Conception et construction
Le plan de Donald Pye et du cabinet Holman and Pye date de la fin des années 1970, une époque où Oyster Marine s'assurait une solide réputation avec ses croiseurs à salon de pont sans pour autant sacrifier la résistance de la coque. La coque est construite en stratifié de fibre de verre haut de gamme, notoirement surdimensionnée selon les normes modernes, et chaque voilier obtenait souvent le certificat de construction de la Lloyd's. Les cadènes sont solidement intégrées dans le stratifié de la coque, les vitrages de rouf sont généralement boulonnés à travers des châssis lourds, tandis que des menuiseries sur mesure et une carène volumineuse définissent l'aménagement intérieur. L'Oyster 39 précède les classifications officielles STIX et la directive européenne sur les craft de loisir, mais si l'on l'évalue selon les normes actuelles, ce plan présente toutes les caractéristiques essentielles requises pour être classé dans la catégorie océanique A. (1)
Gréement et comportement
La plupart des Oyster 39 ont quitté le chantier en tant que ketches, avec quelques versions en sloop produites ; le gréement de ketch répartit la surface de voilure sur une grand-voile de 286 pieds carrés, une annexe de 105 pieds carrés et un triangle avant de 398 pieds carrés. Les propriétaires ont longtemps privilégié le ketch pour naviguer en solitaire car les voiles individuelles étant plus petites, elles sont faciles à gérer sans winches électriques. La quille à aileron assez longue et le safran sur skeg offrent une excellente stabilité directionnelle, et les sections avant en V profond avec une courbe de déplacement traditionnelle lui permettent de fendre les vagues plutôt que de taper dedans. Elle évite les secousses saccadées des carènes modernes à fond plat dans une mer de face, et son comportement est prévisible et doux. Avec un ratio surface de voile/déplacement (SA/D) de 14,1, elle est lente sous les 10 nœuds de vent et peut nécessiter plus d'heures moteur par vent faible, mais son lest lourd et sa longue quille à aileron lui confèrent un angle de stabilité de disparition très élevé et une forte tendance à se redresser rapidement, même après un chavirage complet. (1)
Aménagements
L'aménagement à cockpit central a créé un espace de travail profond et sûr, tout en dégageant une magnifique suite propriétaire sur toute la largeur à l'arrière, avec un couloir de passage fonctionnel qui abrite souvent une véritable couchette de mer et offre un accès excellent au compartiment moteur sous le plancher du cockpit. En dessous, une grande cuisine en U à bâbord reste sécurisante à la gîte, et l'espace d'aménagement de premier ordre pour sa catégorie — remarquable pour un voilier de cette taille — permet d'accueillir trois cabines et neuf invités. Pour un voilier à cockpit central de son époque, les seuils de descente sont hauts, le cockpit est profond et autovideur, tandis que des réservoirs généreux dépassant 100 gallons chacun pour l'eau et le carburant conviennent parfaitement aux semaines loin du port.
Known Issues
Les stratifiés épais de ces premières coques en composite peuvent encore être touchés par l'osmose, ce qui reste un point à surveiller sur tout exemplaire. De nombreux Oyster 39 ont été équipés de ponts en teck posés, et s'ils sont encore d'origine, ils sont probablement arrivés en fin de vie. Sur les versions ketch, l'emplanture du mât d'artimon mérite une attention particulière pour détecter toute compression ou corrosion, car elle est souvent négligée à côté du mât principal.
Refits et propriétaires
La motorisation d'origine était assurée par des moteurs diesel robustes Perkins ou Volvo Penta. Avec une coque propre et un moteur de 50 ch bien entretenu, le bateau navigue confortablement à 6,5 nœuds avec un maximum proche de 7,5 nœuds. Pour compenser la léthargie par petit temps, la plupart des propriétaires équipent leur voilier d'un grand spi de portant ou d'un Parasailor. Quelques coques ont été construites avec un tirant d'eau réduit pour des zones de navigation spécifiques, en complément de la quille à aileron standard destinée aux performances au près.
Le verdict
L'Oyster 39 est le rêve des traditionalistes et un voilier hauturier par excellence qui troque la vitesse pure contre la sécurité, la masse structurelle et un volume intérieur immense. Il est lourd, raide à la toile et exceptionnellement confortable au large, facile à mener en solitaire grâce à sa stabilité de route et son gréement de ketch, et exempt de chocs de pont. Ses faiblesses sont celles de sa philosophie : il a besoin d'une brise ou de nombreuses heures de moteur pour avancer dans le petit temps et exige de la force en navigation côtière.
Les points forts
- Aménagement révolutionnaire à cockpit central avec cabine arrière pour un voilier de moins de 40 pieds
- Coque en composite surdimensionnée, construction certifiée Lloyd's et cadènes intégrées
- Stabilité très élevée et tendance à se redresser confirmées par les ratios de conception
- Volume habitable exceptionnel pour sa catégorie avec cuisine sécurisante en gîte et accès facile aux couchettes de mer
- Testé sans incident dans la tempête du Fastnet en 1979
Les points faibles
- Léger sous les 10 nœuds de vent (SA/D 14,1)
- Ponts en teck d'origine probablement obsolètes ; risque d'osmose sur la coque
- Corrosion de l'emplanture d'artimon facilement négligée sur les gréements de ketch





