Conception et construction
Le 40 AC présente une carène traditionnelle dérivée d'une quille longue, avec une étrave en cuillère, un tableau arrière en forme de verre à vin et une dérive pivotante qui s'élève à environ 4,3 pieds et s'étend jusqu'à près de 10 pieds, permettant à la même coque de naviguer des marinas côtières aux eaux intérieures peu profondes grâce à la quille pivotante. La construction en stratifié massif limite l'entretien hors saison, et l'intérieur est fini en teck — un bois choisi pour ses huiles naturelles et sa résistance à l'eau plutôt que pour son simple aspect esthétique. Avec un déplacement de 20 000 livres et un lest en plomb de 5 530 livres, le bateau affiche un ratio lest/déplacement de 28 % et un ratio longueur/déplacement (L/D) de 208, une valeur qui le place parmi les voiliers de course modérés plutôt que parmi les croiseurs lourds. (1)
Ce qui distingue la carène sous la flottaison est son caractère de bateau de travail : des cales larges, une dérive pivotante et un léger arrondi à l'avant lui confèrent une forme douce et très marine que les propriétaires ont comparée à celle d'un smack. Sa largeur de 12 pieds et son ratio longueur/largeur de 3,33 la rendent plus fine que 54 % des modèles comparables, un clin d'œil délibéré à une coque légèrement plus rapide que le croiseur large moyen de l'époque.
Gréement et comportement
La configuration en cat-ketch place un mât avant très proche de l'étrave, sans foc ni génois, portant deux voiles enveloppantes sur des mâts en aluminium autoporteurs et des bômes wishbone. En éliminant le gréement dormant, ce gréement réduit les encombrements et les contraintes structurelles, tandis que les mâts sont libres de fléchir à mesure que le vent fraîchit, évacuant l'air de la voile supérieure là où il est le moins utile. Le plan de voilure enveloppante offre une bordure d'arrivée nette qui maximise la surface, et le gréement autoporteur permet de border les écoutes à plus de 90 degrés pour faire du « goosewinging » — une astuce qui permet à la voile d'avant de rester sous le vent lors des navigations au travers, éliminant la crainte d'un empannage accidentel. (2)
Les voiles individuelles plus petites rendent le ketch plus facile à manœuvrer et permettent au bateau de naviguer sous presque tous les angles de vent avec une seule voile affalée pour réparation ou prise de ris. Au portant et au grand largue, cette configuration apporte du confort et de la stabilité, et les propriétaires rapportent que le bateau est plus stable aux allures portantes que de nombreux voiliers modernes et plus rapides qui déjouent leur propre brise. Les mâts flexibles maintiennent le bateau bien droit dans les rafales, ce qui le rend très adapté à la navigation en famille, bien que les essayeurs soulignent des performances exceptionnelles aux allures portantes associées à une capacité au près tout juste acceptable.
Aménagements
Sous le pont, le 40 AC est étonnamment généreux pour son année de construction. La hauteur sous barrots est au-dessus de la moyenne et particulièrement bonne au-dessus de la cuisine, bien que l'absence de rouf et le manque de panneaux de pont rendent l'intérieur assez sombre. L'aménagement place un grand carré à l'avant, les WC en face d'une cuisine assez spacieuse et deux cabines correctes à l'arrière. Le cockpit est profond et sécurisant, élargi par une largeur arrière importante, et protégé par un grand hiloire qui sert également de rangement abrité pour le matériel de pont. Un pont large et à forte courbure remplace le rouf pour offrir un espace de travail ouvert sur le dessus.
Profil de performance
Les promesses de vitesse exceptionnelle et de sensibilité au près évoquées par le chantier se sont avérées lorsqu'le prototype a remporté sa classe à Antigua Week en 1976. Cependant, les bateaux ultérieurs, surchargés d'équipements moteur et de confort, ont perdu une partie de leur âme, bien que leur comportement reste tolérable, surtout aux allures portantes. Les chiffres offrent un tableau équilibré : une vitesse de croisière de 6 nœuds, une vitesse maximale de 8 nœuds, une vitesse de coque théorique de 7,9 nœuds et un ratio de risque de chavirage de 1,77 qui, à lui seul, lui permettrait de participer aux régates océaniques. Son ratio de confort de 30,7 bat 58 % des plans similaires, et un ratio de tirant d'eau d'environ 1 465 livres par pouce témoigne d'une coque raide et d'un affaissement lent.
Known Issues
Le seul point structurel documenté à surveiller est la dérive elle-même : les quilles à pièces mobiles nécessitent une inspection et un entretien réguliers conformément au manuel du propriétaire. Le réglage des voiles mérite également une attention particulière — l'abaissement des voiles à fourreau peut poser problème en raison de la friction, et un winch électrique dans le cockpit est pratiquement indispensable avec ce gréement. (1)
Le verdict
Le Freedom 40 AC est une contradiction cohérente — une coque traditionnelle habillée d'un gréement de cat-ketch radical sans étais, qui séduit le voyageur qui privilégie la simplicité et l'équilibre au portant plutôt que la vitesse pure au près.
Les points forts
- La quille avec dérive ouvre les eaux peu profondes et intérieures
- Le gréement autoporteur réduit le désordre sur le pont et la fatigue du gréement
- Cockpit spacieux et sûr ainsi que des espaces sous barrots généreux pour son époque
- Comportement doux et stable au portant et dans la mer
Les points faibles
- Friction lors de l'affalage des voiles à fourreau ; le winch électrique est presque indispensable
- La dérive exige une inspection régulière
- Bonne performance aux allures portantes, mais seules des performances moyennes au près
- Carré sombre en raison du nombre limité de panneaux de pont








