Conception et construction
Le plan de 22 pieds signé Charles Morgan associe une étrave inclinée et un tableau arrière droit à un safran sur tableau arrière relié à une barre franche, une configuration qui place entièrement le système de barre à l'arrière, à l'écart des espaces d'aménagement. La quille fixe court avec dérive pivotante offre au bateau un tirant d'eau minimum de 1,8 pied pour le rase-cailloux et les accès peu profonds, tandis que la dérive prolonge le plan de carène pour la remontée au vent. La coque et le pont sont construits en stratifié massif avec des finitions en bois ; le ratio lest/déplacement de 51,85 et le ratio de risque de chavirage de 2,3 traduisent une petite coque relativement stable et lourde, plutôt qu'un voilier de régate ultra-léger. Les testeurs de l'époque la trouvaient rapide, bonne marcheuse au près et facile à manœuvrer, qualités qu'ils considéraient comme de solides arguments pour que les nouveaux marins l'adoptent comme premier bateau de croisière. (1)
Gréement et comportement
Le gréement de sloop en tête affiche un handicap moyen de régate PHRF de 249, un chiffre qui le situe plutôt parmi les croiseurs-régatiers modérés de cette taille que parmi les monotypes dépouillés. Sa vitesse de coque théorique de 6,04 nœuds correspond à la limite naturelle de sa coque ayant un ratio déplacement/longueur (D/L) de 143,45, et le recul de la dérive facilite les mises à l'eau sur rampe et les manœuvres dans les mouillages encombrés. Le safran sur tableau arrière contrôlé par barre franche offre un retour d'information direct et laisse le cockpit dégagé, tandis que le moteur hors-bord normalement installé en marche arrière répond aux besoins auxiliaires sans envahir la cabine.
Aménagements
Sous le pont, le Morgan 22 offre quatre couchages : une cabine avant en V double occupe la pointe avant avec un WC marin centré sous elle, tandis qu'une table de carré rabattable dans le carré principal se transforme en couchette simple et une couchette de quart arrière se trouve à bâbord. La cuisine est située sur le côté bâbord juste en avant de l'échelle de descente et comprend une cuisinière à deux feux, un congélateur à glace par le haut et un évier, formant un triangle de travail compact mais complet pour un bateau de cette taille. Les testeurs ont salué la table de carré pour deux personnes avec sa table amovible qui transforme le canapé en couchette, soulignant qu'elle est confortable et double utilement d'usage en table à cartes.
Points faibles connus
Le seul point faible récurrent signalé lors des tests de l'époque est la bosse de dérive, décrite comme un véritable mécanisme d'horlogerie complexe qui nécessite une inspection périodique et presque toujours un remplacement à terme. Les acheteurs et propriétaires doivent considérer cette bosse comme un système d'usure plutôt que comme un composant éternel, car la complexité du mécanisme favorise l'usure.
Le verdict
Le Morgan 22 est un petit croiseur conçu pour son programme par la fin des années 1960 chez Morgan Yachts. Il offre la flexibilité d'un faible tirant d'eau, un safran sur tableau arrière à barre franche et un intérieur à quatre couchettes étonnamment complet pour un peu plus de 21 pieds. Sa facilité de manœuvre bien documentée et sa bonne tenue dans la brise en font un premier voilier de voyage crédible, tandis que le bout de la dérive reste le seul point de vigilance connu.
Les points forts
- Rapide, bon marcheur au près et facile à manœuvrer selon les tests de l'époque
- Quille longue avec dérive pivotante pour une garde de 1,8 à 4,92 pieds
- Cinq couchages disponibles avec la couchette en V de proue, la dinette convertible et la couchette de quart à bâbord
- Cuisine complète avec cuisinière à deux feux, glacière à chargement par le haut et évier
- Table de la dinette amovible pour convertir en couchettes et servir de table à cartes
Les points faibles
- La bosse de dérive nécessite une inspection régulière et un remplacement presque certain










