Conception et construction
Ce qui distingue le 36 dans la lignée Dragonfly est son système de repliage Swing Wing entièrement en composite. Les modèles précédents utilisaient des châssis robustes en acier inoxydable pour articuler les flotteurs ; le nouveau bateau remplace ces liaisons par une structure composite sans soudure, découpée au CFAO, et la liaison entre les traverses est conçue pour supporter 25 tonnes de charge d'échouage. La coque principale et le pont sont construits par X-Yachts en Pologne en vinylester, mousse Divinycell et stratifié de fibre de verre (GRP), tandis que les flotteurs sont infusés sous vide au chantier Dragonfly avec les mêmes matériaux de sandwich et un contre-moule intérieur posé à la main. Des renforts en carbone sont intégrés dans les cloisons principales et aux points de charge. Pour la première fois sur un Dragonfly, la coque principale porte une étrave inversée aux côtés des étraves de type wave-piercer ; les flotteurs asymétriques sont positionnés 70 centimètres en avant de la coque principale pour aider à la stabilité directionnelle. La construction en sandwich mousse à cellules fermées rend le bateau insubmersible, et quatre œillets de pont en acier inoxydable permettent de le graper partout. (1)
Gréement et comportement
Le 36 utilise un mât rotatif en carbone emplanté sur le pont — les mâts en carbone hauts sont devenus standard au chantier dès le début des années 1990 — avec une version performance atteignant 60 pieds 8 pouces et une version touriste à 54 pieds 1 pouce. Tous les espars et le gréement, y compris l'emplanture de mât et les ferrures de tête, sont construits sur mesure en interne à partir de tubes industriels en carbone assemblés par des inserts en carbone et des manchons en inox. Les manœuvres de voiles sont renvoyées proprement sous le pont vers des winches électriques Andersen à portée de main des doubles barres à roue, et une écoute de grand-voile unique en 4:1 traverse le plancher du cockpit. Un halebas de bôme sur poulie remplace le chariot de bôme, et des rails de génois surélevés maintiennent les écoutes tendues. La dérive pivotante en sandwich mousse et fibre de verre présente un tirant d'eau de 6 pieds 7 pouces pour la navigation au près ou de 2 pieds 2 pouces relevée pour le rase-cailloux, tandis que le safran unique en carbone de chez Marstrom se soulève avec un profil incurvé pour résister à la cavitation à grande vitesse. Un système de barre Jefa et un moteur Yanmar de 30 chevaux avec une hélice GORI repliable sur embase saildrive montée entre les deux postes de barre complètent l'ensemble ; au moteur, il navigue à environ 6,5 nœuds à 2 500 tr/min.
Performances
Capable d'une croisière de 10 à 15 nœuds et d'une vitesse maximale de 23 nœuds, le 36 a été chronométré par des marins d'essai à 20,5 nœuds sur eau plate, avec des polars suggérant environ 24 nœuds dans ces conditions. Dans le petit temps, il s'est révélé très vivant : les essais ont enregistré 8,5 nœuds à 40 degrés d'un vent réel moyen de 7 à 13 nœuds, et la même vitesse à 7 nœuds de vent réel à 45 degrés apparent sous un Code 0. Le bateau navigue côte à côte avec une voile Code et une grand-voile, et le bout-dehors court abrite l'enrouleur de cette voile.
Aménagements
Sous le pont, le 36 offre six couchages avec une hauteur sous barrots de deux mètres, mais ne propose aucune option d'aménagement car le puits de dérive et les cloisons sont fixes. Une cuisine bien équipée à bâbord abrite un réfrigérateur Isotherm de 85 litres au niveau du plan de travail. La cabine double arrière sert de couchette propriétaire — large mais peu encombrante — tandis que la table à manger se rabat pour former une seconde couchette double, et la cabine avant en V devient indépendante derrière une porte coulissante, accessible en passant par une varangue. Un petit cabinet de toilette humide est situé à l'avant à bâbord, où l'on s'assoit sur le WC pour prendre une douche, et le seul coffre de rangement est une penderie double à mi-hauteur en face. Des menuiseries artisanales en orme ou en frêne réchauffent l'intérieur.
Known Issues
Sur l'eau, les testeurs ont noté que le bateau nécessitait une main légère sur la hanche de bâbord, ce que Dragonfly attribue à un problème potentiel d'alignement de la dérive que le chantier travaille à résoudre. L'intérieur compact et l'accès restreint à la cabine avant sont inhérents à la conception à dérive fixe plutôt qu'à des défauts. (1)
Le verdict
Le Dragonfly 36 est un trimaran tout à fait moderne qui troque l'accastillage de pliage métallique de ses prédécesseurs contre un Swing Wing en composite plus léger, et enveloppe des performances réelles de 20 nœuds dans un ensemble qui se replie pour atteindre des dimensions adaptées aux marinas. L'aménagement intérieur fixe et les rangements modestes sont le prix à payer pour cette structure, mais la qualité de construction et le comportement sous voiles sont exceptionnels pour cette taille.
Avantages
- Système de repliage entièrement en composite qui réduit le poids et simplifie l'entretien
- Naviguer à 10–15 nœuds avec des pointes à plus de 20 nœuds
- Se replie sur un maître-bau de 12 pieds pour faciliter les manœuvres de port et le transport sur remorque
- Gréement en carbone sur mesure et safran relevable construits par le chantier
Les points faibles
- Pas de configuration intérieure alternative en raison du puits et des cloisons fixes
- Stockage limité et penderie à mi-hauteur
- L'alignement de la dérive sur bâbord au près est sous révision par le chantier






