Conception et construction
Les Nauticats sont construits en Finlande et destinés à la croisière dans les hautes latitudes, et le 39 suit cette lignée avec une carène traditionnelle sous son rouf. La coque est en stratifié massif de fibre de verre, et la pratique du chantier de construction monobloc stratifié à la main, sans mousse ni âme en balsa sous la ligne de tonture, confère à une structure simple une inspection aisée pour l'armateur, sans crainte de pourriture interne de l'âme dans la coque. Avec un déplacement de 16 900 livres et un lest en plomb de 6 000 livres, le ratio lest/déplacement de 35,5 % le place résolument dans la catégorie des voiliers de voyage sérieux ; son ratio de risque de chavirage de 1,64 lui permettrait d'accéder aux régates océaniques selon cette formule. Son maître-bau de 11,5 pieds et son ratio longueur/largeur de 3,32 le rendent plus étroit que 58 % des plans comparables, tandis qu'un ratio déplacement/longueur (D/L) de 256 le classe parmi les « régatiers modérés » — pourtant, 54 % des bateaux similaires sont plus lourds, ce qui lui permet de porter de la charge sans s'enliser. (1)
Gréement et comportement
Le 39 est construit avec un gréement fractionné et porte plus de surface de voilure que la génération précédente à salon de pont ; les propriétaires constatent qu'il navigue bien même par vent faible et au près. Une famille à bord de leur exemplaire de 2003 a rapporté adorer la stabilité qu'ils ressentaient en traversant le détroit de Juan de Fuca, et la vitesse théorique de coque de 7,6 nœuds est à portée d'une coque à déplacement de cette longueur. Une caractéristique remarquable est le poste de barre intérieur : dans des conditions froides et humides, le bateau peut être mené sans avoir à démarrer le moteur, la barre calée dans le salon de pont tandis que l'équipage reste au sec. La surface mouillée s'élève à environ 39 mètres carrés, et la configuration standard des écoutes prévoit des diamètres de 14 mm pour les bosses de foc, génois, écoute de grand-voile et les bosses de spinnaker de 11,5, 11,5, 28,7 et 25,2 mètres respectivement — des tailles robustes adaptées à un bateau conçu pour être manœuvré au large. (1)
Aménagements
Le salon de pont est le cœur de l'aménagement, offrant un abri lorsqu'il pleut et qu'il fait froid tout en inondant la cabine de lumière naturelle. Les propriétaires qui s'installent pour une semaine ou plus loin d'une alimentation à quai soulignent une capacité de rangement suffisante pour une famille avec deux enfants en bas âge, une capacité d'eau douce de 110 gallons et un parc de batteries dimensionné pour une autonomie similaire. Le poste de barre intérieur permet à un équipage réduit de barrer à la main à l'abri, et l'ensemble du plan se lit comme une configuration de voyage au long cours plutôt que comme un jouet côtier de week-end. Un exemplaire de 2003 nommé Polaris était équipé d'un groupe électrogène, bien que l'embase de joint de presse-étoupe de ce dernier ait été remplacée avant l'achat et n'ait jamais vraiment fonctionné pour ses propriétaires — un rappel que la motorisation auxiliaire sur chaque bateau doit faire l'objet d'un examen attentif.
Le verdict
Le Nauticat 39 est un croiseur à salon de pont élégamment conçu : un sloop construit en Finlande par Gustafsson qui conserve de réelles qualités marines tout en offrant protection et intimité dans la cabine. Ses caractéristiques techniques — un ratio de risque de chavirage permettant d'accéder aux régates hauturières, un ratio de confort compris entre 30,3 et 37,9, et un déplacement de course modéré — confirment les retours des propriétaires sur ses performances stables dans le petit temps. Les points de vigilance sont plutôt individuels que systémiques : le groupe électrogène ou l'équipement installé par le propriétaire peuvent être moins performants, et le surcoût du salon de pont implique plus de systèmes à entretenir qu'un simple bateau à cockpit ouvert.
Avantages
- Le poste de pilotage avec barre intérieure permet de naviguer au sec et à l'arrêt moteur dans des conditions froides et humides
- Coque traditionnelle offrant plus de surface de voilure que la précédente gamme de pilothouses ; marche bien au près dans le petit temps
- Ratio de risque de chavirage de 1,64 autorise la participation aux courses océaniques ; déplacement de régatier modéré permet d'emporter du lest
- Coque en stratifié massif ; capacité d'eau de 110 gallons et forte autonomie de batteries pour une navigation autonome de plusieurs semaines
Points faibles
- Certains bateaux peuvent être équipés de moteurs auxiliaires hors service (ex. groupe électrogène) nécessitant une remise en état urgente
- Le profil plus fin et de course modérée implique une largeur intérieure inférieure à celle des croiseurs contemporains plus larges



