Conception et construction
David Jones a dessiné le Starlight 35 avec un rouf bas qui présente une vue panoramique dégagée depuis la barre, et une coque dotée d'un long élancement avant et d'une tonture prononcée qui s'élève du franc-bord arrière bas vers des étraves hautes et légèrement évasées, aidant à maintenir l'ancre au sec. Contrairement aux Sadlers précédents commercialisés comme insubmersibles, le 35 utilisait la technique de remplissage en mousse sans cette prétention, tout en conservant une contre-moule interne collée à la coque au niveau des varangues avec de la mousse à cellules fermées injectée entre elles, comme l'a décrit Yachting Monthly. Cette peau interne assure l'isolation, un fini lisse et facile à nettoyer à l'intérieur des coffres, et constitue la base structurelle pour une grande partie des aménagements. Le lourd lest de quille est boulonné à un puits en composite qui maintient le poids bas et forme un mouillage de quille profond dans les fonds. Trois configurations de quille étaient proposées — une quille à aileron profonde à 5'9", un petit tirant d'eau (PTE) à 4'11", et une quille à ailettes à 4'9" — chacune étant une unité en fonte sur le puits moulé. (1)
Gréement et comportement
Le 35 porte un robuste gréement en tête Seldén avec mât emplanté sur le pont et double étage de barres de flèche, doté d'un gréement dormant généreusement dimensionné, de bas-haubans avant et arrière, et d'une ancre de pataras réglable. Les barres de flèche sont inclinées à seulement 10° vers l'arrière, permettant à la bôme de s'envoler presque à plat sans risque de talonnage. Une grand-voile entièrement lattée avec lazyjacks et chariots de guindant simplifie les manœuvres, et toutes les bosses de réglage coulissent sous des caches articulés jusqu'au cockpit, passent par des bloqueurs vers deux winches Lewmar 30ST, tandis que les bosses primaires Lewmar 48ST gèrent le génois. Le voilier est réactif, équilibré et facile à barrer, tient bien son cap avec très peu d'effort sur la barre grâce à son safran profond et son skeg, qui, comme l'a souligné Yachting Monthly, lui permettait de rester droit au vent avec une intervention minimale sur l'ancre. Le virement de bord se fait avec assurance à 80°, et il peut remonter jusqu'à 32° du vent apparent. Dans la brise, il atteint 7 nœuds à 45° du vent arrière, et les marins testeurs ont trouvé son angle de navigation idéal tout autour de cette valeur. La quille à ailettes ajoute de la portance au près tout en maintenant un faible tirant d'eau, et les testeurs de Yachting Monthly ont constaté qu'elle ne produisait pas plus de dérive qu'une quille à aileron tout en amortissant le tangage dans la mer formée. (1)
Aménagements
Sous le pont, le Starlight 35 est spacieux et confortable sans être luxueux. Une cabine avant abrite une couchette double et un coffre de rangement ; le carré dispose de deux banquettes — de 1,98 m par 0,65 m, d'excellentes couchettes de mer — avec une banquette rallongeuse à tribord et une table rabattable. Une cuisine en L s'étend sur deux évier profonds, un grand réfrigérateur et une cuisinière entièrement cardanée avec barre de protection et sangle de rappel, tandis qu'une table à cartes d'État-major orientée vers l'avant se trouve à bâbord avec des plateaux d'instruments. La cabine arrière ajoute une autre couchette double et un coffre, et les WC situés derrière la table à cartes sont entièrement équipés d'un siège de douche au-dessus des WC. La hauteur sous barrots est de 1,83 m dans le carré et la cabine arrière. Le cockpit lui-même est assez vaste pour que trois personnes travaillent sans se gêner, avec un puits de descente profond et auto-videur et un ancre sur pont de liaison à hauteur de bancs. (1)
Known Issues
La seule critique de maniabilité documentée issue des essais de l'époque est que les winches de génois sont positionnés un peu trop en avant pour être atteints depuis l'arrière de la barre, comme le rapportait Yachting Monthly. (1)
Refits et propriété
Sadler Yachts a fait faillite en 1993 et Rival Bowman a poursuivi la gamme jusqu'en 1998, date à laquelle Rustler a repris les moules pour construire quelques derniers exemplaires sur commande ; Rustler ne produit plus le 35. Un moteur Volvo de 29 ch avec une hélice bipale sur arbre d'hélice conventionnel affiche 6 nœuds à 2 400 tr/min et un peu plus de 8 nœuds à 3 600 tr/min. Le compartiment moteur forme l'escalier inférieur du tambou, placé très à l'avant pour faciliter l'entretien. Des ponts larges avec des mains courantes en acier inoxydable boulonnées et antidérapantes moulées dans le stratifié, allant de la capote de descente au pont avant, ainsi qu'un baille à chaîne profonde avec un pied de guindeau et deux rouleaux d'étrave témoignent d'un bateau conçu pour la croisière hauturière.
Le verdict
Le Starlight 35 est un croiseur de taille moyenne ingénieusement conçu qui surpasse ses homologues : sa construction en sandwich mousse, son cockpit emprunté au 39 et son gréement équilibré le rendent à la fois marin et plaisant à barrer. Il est relativement lourd avec un lest généreux, raide dans le gros temps et agile dans le petit temps. Malgré quelques compromis ergonomiques mineurs, il reste un candidat crédible pour le voyage hauturier avec un véritable intérieur.
Avantages
- Coque remplie de mousse avec contre-moule intérieur pour l'isolation et un rangement facile à nettoyer
- Virement de bord sûr, bon cap au près et vitesse de 7 nœuds dans le petit temps
- Cockpit profond autovideur offrant une excellente visibilité et de l'espace pour l'équipage
- Aménagement à trois cabines marin avec de vraies couchettes de mer
Les points faibles
- Les winches de génois placés trop en avant pour être réglés depuis la barre à roue
- Les affirmations sur la quille à ailettes non vérifiées au-delà des observations du testeur





