Conception et construction
Beneteau a construit le 393 en stratifié massif avec une varangue structurelle, et le contre-moule de la cabine ainsi que les cloisons sont collés au coque sur toutes leurs faces pour offrir un excellent soutien structurel. Le pont est en sandwich balsa, sauf à l'endroit où se trouvent l'accastillage et le long du bordé extérieur. La liaison coque-pont utilise une bride orientée vers l'intérieur, stratifiée sur un mastic lourd, complétée par des vis à tête plate espacées de 6 pouces. Sous la flottaison, une quille en fonte et un safran suspendu compensé définissent la carène à aileron avec bulbe ; la forme présente une entrée d'eau assez fine à l'avant qui s'élargit en une section arrière large et plate. Un petit puisard constitue le compromis de cette forme à fond plat, bien qu'un puits profond aide à éviter que l'eau ne clapote sur le plancher de cabine. Avec un ratio déplacement-lastique de seulement 31 %, la conception s'appuie sur la forme de la coque plutôt que sur le plomb pour assurer la stabilité, et les propriétaires rapportent qu'il gîte plus que d'autres bateaux de sa taille parce que la quille porte moins de poids que d'habitude. (1)
Gréement et comportement
Le 393 est un sloop en tête à mât emplanté sur le pont dont le gréement nécessite un bas-de-taud pour aider le mât à rester droit. Le réglage des voiles est précis grâce à une longue chariot de génois et à un chariot de bôme sur le rouf, toutes les manœuvres courantes étant renvoyées au cockpit ; la prise de ris en un seul bout s'est avérée rapide et facile lors des essais de l'époque. La grand-voile sur enrouleur d'origine sacrifie un peu de surface effective par rapport à une grand-voile classique, que Beneteau proposera plus tard en gréement « classique » optionnel. Sur l'eau, le safran suspendu compensé rendait le virement de bord régulier sous les 85 degrés un véritable plaisir, et le bateau se montrait très marin avec un comportement sain et des manœuvres faciles, parfaitement adaptées à un équipage réduit. Les navigateurs d'essai ont constaté qu'il fendait des vagues raides contre le jusant à environ 6,5 nœuds au près serré dans des rafales de 17 nœuds, et le cockpit restait étonnamment sec même sans capote de descente. Au moteur, le diesel Westerbeke ou Volvo de 40 chevaux offrait une excellente maniabilité pour les accostages et départs dans les ports ventés et rafaleux. (1)
Aménagements
Deux aménagements étaient proposés. La version à deux cabines met l'accent sur la vie privée avec une grande couchette double transversale dissimulée à tribord sous le cockpit, une cuisine en U à bâbord et un poste de navigation à tribord avec un grand bar et un meuble devant ; ce dernier offre un rangement supplémentaire mais prend de la place dans le carré qui aurait pu servir de couchette de mer. L'aménagement à trois cabines dispose de deux couchettes doubles longitudinales sous le cockpit, déplace le poste de navigation à bâbord et ajoute une cabine arrière sur chaque côté. Les deux versions offrent huit places assises autour d'un carré en U, disposent d'une salle d'eau avec douche à l'avant d'une couchette double spacieuse, ainsi que d'une seconde salle d'eau avec douche à l'arrière, et intègrent la lumière grâce à trois vitrages de rouf en acrylique, six hublots de plain-pied, un total de six hublots de pont, six hublots de coque, sept panneaux de pont et deux hublots de cockpit. La hauteur sous barrots dans le carré arrière approche des 1,98 m (6 pieds 6 pouces), les penderies sont doublées de cèdre et généreuses, et l'intérieur aux teintes cerisier avec des vaigrages de plafond amovibles est lumineux et chaleureux. Le cockpit lui-même dispose d'un hiloire ouvert à l'arrière pour la sécurité et la sensation d'espace, d'une table de cartes rabattable et d'un coffre profond dans la version à deux cabines ; le puits de descente est un peu large pour s'y appuyer, et seule l'une des trois versions de table offre un pied de chaise.
Known Issues
Les propriétaires rapportent que lors des bords de près dans une brise fraîche au-delà de 17 nœuds avec une mer formée, le 393 va taper, parfois plus fort que souhaité. Les chroniqueurs de l'époque notaient que le cockpit restait sec sans voiles, mais suggéraient qu'un couple d'embouts de capote serait le bienvenu lors des traversées humides pour une meilleure ventilation sous le pont.
Refits et propriété
Le 393 est simple à vivre et facile à améliorer. L'accès au moteur Westerbeke de 40 chevaux est superbe, et le bateau est bien équipé pour recevoir un capote de descente. La cuisine standard comprend une cuisinière à gaz à deux feux avec four, dotée de bons mains-libres et d'éléments avant ventilés. Les réservoirs d'origine de 35 gallons de carburant et 130 gallons d'eau ne permettent pas de faire le tour du monde, mais conviennent parfaitement à la croisière côtière. Une option de quille longue était proposée pour une meilleure portance, et l'ajout d'une grand-voile « classic » reste une amélioration intéressante pour ceux qui recherchent plus de puissance au près.
Le verdict
L'Oceanis 393 est un croiseur soigneusement aménagé qui surpasse ses pairs en termes de poids de lest grâce à la précision de sa carène et de son gréement, facile à mener en équipage réduit et assez spacieux pour que huit personnes puissent s'asseoir sous le pont. Il sacrifie une tenue de cap absolue au près dans le clapot au profit du volume et de la simplicité, et le large puits de cockpit représente un compromis mineur sur l'espace de bras, mais en tant que génération de 600 unités désormais disparue, il incarne une expression mûre du concept de croisière de Berret-Racoupeau.
Avantages
- Manœuvres faciles sous voiles ou au moteur, très adapté aux équipages réduits
- Coque à contre-moule stratifié et varangues structurelles pour une grande raideur
- Deux aménagements de cabine flexibles offrant un excellent éclairage et une bonne ventilation
- Accès superbe au moteur et cockpit prêt pour installer un capote de descente
Points faibles
- Remonte mal au près dans la brise avec une mer formée
- Faible ratio de lest signifiant qu'il gîte plus que des bateaux comparables
- Puits de cockpit large difficile à traverser sans la bonne table
- Capacité modeste des réservoirs limitant les traversées au long cours










