quille à bulbe avec un tirant d'eau standard de 7 pieds 5 pouces, et une option petit tirant d'eau (PTE) de 5 pieds 8 pouces était proposée. Avec un rouf bas et un profil prolongeant considérablement son maître-bau vers l'arrière, le 509 présente un élégant sloop fractionné à deux étages de barres de flèche, dont la certification CE de catégorie A13 souligne ses aptitudes hauturières. (1)
Gréement et comportement
Le plan de voilure à fort allongement du 509 peut s'adapter à diverses manières de naviguer, d'un grand génois sur des rails de puits latéraux à un petit foc à recouvrement ou un foc autovireur sur un rail transversal en avant du mât. La écoute de grand-voile à double embout allemande est renvoyée aux winches principaux, facilement accessibles depuis les doubles postes de barre, et toutes les manœuvres de mât sont renvoyées aux winches sur le rouf, de part et d'autre de la descente. Il n'y a pas de winches secondaires et pas d'espace pour en installer, une limite compensée par l'achèvement soigné du unique pataras central qui passe entre les deux barres à roue. Une attache de bout dehors soudée sur le davier extérieur permet de gréer des spinnakers asymétriques et de grands spi auto-négociants pour les allures portantes. Sous son Saildrive Yanmar standard de 75 ch, le bateau atteignait 7,2 nœuds à 2 000 tr/min dans un clapot calme contre une marée contraire légère, 9,1 nœuds à 3 400 tr/min, et tournait sur lui-même en moins d'une minute lorsqu'il était poussé à pleine vitesse ; l'arrêt prenait un peu plus de temps que d'habitude pendant que l'hélice repliable se réorientait. Les prévisions de polar du concepteur le situaient à 7 nœuds dans 14 nœuds de vent réel à 40 degrés de vent apparent, et à 7 à 8 nœuds à des angles plus larges.
Aménagements
Sous le pont, le 509 propose trois, quatre ou cinq cabines et peut offrir dix couchages sans avoir à utiliser le carré. L'aménagement à trois cabines du bateau d'essai plaçait une suite propriétaire avec salle d'eau et douche séparée à l'avant, et deux cabines arrière avec des couchettes doubles de taille standard partageant une seule salle d'eau. La hauteur sous barrots est de 1,98 m (6 pieds 6 pouces) et les couchettes mesurent 2,05 m x 1,52 m à l'arrière et 2,03 m x 1,63 m à l'avant. La cuisine à tribord arrière a particulièrement séduit le testeur, avec des éviers alignés sur l'axe longitudinal, un coin repas avant contenant un réfrigérateur à ouverture avant et un tiroir à vaisselle, faisant face à une grande table à cartes avec bureau complet et un grand coffre supérieur ouvrant par le haut. Un grand cockpit avec un tableau arrière rabattable et deux postes de barre offrent de grands coffres de rangement sous les bancs malgré la présence de deux cabines en dessous du cockpit ; toutefois, les testeurs ont noté que les hiloires sont un peu basses pour soutenir le dos lorsqu'on est assis, et qu'il n'y a pas de siège confortable directement derrière les barres à roue.
Équipement et plan de pont
Dans la partie avant, une grande baille à voiles et un puits de mouillage se font face, bien que la baille à voiles manque de rayonnages pour les affaires à portée de main. Le pont accueille un ensemble complet d'accastillage et de winches Harken, deux barres à roue et un guindeau Lewmar, ainsi que le système optionnel 360 Docking qui relie un propulseur d'étrave et une embase de saildrive rotative à une seule manette de barre. Les colonnes de barre font également office de dossiers incurvés pour les bancs du cockpit, une disposition astucieuse qui complète les sièges latéraux très confortables et les taquets d'orteils bien placés à la barre.
Le verdict
Le Sun Odyssey 509 est un fleuron ingénieusement conçu qui récompense son propriétaire par une coque raide et rapide, un gréement véritablement adaptable et un aménagement intérieur qui passe du croiseur privé à la plateforme de charter sans jamais perdre sa logique. La construction est conservatrice et pensée pour l'accès ; l'aménagement du pont est moderne et convivial. Malgré quelques petits points d'amélioration ergonomique, il reste une référence parmi les croiseurs de taille moyenne de sa génération.
Les points forts
- Coque solide stratifiée à la main avec varangues renforcées et traitement anti-osmose
- Gréement fractionné polyvalent adaptable en configuration avec génois, foc ou voiles autovireuses
- Aménagements spacieux de trois à cinq cabines offrant jusqu'à dix couchages
- Cockpit bien équipé avec doubles barres à roue, tableau arrière rabattable et manœuvres faciles
- Bonnes performances sous moteur avec option de portage par joystick
Points faibles
- Les hiloires du cockpit sont trop basses pour soutenir le dos assis ; pas d'assise derrière les barres à roue
- Absence de winches secondaires et d'espace pour en installer
- Le coffre à voiles manque de rayonnages pour les objets plus petits
- L'arrêt différé par la réorientation de l'hélice repliable







