Conception et construction
La coque du Swan 56 R est une peau unique sans âme utilisant des fibres hybrides Kevlar dans le stratifié, tandis que le pont est sandwiché avec de la mousse Divinycell et utilise également un stratifié hybride, avec des varangues longitudinales en fibre de verre sur mousse qui rigidifient l'ancrage de la coque. De la résine polyester est utilisée dans toute la structure. La quille en plomb coulée est alliée à de l'antimoine pour la durcir, avec de robustes boulons de quille en acier inoxydable coulés dedans, et le safran est en mousse stratifiée avec une mèche tubulaire composée de composites en fibre de verre E. Un emplanture de mât en composite ne rouillera pas comme une emplanture métallique conventionnelle, un détail qui souligne l'attention du constructeur portée à l'intégrité structurelle à long terme sous le gréement. (1)
Gréement et comportement
Les plans de Frers prévoient un mât en aluminium à trois étages de barres de flèche, bien que de nombreux propriétaires du modèle croiseur-régatier optent pour la fibre de carbone. Le gréement croiseur-régatier dispose à la fois d'un étai intérieur et d'un bas-de-gaule, ce qui encombre le pont avant et rend les virements de bord serrés un peu fastidieux, tandis que la version régate est équipée d'un gréement fractionné avec un seul étai et un espar pré-courbé sans étais supplémentaires à l'avant. Le mât est soutenu par un gréement en jonc (rod) discontinu très souple, des bastaques et un tendeur de pataras Navtec ; le pataras et le halebas hydrauliques Navtec sont commandés depuis un panneau de cockpit. Tout le gréement courant est en Spectra. La barre est assurée par un système de chaîne et de câble que les marins d'essai ont jugé léger et très équilibré, et une hélice à pales orientables Max-Prop tripale est de série pour faciliter les manœuvres en marche arrière. (1)
Profil de performance
La version croiseur-régatier affiche un déplacement de 47 400 livres avec tous les réservoirs pleins et un lest de 13 700 livres, contre 43 200 livres de déplacement et 14 600 livres de lest pour la version régatier. Le ratio D/L du croiseur-régatier est de 174, tandis que celui du régatier est de 166. Le safran du régatier est positionné plus en avant que sur la version standard, et son gréement est fractionné avec un mât légèrement plus reculé et une hauteur sous barrots (E) prolongée. Les deux versions ont des gréements hauts ; la surface de voilure du croiseur-régatier est de 1 491 pieds carrés avec un ratio SA/D de 18,21. Le tirant d'eau lourd standard est de 9 pieds, tandis que celui du régatier est d'un peu plus de 11 pieds, ce qui donne à la variante de régate une meilleure accroche au près.
Aménagements
Dans l'aménagement standard, la cabine propriétaire arrière est associée à sa propre salle d'eau, et à l'avant, une cabine d'invités est desservie par une salle d'eau et une douche séparées. À l'inverse, la version régate supprime les aménagements aux extrémités afin de réduire le poids et le couple de tangage, un compromis qui affirme sa priorité sur la piste de course plutôt que sur le confort de vie à bord. Une porte se rabat pour former un grand plongeoir, et le 56 transporte 830 litres (224 gallons) d'eau douce répartis en quatre réservoirs et 390 litres (105 gallons) de carburant en deux ou trois réservoirs, soutenus par un réseau électrique 24 volts plus efficace que les systèmes 12 volts des bateaux américains.
Équipement et motorisation
La motorisation standard est un moteur diesel Yanmar 4JH2-UTBE, suralimenté et à double échangeur, de 96 chevaux, que les essais de l'époque décrivaient comme largement suffisant pour cette coque facile à mener. Le rail de fargue standard est en aluminium anodisé, bien qu'une version en teck soit plus populaire et exige plus d'entretien. La LHT du 56 est de 56'5" avec une longueur à la flottaison (LWL) de 49'6" et un maître-bau de 15'6", ce qui donne un ratio L/B de 3,63.
Le verdict
Le Swan 56 R est un croiseur-régatier de conception Frers très sérieux, dont la coque en Kevlar monobloc et le pont en sandwich mousse offrent une finesse structurelle sans surpoids, et dont les deux configurations — croiseur-régatier et régatier pur — permettent à l'armateur de choisir entre un confortable croisière à deux cabines et un plan de voilure dépouillé, taillé pour la remontée au vent. Dans une critique d'époque, le testeur soulignait que les étais supplémentaires du croiseur-régatier compliquaient les virements de bord serrés et trouvait la barre bien équilibrée.
Les points forts
- Coque en stratifié Kevlar à peau unique avec pont en sandwich mousse et emplanture de mât en composite pour une longévité sans corrosion
- Système de barre à chaîne et câble bien équilibré avec hélice à pales orientables pour faciliter les manœuvres de port
- Grand tirant d'eau de régate et gréement haut offrant d'excellentes performances
- Capacités généreuses de 224 gallons d'eau et 105 gallons de carburant avec un système efficace en 24 volts
Points faibles
- L'étai intérieur et le bas-hauban du croiseur-régatier encombrant le pont avant et limitant les virements de bord serrés
- La version régate sacrifie les aménagements de l'arrière, limitant son attrait pour la vie à bord
- L'option de rail de fargue en teck exige plus d'entretien que le profilé standard en aluminium anodisé





