
Gréement de sloop : en tête et fractionné
Le sloop est le gréement par défaut des voiliers modernes car il répond parfaitement aux exigences quotidiennes des propriétaires : un seul mât, une grand-voile, une voile d'avant, une bonne performance au près, un large choix chez les voiliers et une simplicité suffisante pour naviguer en équipage réduit. La plupart des acheteurs d'un premier quillard devraient commencer par là, à moins d'avoir une raison bien précise de faire autrement.
Le mot « sloop » cache pourtant une distinction importante. Un sloop en tête et un sloop fractionné peuvent sembler similaires depuis le quai, mais ils répartissent la puissance différemment et imposent des manœuvres différentes à l'équipage.
Sloops en tête
Sur un sloop en tête, l'étai est fixé tout en haut du mât. Cela crée un grand triangle avant, ce qui explique pourquoi les voiliers de croisière plus anciens portent souvent de grands génois à recouvrement. Ce gréement est simple sur le plan structurel : l'étai et le pataras s'opposent directement en tête de mât, et le mât travaille principalement en compression.
L'avantage pratique réside dans la puissance et la simplicité d'utilisation. Un voilier de croisière lourd des années 1970 ou 1980 équipé d'un gréement en tête peut porter une voile d'avant assez grande pour avancer par petit temps, et les voiliers, gréeurs et propriétaires maîtrisent parfaitement cette configuration. Les voiles d'occasion sont plus faciles à trouver. Le réglage du gréement est généralement moins subtil que sur un gréement fractionné souple destiné à la régate.
L'inconvénient se fait sentir à chaque virement de bord avec un grand génois. Les grandes voiles d'avant à recouvrement frottent contre les haubans, les filières, les capotes de descente et l'accastillage de pont. La tension sur les écoutes augmente rapidement. Lorsque le vent fraîchit et que le génois est partiellement enroulé, son creux se déforme et le centre de poussée vélique peut reculer, ce qui nuit à l'équilibre du bateau.
Sloop fractionné
Sur un sloop fractionné, l'étai se fixe en dessous de la tête de mât. La voile d'avant est généralement plus petite, et la majeure partie de la puissance du bateau provient de la grand-voile. Les croiseurs-régatiers modernes et de nombreux croiseurs familiaux récents utilisent cette configuration car elle facilite le virement de bord et offre à l'équipage de meilleurs outils pour réduire la puissance.
Le grand avantage réside dans les possibilités de réglage. La tension du pataras permet de cintrer le mât, d'aplatir la grand-voile et de tendre l'étai. Dans les rafales, un gréement fractionné bien réglé peut être dépuissancé à l'aide du chariot de bôme, de l'écoute de grand-voile, du hale-bas et du pataras avant que l'équipage n'ait besoin de prendre un ris. Les focs plus petits sont plus faciles à virer et plus adaptés à la navigation en équipage réduit.
La contrepartie est que ce gréement récompense le savoir-faire. Le bateau peut présenter davantage de commandes, une plus grande sensibilité aux réglages, des barres de flèche poussantes, des bastaques sur les plans plus anciens ou plus extrêmes, ou une grand-voile plus grande qu'il convient d'ariser correctement. Un sloop fractionné est souvent plus facile à mener de manière acceptable, mais plus difficile à régler à la perfection.
Sloop en tête vs. sloop fractionné
| Question | Sloop en tête | Sloop fractionné |
|---|---|---|
| Où se trouve la majeure partie de la puissance ? | Grande voile d'avant | Grand-voile et foc plus petit |
| Effort au virement de bord | Plus élevé avec des génois à grand recouvrement | Généralement plus faible |
| Forme par vent fort | La forme du génois sur enrouleur peut se dégrader | La grand-voile peut être aplatie et arisée proprement |
| Complexité des réglages | Généralement plus simple | Plus de réglages possibles |
| Utilisation idéale | Voiliers de croisière classiques, bateaux de série plus anciens | Croiseurs-régatiers, voiliers modernes pour équipage réduit |
Les points à inspecter
Sur l'un ou l'autre gréement, l'âge du gréement dormant est crucial. Demandez à quand remonte la dernière inspection ou le dernier remplacement des haubans, de l'étai, du pataras, des terminaisons, des cadènes, des ridoirs et de l'emplanture de mât. Un bateau bon marché équipé de câbles d'origine peut rapidement devenir très coûteux.
Pour les gréements en tête, examinez attentivement l'enrouleur, les rails de génois, les winches, les cadènes et les renforts de pont autour de l'accastillage de voile d'avant soumis à de fortes charges. Pour les gréements fractionnés, demandez comment le cintrage du mât est contrôlé, si la géométrie des barres de flèche est classique, et si la tenue du mât dépend de barres de flèche poussantes ou de bastaques.
Quand choisir un sloop
Choisissez un sloop si vous recherchez le réseau d'entretien le plus large, la revente la plus facile et la courbe d'apprentissage la moins complexe. Pour la plupart des plaisanciers côtiers, des régatiers de club, des adeptes de la voile à la journée et des nouveaux propriétaires, un sloop en bon état et adapté à leur programme l'emporte sur un gréement plus romantique qui ajoutera des contraintes avant d'apporter une réelle valeur ajoutée.
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