Conception et construction
Alberg a attribué au 40 une longueur hors-tout (LHT) d'un peu plus de 40 pieds pour une longueur à la flottaison (LWL) de 30 pieds, avec un maître-bau proche de 11,7 pieds et une coque à quille longue en stratifié massif portant un lest interne en plomb. Le ratio déplacement/longueur (D/L) de 323 le place résolument parmi les croiseurs lourds, et seulement environ un quart des modèles comparables sont plus lourds ; son ratio longueur/largeur (L/B) de 3,44 le rend plus étroit que près de 62 % des bateaux similaires. Cette combinaison de poids et d'étroitesse constitue le socle d'une coque hauturière traditionnelle, et non celui d'un voilier de croisière côtière à déplacement léger. La quille longue elle-même offre une meilleure stabilité directionnelle qu'un bateau similaire doté d'une quille à aileron, une vertu qui se traduit directement par une moindre agilité dans les espaces restreints. (1)
Gréement et manœuvres
Le gréement de cotre porte une surface de voilure de 778 pieds carrés, et les bosses de réglage suivent les normes des cotres de l'époque : les écoutes de foc et de génois mesurent environ 40 pieds avec un diamètre de 14 mm, l'écoute de grand-voile est un long espar de 100 pieds au même diamètre, et l'écoute de spinnaker mesure environ 88 pieds. Ces longueurs indiquent qu'il s'agit d'un bateau manœuvré depuis le cockpit avec des charges de cordage importantes. La quille longue qui stabilise le bateau sur une route de cap lui fait également perdre en maniabilité dans les ports encombrés ; un skipper doit donc planifier ses approches de port en tenant compte du vent et en laissant un marge de sécurité plutôt que d'espérer tourner à l'intérieur d'une passe étroite.
Profil de performance
Sur le papier, le 40 affiche un ratio de risque de chavirage de 1,74, ce qui, selon cette seule formule, lui permettrait d'accéder aux régates océaniques, et un ratio de confort de 34,3 qui bat 73 % des conceptions similaires pour un passage doux dans la mer. La vitesse de coque théorique est de 7,3 nœuds, et le ratio d'immersion d'environ 1 220 livres par pouce signifie qu'il est profondément implanté et change lentement d'assiette sous charge. La surface mouillée de la carène est d'environ 387 pieds carrés, cohérente avec une coque longue à quille pleine qui privilégie la stabilité plutôt que l'accélération pure.
Le verdict
Le Cape Dory 40 est un croiseur Alberg rare et solidement construit dont la quille longue et le maître-bau étroit offrent une stabilité de route et un passage dans la mer confortable qui surpassent la plupart des modèles similaires, au détriment de la manœuvrabilité dans les ports encombrés. C'est un voilier hauturier de série limitée, à évaluer avant tout sur l'intégrité de sa coque et l'état de sa quille plutôt que sur sa vitesse de virage.
Avantages
- La quille longue offre une meilleure stabilité de route que celle d'un voilier comparable à quille à aileron
- Le ratio de confort dépasse 73 % par rapport à des conceptions de voiliers similaires
- Le ratio de risque de chavirage la qualifierait pour la course au large rien que par ce critère
- Le déplacement de croiseur lourd et le maître-bau étroit reflètent une coque hauturière traditionnelle
Les points faibles
- La quille longue rend le maniement plus difficile dans les ports aux espaces restreints
- Seules quelques coques ont été construites, limitant l'entretien de la flotte et la disponibilité des pièces détachées







