Conception et construction
Sous la flottaison, le Salona 38 est construit avec une coque monolithique et en sandwich de composite stratifié à la main, surmontée d'un pont en sandwich. Un gelcoat transparent est appliqué sous la flottaison afin que le stratifié puisse être inspecté visuellement. Une varangue en acier inoxydable traverse tout le salon et s'étend au-dessus des pieds de haubans, reliant la quille, l'emplanture du mât et les haubans à l'intérieur du moule de la coque, tandis que d'énormes boulons de quille ancrent cet appendice. Le chantier a ajouté des panneaux en fibre de carbone aux points de contrainte de la coque et a affirmé que le stratifié dépasse les spécifications Germanise-Lloyd, atteignant dans certains critères le double de la marge requise. La zone de passage de vague à peau unique sous la proue évite le cisaillement de l'âme sous forte charge, et le bateau dispose de cloisons de collision étanches intégrées à l'avant et à l'arrière.
Gréement et comportement
Le 38 porte un gréement fractionné à trois étages de barres de flèche, celles-ci inclinées à 20 degrés, préservant ainsi les proportions du 37 mais avec une légère augmentation de la hauteur de mât et de la surface de voilure ; une base de haubans étroite permet une réglage précis des écoutes de voiles d'avant et un choix libre de l'aplatissement. Un plan de bordure d'écoute de grand-voile allemand fait passer les écoutes sous les passavants pour ressortir juste en avant des winches de hiloire, un angle qui, selon le bateau d'essai, devrait éviter tout blocage des tambours de winch, tandis que le chariot de bôme lui-même traverse le fond du cockpit et peut être déplacé sur le rouf selon la brochure du constructeur. Un tambour d'enrouleur sous le pont sur le foc permet de garder le pont avant dégagé. Sur l'eau, un Saildrive Yanmar de 30 ch propulsait le bateau d'essai à plus de 7 nœuds avec peu de bruit et presque aucune vibration, manœuvrait de manière réactive sans effet de pas d'hélice, et le safran profond répondait instantanément aux sollicitations de la barre à roue à deux doigts ; il se tenait confortablement entre 28 et 30 degrés au vent apparent par plus de 5 nœuds et accélérait rapidement au-delà de 7 nœuds au largue serré.
Pont et cockpit
Le pont présente un rouf relativement étroit avec des passavants larges et des vitrages en bande sur chaque bord ; la poupe plus verticale ajoute de la longueur et de la largeur au cockpit pour un aménagement à double barre amélioré. Les doubles barres à roue sont intégrées dans les hiloires afin que le barreur puisse s'asseoir sur les sièges des passavants et barrer sans se pencher, avec des cales de plancher rabattables pour les pieds et des taquets de barre intégrés. Le grand cockpit ouvert sur le tableau arrière porte une plaque de fond en teck sur le chariot de bôme installé sur le plancher, ainsi qu'une traverse de tableau arrière plaquée teck qui est démontable pour la régate ou l'accès à l'ancre ; à l'avant, des rails de fargue en teck sur les sections de pont aident l'équipage à rester à bord.
Aménagements
Trois aménagements intérieurs étaient proposés : trois cabines avec une seule salle d'eau à l'avant, deux cabines avec des WC à l'avant et à l'arrière, ou deux cabines avec une seule salle d'eau à l'arrière. Le petit rouf limite la hauteur sous barrots à l'avant et aux extrémités de la largeur du carré, mais l'intérieur reste un espace lumineux en bois à fil d'âne, pratiquement transposé du 37. La cuisine à bâbord abrite une cuisinière à trois feux sur cardan avec four et un panneau rabattable pour agrandir le plan de travail, complétée par un congélateur haut de 80 litres et un réfrigérateur de 50 litres sous le double évier. En face se trouve une véritable table à cartes avec centre d'électronique ; le carré offre six places assises autour d'une table rabattable et les dossiers du canapé se transforment en couchettes de quart de style Pullman. La couchette en V avant se relève sur des vérins à gaz pour stocker les voiles sous un grand capot de pont, avec une salle d'eau avant optionnelle sous un second hublot de bâbord, et la salle d'eau principale à l'arrière de la table à cartes comprend une douche et un coffre à cirés.
Le verdict
Le Salona 38 est un croiseur-régatier pensé pour l'évolution, qui sacrifie un peu de hauteur sous barrots à l'avant au profit d'une coque robuste et bien échancrée, ainsi que d'un cockpit conçu aussi bien pour la croisière en équipage réduit que pour la régate IRC. Sa varangue structurelle, ses cloisons étanches et son plan de pont épuré en font un sérieux candidat au voyage hauturier, tandis que les aménagements interchangeables permettent à l'acheteur de choisir entre le confort de croisière et la capacité d'un bateau de charter.
Avantages
- Le grillage en acier inoxydable reliant coque, mât et haubans à travers le carré assure une liaison solide entre la quille et l'ancre
- Cloisons de collision étanches à l'avant et à l'arrière pour éviter les collisions
- Le renvoi d'écoute de grand-voile allemand devrait éviter les surcharges des winches et des ancres
- Safran profond réactif avec une barre légère et un effet de pas d'hélice minimal sous un moteur Yanmar de 30 ch
- Trois aménagements de cabine interchangeables, dont une option charter à trois cabines (1)
Points faibles
- Le rouf court réduit la hauteur sous barrots à l'avant et au niveau des extrémités latérales du carré
- Des défauts de montage sur les panneaux ont été constatés sur le bateau d'essai malgré un accastillage surdimensionné (1)



