Conception et construction
Biscontini a abordé la coque avec le processus de révision méthodique qu'il avait affiné sur les voiliers de l'America's Cup, et le résultat est une forme qui rejette les bouchains vifs utilisés par de nombreux croiseurs volumineux pour gonfler l'espace intérieur. À la place, le First 44 présente un maître-bau étroit à la flottaison avec une carène plus arrondie pour réduire la surface mouillée, une étrave fine et un arrière pincé à la flottaison. Yachting World note que cette flottaison proportionnellement plus étroite a également produit une carène légèrement plus profonde avec un rocker plus prononcé, une géométrie qui aide le bateau à rester vif lorsque le vent faiblit. Les francs-bords élevés et l'arrière large lui confèrent toujours l'empreinte d'un croiseur de génération actuelle, mais les doubles safrans et l'absence de bouchains maintiennent la coque droite plutôt que carrée. L'ingénierie a été confiée au cabinet Mer Forte, connu pour ses voiliers de course hauturiers haut de gamme, et le voilier est assemblé et fini dans un atelier dédié Beneteau plutôt que sur la chaîne de production standard. (2)
Gréement et comportement
Le plan de voilure est construit autour d'un gréement fractionné en aluminium à neuf dixièmes avec deux étages de barres de flèche, une grand-voile fine et des voiles d'avant généreuses, une configuration moderne qui permet, selon le constructeur, de naviguer de manière vivante dans toutes les conditions. Le mât est positionné plus en arrière que sur de nombreux croiseurs, avec quatre winches et un poulie de bordure de chute fixe au centre de l'arbre pour maximiser le potentiel de ce plan sur le pont de navigation. Un pataras hydraulique à double cylindre Harken contrôle la forme de la voilure. La version croisière ajoute environ 163 pieds carrés de toile par rapport à la variante performance et est optimisée pour la navigation en équipage réduit avec deux paires de winches par côté ; la version performance dispose de trois paires de winches dans le cockpit, deux supplémentaires dans le puits avec bloqueurs et renvois pour le transfert de charge entre winches, ainsi qu'un bout-dehors en carbone plus long. Un mât en carbone optionnel est plus haut de 1,8 m que le gréement standard, ajoutant 11 m² de surface de voilure au près. Une motorisation auxiliaire Yanmar de 57 ch avec Saildrive et hélice repliable tripale assure la propulsion.
Le lest liquide et la stabilité
Une option clé est l'installation de deux réservoirs de lest de 80 gallons chacun, remplis et vidés individuellement par des pompes électriques depuis les postes de barre, tirés de l'expérience de Beneteau sur le Figaro 2. Le système est simple à utiliser et nécessite trois à quatre minutes par cycle, ce qui convient mieux à un long bord au vent ou à un cap au largue au moteur qu'à de courtes virements de bord ; ces réservoirs fournissent un couple de redressement équivalent à plusieurs équipiers au rappel sans avoir besoin de faire faire du rappel aux matelots. Sur la version performance, la quille profonde de 2,6 m associe une aileron en fonte à un bulbe en plomb de type torpille, et ce voilier gagne environ une demi-tonne de déplacement par rapport à la coque de croisière grâce à des réservoirs plus petits, l'absence de guindeau et l'utilisation de batteries lithium.
Aménagements
Sous le pont, Argento a conservé un concept proche de celui du First 53 : un intérieur élancé et bien éclairé aux surfaces laquées blanches, bois moulés, éclairage indirect et sellerie raffinée. L'aménagement à trois cabines et deux salles d'eau place une table de carré pour six personnes en face du canapé et de la table à cartes, avec un canapé tribord de 1,9 m pouvant recevoir une bâche de cape optionnelle. La cabine avant dispose d'une couchette double en îlot mais manque de rangements, compromis inhérent à l'aménagement qui suit les lignes de la coque. Le cockpit de croisière est accueillant, avec des passavants larges qui convergent vers une table pliante, et le bateau bénéficie de la certification CE pour une utilisation hauturière et côtière de catégorie A12/B12/C14.
Le verdict
Le First 44 est un bateau remarquablement cohérent en deux parties, tout aussi à l'aise en croiseur en équipage réduit qu'en voilier de performance avec équipage léger, et sa coque à flottaison fine le rend véritablement gratifiant dans les petits airs qui paralysent les croiseurs-régatiers moins performants. Son chantier d'origine dédié, l'ingénierie de Mer Forte et son lest inspiré du Figaro le placent bien au-dessus d'un pont de série générique. Les seules véritables réserves sont la faible capacité de rangement de la cabine avant et l'inadaptation du système de lest pour des manœuvres serrées au près.
Avantages
- L'eau ligne de flottaison étroite et la coque canoë arrondie réduisent la surface mouillée pour des performances par petit temps
- Les deux aménagements de pont répondent aux besoins de croisière en équipage réduit et de performance avec équipage
- Le lest d'eau contrôlé électroniquement offre un couple de redressement à plat-bord sans nécessiter le poids d'un équipier
- Montage réalisé dans un chantier dédié avec l'héritage de l'ingénierie des bateaux de course
Points faibles
- L'absence de rangements dans la cabine avant
- Le cycle du lest d'eau prend trois à quatre minutes, ce qui est trop long pour des virements de bord rapides






