Conception et construction
L'Arcadia 30 s'affirme comme une rupture délibérée avec le style américain traditionnel. Son bouchain plat, son rouf qui s'incline vers l'avant dans le pont avant, ses longs vitrages noirs et ses formes arrondies confèrent ce look européen décrit par Practical Sailor. La coque est en stratifié massif de fibre de verre drapé à la main, tandis que le pont est en stratifié de fibre de verre avec âme en balsa en certains endroits. La liaison coque-pont utilise un renfort intérieur sur lequel repose le moulage du pont, fixé par des boulons de pont en acier inoxydable de 1/4 de pouce à travers une raille d'aluminium, et Jeanneau finit le joint à l'intérieur par une épaisse couche de stratifié recouvrant les boulons. Les cloisons transversales sont collées à la coque et au pont avec du ruban de fibre de verre, et les façades des meubles, les côtés, le cadre de la porte des WC ainsi que le châssis du compartiment moteur sont largement stratifiés entre eux et à la coque, produisant une structure que Darrell Nicholson écrivait dans Practical Sailor comme étant étonnamment soignée dans les détails par rapport aux voiliers de série américains de même taille.
L'Arcadia était équipé soit d'une dérive, soit d'une quille externe, environ 70 % des unités étant des modèles à quille. La version à quille à aileron affiche un déplacement de 6 175 lb avec 2 688 lb de lest en fonte et un tirant d'eau de 5,67 ft ; la version dériveur déplace 6 835 lb, porte 2 912 lb de lest et tire 6,50 ft avec la dérive basse ou 3,58 ft avec celle-ci relevée. Plutôt que du plomb, la quille est en fonte recouverte de fibre de verre pour prévenir la corrosion, les boulons de quille étant montés par paires inclinées vers l'intérieur depuis les côtés afin de converger à l'intérieur de la coque. Une fois boulonnés, une épaisse couche de stratifié est appliquée dans la cale pour les recouvrir entièrement. Le safran suspendu est soutenu par un petit skeg. L'accastillage de pont était boulonné à travers avec de grosses rondelles mais sans contre-plaques, un détail à noter lors d'un gréement complet. (1)
Gréement et comportement
L'Arcadia est un sloop en tête avec un mât emplanté sur le pont, des espars en aluminium et un gréement en câble d'acier inoxydable 1X19, portant des haubans hauts et des bas-haubans arrière, ainsi qu'un bastaque à l'avant. Les documents de référence indiquent deux ensembles de barres de flèche non poussantes, bien que Practical Sailor ait constaté que le voilier examiné portait des doubles barres de flèche alors que la documentation du chantier montrait un mât à une seule flèche. Les cadènes des haubans hauts sont fixées à une traverse supérieure avec une épontille centrale, et les bas-haubans à une traverse similaire collée uniquement à la coque et aux passavants. Avec des haubans intérieurs, des passavants larges et un rouf incliné, le bateau est facile à manœuvrer sous voiles, mais le pont avant devient très étroit, ce qui complique les manœuvres de voile d'avant et de mouillage. Un score PHRF de 150 le place entre les anciens croiseurs-régatiers comme le Pearson 30 ou le Tartan 30 et des plans plus rapides, et sa vitesse de coque est de 6,62 nœuds. La barre franche est de série, bien que les deux voiliers examinés disposaient d'une option de barre à roue Plastimo avec une roue d'environ 24 pouces ; Jeanneau annonçait un gréement de lac pour les lacs intérieurs européens uniquement, et aucun n'a été importé aux États-Unis. (1)
Aménagements
L'aménagement concentre la salle d'eau et la cabine propriétaire à couchette double dans le tiers arrière du bateau, en partie sous le cockpit, tandis que le reste de la cabine est ouvert avec une petite cuisine et une table de navigation face à face, des couchettes de salon encadrant une table centrale rabattable, et une couchette avant accessible par en dessous. Les données de référence indiquent six couchages, avec une couchette double en V à l'avant, un canapé-couchette central en U et une couchette double arrière à bâbord. La couchette en V avant est trop courte pour les adultes, et toute personne mesurant plus d'environ 1,73 m ne peut pas s'asseoir droite sur les banquettes sans se cogner au plafond ; la hauteur sous barrots à l'arrière disparaît en marchant vers l'avant sous le rouf incliné, la hauteur intérieure générale de la cabine atteignant 1,73 m. L'intérieur est en contreplaqué revêtu de teck avec un vernis clair même à l'intérieur des coffres, et un plafond en vinyle souple. Le cockpit lui-même s'est révélé inconfortable — sièges étroits, dossiers verticaux et un fond de cockpit potentiellement trop profond — bien qu'un espace à l'arrière permette de stocker un radeau de survie et des bouteilles de gaz.
Équipements et systèmes
Les deux Arcadia examinés étaient équipés de moteurs diesel bicylindres, l'un Yanmar et l'autre Volvo, tandis que la documentation commerciale mentionne une version hors-bord et un Yanmar monocylindre ou bicylindre ; le moteur diesel in-bord affiche une puissance de 8 à 15 ch pour les manœuvres de port. L'installation est bien réalisée avec une bonne isolation phonique, un silencieux à récupérateur d'énergie (waterlift), un réservoir de carburant de sept gallons et une petite pompe de cale électrique standard dans le puisard situé sous le joint de l'arbre d'hélice. Une poignée de pompe de cale manuelle dépasse étrangement du carré vers la cabine. La prise de quai n'est pas une option d'origine et doit être installée par le propriétaire ou un concessionnaire, et la cuisinière de la cuisine arrive avec des raccordements au butane nécessitant une conversion au propane. Les détails du pont comprennent deux davier de proue, un solide loquet de baille à mouillage, de grands taquets d'amarrage, une chaise à bouée en fer à cheval sur le balcon arrière et une échelle pliante en acier inoxydable.
Le verdict
L'Arcadia 30 est un petit croiseur soigneusement conçu dont la structure intérieure stratifiée et les belles menuiseries de pont surpassent les attentes typiques d'une production de série moyenne, mais son pont avant étroit, sa faible hauteur sous barrots et son cockpit inconfortable limitent son habitabilité. Pour un marin à la recherche d'un plan Castro à déplacement léger avec des finitions européennes et un modèle rare sur les côtes américaines, il se révèle être un excellent choix s'il bénéficie d'une expertise rigoureuse.
Les points forts
- Structure intérieure entièrement stratifiée et peinture de coque soignée
- Quille en fonte avec revêtement en fibre de verre anti-corrosion et boulons de quille entièrement enterrés
- Déplacement facile sur les larges passavants grâce aux haubans intérieurs
- Modèle importé rare doté d'une qualité de construction documentée
Points faibles
- Pont avant très étroit qui gêne la manipulation de l'ancre et de la voile d'avant
- Hauteur sous barrots limitée et couchette avant trop courte pour les adultes
- Géométrie du cockpit inconfortable
- L'accastillage manque de contre-plaques









