Conception et construction
Les proportions du 473 sont modérées plutôt que extrêmes. La largeur hors-tout n'est pas aussi importante que celle des modèles français plus petits, et le ratio longueur/largeur s'établit à 3,31, tandis que le déplacement/longueur est de 144. L'étrave est assez arrondie en plan, une décision volontaire pour pousser les aménagements avant aussi loin que possible dans la pointe avant. Un tirant d'eau standard de 5 pieds 6 pouces (1,68 m) est proposé, avec une option de 6 pieds 11 pouces (2,11 m) offrant 882 livres (400 kg) de lest en moins. Beneteau a lancé ce modèle en 2000 et aura construit et lancé 400 Oceanis 473 d'ici la fin de l'année 2002, soit deux ans après son lancement. (1)
Gréement et comportement
En tant que sloop en tête, le 473 porte deux ensembles de barres de flèche poussantes sur une large base de cadènes qui assure un bon soutien au mât, les winches principaux étant positionnés juste en avant des doubles barres à roue, là où le barreur peut facilement y accéder. Il n'y a pas de renvois de manœuvres sophistiqués sous le pont. Une précaution d'utilisation issue de l'essai en mer de Yachting World concernait l'écoute de grand-voile positionnée hors de portée du barreur. Au moteur, le bateau s'est révélé être l'un des voiliers de 45 pieds les plus faciles à manœuvrer par le critique, aidé par une grande hélice fixe tripale et une embase traditionnelle, avec un propulseur d'étrave optionnel installé sur le bateau d'essai. Sous voiles, le bilan est mitigé : par 8 à 10 nœuds, il affichait plus de 7,6 nœuds au largue serré et glissait facilement au près à environ 5,5 nœuds, tandis que par 10 à 15 nœuds, il accélérait plus rapidement et tournait régulièrement à plus de 10 nœuds dans les risées plus soutenues. Un critique américain de l'époque estimait que ce gréement serait idéal pour les zones ventées et facile à manœuvrer, bien qu'il soupçonnât qu'il aurait du mal à respirer dans les airs légers de l'été. Yachting World a constaté que la configuration à double barre à roue ajoute de la friction au système de direction, laissant une barre lourde qui manque parfois du toucher que l'on pourrait attendre sur un bateau de cette taille. (2)
Aménagements
Le 473 est proposé en deux aménagements, la version à trois cabines présentant des couchettes de quart doubles symétriques qui semblent immenses — assez grandes pour que deux enfants puissent facilement partager chaque couchette, ce qui le rend presque idéal pour la croisière familiale avec deux enfants, et tout à fait fonctionnel pour un charter à trois couples. Le compromis de cet aménagement est que la cabine de quart tribord s'infiltre dans la zone de la cuisine, forçant les allées contre la cloison et ne laissant pratiquement pas de place de roulis et un espace de plan de travail limité. Les deux cuisines affichent un volume de réfrigérateur minimal. La cabine avant est très spacieuse avec son propre accès aux WC avant, qui comprennent une cabine de douche ; on compte au total deux salles d'eau. Un siège en îlot central dans le carré a suscité quelques réserves chez les critiques pour cette taille, mais permet néanmoins à six personnes de se serrer pour un dîner convivial. La table à cartes semble généreuse. La ventilation est également abondante, avec 10 panneaux de pont ouvrants, dont la descente, et huit hublots ouvrants sur la coque. Sur le pont, l'immense cockpit est associé à deux barres à roue offrant suffisamment d'espace pour circuler entre elles, à une table à abattants amovible à l'avant du cockpit, et à un puits de guindeau encastré dans le pont avant.
Problèmes connus
Au-delà de la friction de la barre et de l'écoute de grand-voile hors de portée déjà mentionnées, le compromis concernant la cuisine dans l'aménagement à trois cabines est un autre point faible documenté : un plan de travail restreint, l'absence d'une véritable cabine arrière (lazarette) et une cuisinière plaquée contre une cloison. L'espace destiné au réfrigérateur dans les deux aménagements de cuisine semblait minime aux experts. Il s'agit là de compromis de conception plutôt que de défauts, mais un acheteur doit savoir que la cuisine paie le volume de la cabine arrière.
Le verdict
L'Oceanis 473 est un croiseur de milieu de 40 pieds soigneusement conçu qui sacrifie un peu de praticité de cuisine au profit de cabines arrière véritablement gigantesques et d'un cockpit exceptionnellement convivial. Sa coque signée Finot est large sans être extrême, marche bien dans la brise et se montre particulièrement facile à manœuvrer au moteur. La barre à double roue, lourde et parfois un peu molle, est le prix à payer pour ce tableau arrière ouvrant et ce vaste pont arrière.
Les points forts
- Couchettes de quart doubles extrêmement spacieuses ; aménagement idéal pour la famille ou le charter
- Cockpit immense et sécurisant avec doubles barres à roue et passage direct vers le tableau arrière
- Facile à manœuvrer au moteur grâce à une ligne d'arbre traditionnelle et un propulseur d'étrave optionnel
- Excellente ventilation grâce à 10 panneaux de pont ouvrants et huit hublots de coque
Les points faibles
- L'aménagement à trois cabines compromet l'espace de la cuisine et élimine le coffre de roulis
- La barre à double roue ajoute de la friction ; la barre lourde manque de sensations
- L'écoute de grand-voile hors de portée du barreur
- Espace réfrigérateur minimal dans les deux configurations de cuisine







