Conception et construction
La coque et le pont sont en stratifié de fibre de verre avec une âme en balsa de bout d'œuvre, et le stratifié extérieur porte un robuste gelcoat isophthalique à base de néopentane. Sous le gelcoat, une barrière de résine vinylester sous la ligne de flottaison est conçue pour réduire les risques d'infiltration d'eau, tandis que chaque passe-coque est fixé dans du stratifié massif plutôt que dans l'âme. Le pont rejoint la coque sur une bride orientée vers l'intérieur, collée chimiquement et fixée par des boulons de quart de pouce en acier inoxydable espacés de six pouces à travers un rail de fargue en aluminium. À l'exception des WC modulaires en fibre de verre, le bateau est construit en ébénisterie traditionnelle, avec des cloisons et des meubles encadrés dans du bois plutôt qu'un contre-moule. (1)
La géométrie de la quille et du safran varie selon les versions. La quille à aileron standard est en alliage de plomb avec un peu d'antimoine pour la dureté, pesant 5 530 livres et boulonnée à l'extérieur en acier inoxydable Type 304. Une quille à ailettes était proposée en option, fixée à l'extérieur pour 6 180 livres, et le lest de quille à petit tirant d'eau (PTE) de 6 500 livres est interne et encapsulé dans la fibre de verre. Sur toutes les variantes, le safran elliptique et son mèche forment une ancre unique en stratifié de fibre de verre, et le bateau porte un safran suspendu derrière la quille à aileron. (1)
Gréement et comportement
Le gréement de sloop fractionné repose sur un mât autoporteur en fibre de carbone conçu pour la simplicité. Une grande grand-voile entièrement lattée avec deux points de prise de ris et des lazy-jacks en standard est complétée par un petit foc autovireur de 18,2 m² dont le lof est tensionné par un CamberSpar qui le rend également autovireur. Avec un tirant d'air de 16,94 mètres, le gréement est haut mais dégagé de tout gréement dormant.
Sur l'eau, le 38 se comporte bien et est facile à mener ; il est extrêmement raide à la toile et navigue très à plat. Les propriétaires signalent un angle de gîte normal d'à peine 10, voire 15 degrés. Il navigue au mieux aux allures portantes, où son gréement autoporteur et son plan de voilure généreux lui permettent de courir librement ; son fond plat et sa longue flottaison contribuent à cette facilité aux allures portantes plutôt qu'à l'agilité au près.
Aménagements
À l'intérieur, toutes les surfaces sont en placage de teck sur contreplaqué marine, avec des moulures en teck massif et un fini huilé appliqué à la main ; le plancher est en teck et houx, et le plafond est en vinyle sur support de mousse maintenu par des lattes de teck. La hauteur sous barrots atteint 6 pieds 1 pouce (1,85 m). Un réservoir d'eau en polyéthylène de 60 gallons se trouve sous le canapé tribord, un réservoir de carburant en aluminium de 37 gallons sous la couchette de la cabine arrière, et un réservoir d'eaux noires de 12 gallons sous le meuble de toilette. Le double évier près de l'axe longitudinal possède un chauffe-eau de 6 gallons en dessous, et une glacière à chargement supérieur isolée avec quatre pouces de mousse à cellules fermées occupe le comptoir arrière.
Le cockpit est généreux : les bancs s'étendent sur 7 pieds de long et 20 pouces de large, avec des hiloires formant des dossiers de 11 pouces et un pont de liaison de 8 pouces protégeant la descente. Deux dalots de 1,5 pouce sont installés à l'arrière, et un immense coffre de 4 pieds de profondeur se trouve sous le banc bâbord. Il n'y a pas de baille à mouillage, et l'accès au tableau arrière en pente douce se fait par une échelle de bain en acier inoxydable située dans l'axe du bateau.
Problèmes connus
Un défaut persistant réside dans la faible profondeur de la cale, qui contient toujours environ 2,5 cm d'eau entrée par le sommet du mât. Le foc autovireur et son CamberSpar occupent de l'espace sur le pont avant et peuvent gêner quiconque travaille à l'avant, un compromis avec la simplicité de ce gréement sans effort.
Refits et propriété
Le moteur auxiliaire est un diesel Yanmar 3GM 30F de 27 chevaux entraînant une ligne d'arbre en fibre de carbone et une hélice Max Prop tripale, propulsant le bateau à 6 nœuds à 2 500 tr/min et à 7 nœuds à 3 000 tr/min. Le système de barre est Edson, avec une colonne de barre à roue de 32 pouces de type destroyer et Radial Drive. Le mât autoporteur élimine les cadènes et les haubans de la liste d'entretien, et le lest peu profond encapsulé évite les contrôles fastidieux des boulons de quille, mais la traînée d'eau au sommet du mât et l'encombrement sur le pont avant sont des points de compromis à accepter consciemment.
Le verdict
Le Freedom 38 est un voilier de voyage bien pensé qui sacrifie les performances au près pour le volume, la raideur à la toile et un gréement facile à gérer en équipage réduit. La carène de Mull et la structure en sandwich balsa protégée par du gelcoat offrent une base solide, tandis que l'intérieur construit en bâton et les détails en teck rendent la cabine très agréable à vivre. L'évacuation d'eau par le sommet du mât et l'emprise du self-tacker sont le prix à payer pour ce confort.
Avantages
- Le mât autoporteur en carbone simplifie le pont et réduit l'entretien du gréement
- Coque extrêmement raide à la toile avec un angle de gîte normal faible
- Intérieur spacieux aux finitions en teck avec des réservoirs pratiques et une isolation efficace pour la glacière
- Le safran en une pièce et le lest peu profond encapsulé éliminent les points de défaillance courants
Les points faibles
- La cale peu profonde accumule continuellement l'eau de toiture du mât
- Le foc autovireur et le CamberSpar encombrent l'espace de travail sur le pont avant
- Pas de baille à mouillage installée en standard







