Conception et construction
J/Boats a construit le 112E en France via le chantier J Composites Shipyard, qui est autorisé à fabriquer plusieurs modèles pour cette société basée à Newport, dans le Rhode Island. Le bateau s'inscrit dans la tradition d'infusion de résine de la marque avec un pont et une coque soigneusement réalisés par infusion SCRIMP. La coque en sandwich balsa présente une couche externe de résine vinylester et un traitement préventif barrière vinylester pour éviter l'osmose et les bulles, tandis que le stratifié du pont intègre une âme en mousse pour aider à abaisser le centre de gravité. Un réseau de varangues en fibre de verre est infusé pour favoriser la raideur et soutenir les charges du gréement et de la quille, et toutes les cloisons intermédiaires sont stratifiées au pont et à la coque pour rendre la structure encore plus rigide. Le constructeur garantit ce résultat par une garantie de coque de 10 ans. Les sections avant en V sont conçues pour assurer la stabilité directionnelle et réduire les chocs dans la mer formée, tandis que le rouf sculpté s'associe à des arêtes arrondies et à une tonture vive pour offrir un profil très marqué. (1)
Gréement et comportement
Le gréement standard comprend un mât en aluminium cône à deux étages de barres de flèche, légèrement fractionné, avec un foc à fourreau à fort recouvrement, bien qu'un mât en carbone soit disponible en option pour ceux qui recherchent le gain de poids dans les hauts. Un gréement en jonc (rod rigging), un pataras hydraulique, des chariots de génois mobiles et un bout-dehors rétractable en carbone compensé complètent un plan de voilure conçu pour un réglage fin. Les drisses de foc et de grand-voile sont toutes deux en Dyneema à faible étirement. Un foc à 105 % est échangé sur une bosse Harken pour la croisière, et un bout-dehors rétractable en carbone permet d'établir un spi asymétrique. Les bosses de drisses se terminent par des renvois dans des puits étanches dans les cloisons latérales du cockpit avant d'atteindre leurs winches, ce qui laisse le plancher libre. Sur l'eau, le safran suspendu semi-compensé à fort allongement, signature du modèle, a permis au testeur de Cruising World d'exercer un contrôle précis au bout des doigts grâce à son système de biellettes en chaîne et en câble. La coque glissante du bateau et son safran puissant font également de ses manœuvres au moteur un véritable plaisir. (1)
Aménagements
Sous le pont, les finitions sont en placage massif moulé à froid et en noyer stratifié sur des panneaux de bord et de plafond blancs, avec de grands vitrages de rouf et une paire de petits hublots de coque qui rendent le carré très accueillant. La cabine propriétaire à l'avant dispose d'une grande couchette en V double avec un espace de rangement sous le lit, un grand coffre de rangement et des doubles portes ouvrant sur le carré ; une deuxième cabine privée et une couchette double de quart à tribord offrent au bateau deux cabines privées ainsi qu'un espace canapé. Deux banquettes droites encadrent la table à manger rabattable et sont assez longues pour servir de bonnes couchettes de mer pour un petit gabarit de 6 pieds, une nécessité pour tout véritable voilier hauturier, tandis qu'une cuisine en L est située à tribord, collée contre la descente, et la salle d'eau avec douche unique à bâbord peut également servir de coffre à cirés. Des mains courantes robustes sont installées à bâbord et à tribord dans le rouf. (2)
Performances sous voiles
Lors de la course Chicago to Mackinac Race en 2016, le testeur a mené le Mary Gail et a terminé deuxième dans sa catégorie, affichant régulièrement des vitesses supérieures à 16 nœuds sous le spi, avec un record ponctuel de 18,2 nœuds. Avec un Code 0 hissé au près serré par 7 à 8 nœuds de vent, le bateau naviguait immédiatement à la vitesse du vent et s'est détaché de ses concurrents dans le petit temps ; après le premier grain, en passant à un génois, il a viré de bord avec assurance. Vers la fin de la course, la barre bien équilibrée et le safran suspendu se sont avérés plus que suffisants pour contrôler le bateau dans une mer arrière. (2)
Refits et notes d'entretien
Le cockpit comprend un coffre à radeau de survie à tribord et un grand coffre de rangement à bâbord, ainsi qu'un plongeoir de bain amovible en acier inoxydable de série. La capacité des réservoirs est modeste — 53 gallons d'eau et 22 gallons de carburant — et cette capacité de carburant plutôt limitée témoigne du fait que le bateau n'a besoin de moteur que dans les conditions de vent vraiment légères. Un Saildrive Volvo de 30 ch fournit la propulsion auxiliaire. (2)
Le verdict
Le J/112E est un 36 pieds élaboré avec soin, qui marie le ADN de course de J/Boats à une véritable habitabilité en croisière. Sa structure infusée balsa-mousse, ses cadènes hors-bord et son gréement réglable offrent une accélération par petit temps et un contrôle rassurant dans la brise, tandis que l'intérieur aux finitions en noyer et les couchettes de salon transformables en couchettes de mer le rendent parfaitement vivable au large. Un carburant modéré et une quille standard profonde constituent les compromis face à sa polyvalence.
Avantages
- Coque en balsa infusé de résine avec barrière d'osmose au vinylester et garantie du constructeur de 10 ans
- Performances dans le petit temps prouvées par des descentes à plus de 16 nœuds et des bords de près rapides
- Longues banquettes droites qui font office de vraies couchettes de mer pour un voilier de 6 pieds
- Safran unique encastré et boîtes de bordure de grand-voile étanches qui maintiennent le cockpit propre et contrôlable
Les points faibles
- La capacité de carburant limitée à 22 gallons restreint l'autonomie au moteur
- Le tirant d'eau standard de 6 pieds 11 pouces exclut de nombreux mouillages peu profonds sans option petit tirant d'eau





