Conception et construction
C&C a été le premier à utiliser une construction en sandwich balsa pour la coque et le pont du 36, un procédé choisi pour sa très bonne relation résistance/poids, qui permet de garder le bateau raide à la toile et réactif dans le petit temps tout en plaçant le poids bas dans la quille plutôt que dans l'ancrage de la carène. L'âme en balsa offre une véritable rigidité structurelle et une certaine isolation thermique, une rigidité que l'on ressent bien en navigation. Le compromis est bien connu : si la peau de la coque est percée ou si l'accastillage de pont est mal étanchéifié, l'humidité pénétrant dans l'âme provoque une délamination, et la coque en sandwich exige un programme d'entretien rigoureux et une expertise attentive. Le 36-1 Classic conserve son célèbre hublot enveloppant, et la plupart des unités étaient équipées d'une quille à aileron profonde offrant un tirant d'eau d'environ 2 mètres (6'6"), avec quelques versions à petit tirant d'eau construites pour les plans d'eau peu profonds. (1)
Gréement et comportement
La quille à aileron et le safran suspendu privilégient l'agilité et la portance hydrodynamique, permettant au bateau de virer de bord rapidement et de maintenir une vitesse élevée au près au mouillage. Le ratio de lest de 45,5 % est son arme secrète : il lui permet de bien serrer le vent, souvent mieux que des voiliers de série plus modernes, et de porter de la toile sans gîte excessive. Le gréement est un sloop en tête conçu pour porter une grande surface de voile d'avant — un étai de 47'3" sur une base de triangle avant de 15'0", avec un guindant de grand-voile de 41'0" et une grand-voile de 246 pieds carrés travaillant contre un triangle avant à 100 % de 354 pieds carrés pour une surface totale au près de juste plus de 600 pieds carrés. Un ratio surface de voile/déplacement de 18,3 la caractérise comme une unité vive et rapide dans le petit temps, bien qu'elle prenne un ris plus tôt qu'un croiseur lourd ; un ratio déplacement/longueur (D/L) de 207 équilibre la vitesse par vent faible avec suffisamment de masse pour passer dans le clapot. Le safran suspendu offre la sensation recherchée par les marins sensibles à la barre, et le bateau est bien équilibré avec des manœuvres renvoyées à l'arrière pour naviguer en équipage réduit, mais ce même safran manque de protection sur skeg et est plus exposé aux débris ou aux talonnages. (1)
Profil de performance
Il s'agit d'un voilier de course côtière et hauturière plutôt que d'un bateau pour vivre à bord lors de traversées océaniques. Le ratio de risque de chavirage de 2,01 se situe juste sur la ligne entre navigation côtière et hauturière, et un ratio de confort de Brewer de 23,4 signifie un mouvement plus rapide et plus actif — il danse plutôt qu'il ne ploie. Il est capable de naviguer au large en mains expérimentées, mais son déplacement modéré et son safran suspendu lui conviennent mieux pour les régates côtières et de club. Face à un Pearson 36-2, il remportera de manière fiable la course vers le prochain port ; face à un Tartan 37, il n'a pas l'avantage de l'option dériveur pour le petit tirant d'eau. Le C&C 36 reste un voilier de marin qui récompense une barre active et bat de nombreux croiseurs modernes volumineux.
Aménagements
L'intérieur est technique et fonctionnel plutôt que de type appartement, et ce n'est pas le bateau idéal pour une maison flottante. La cuisine en U à tribord de la descente est sûre pour cuisiner en mer, mais elle sacrifie l'espace de réfrigérateur généreux des bateaux plus grands, et les capacités modérées des réservoirs — environ 30 gallons de carburant et 38 d'eau — confirment qu'il s'agit d'un croiseur côtier ou hauturier, et non d'un voilier de vie à bord à long terme dans les hautes latitudes. Un véritable bureau de cartes orienté vers l'avant est un vrai plus pour les navigateurs utilisant des cartes papier. Ce bateau est construit pour le plaisancier qui considère que la navigation elle-même est le but du voyage.
Known Issues
Le safran suspendu nécessite une inspection minutieuse et le contrôle de son axe pour s'assurer qu'il n'y a pas de jeu dans la mèche. Le mât emplanté sur la quille repose sur une traverse en acier ou en aluminium qui corrode souvent à cause des eaux de cale et peut menacer la tension du gréement. Les liaisons de pont des cadènes fuient sur les bateaux équipés d'un gréement en jonc et peuvent faire pourrir les cloisons ; des zones molles sur le pont apparaissent là où l'étanchéité a été négligée. Le « C&C Smile » — une fissure horizontale au bord d'attaque de la liaison coque-quille — est souvent un simple défaut de finition cosmétique, mais il peut indiquer que la quille travaille ou que la varangue fatigue. Surtout, l'humidité dans l'âme en balsa est le meurtrier silencieux ; toute acquisition doit être précédée d'une expertise professionnelle de l'humidité.
Le verdict
Le C&C 36-1 est un croiseur-régatier pragmatique qui récompense les mains expertes par de solides performances au près et un comportement vif et plaisant à la mer. Sa coque en sandwich balsa est raide et légère lorsqu'elle reste sèche, et sa capacité à remonter au vent grâce à son lest reste compétitive après des décennies. Les compromis sont ceux de sa catégorie : un passage dans la mer actif, des aménagements de confort modestes, ainsi qu'un sandwich et un safran qui exigent une inspection rigoureuse.
Avantages
- Excellente capacité à remonter au vent grâce à un ratio de lest de 45,5 %
- Coque rigide et réactive en sandwich balsa avec une bonne stabilité de forme
- Gréement en tête maniable pour équipage réduit, avec des manœuvres renvoyées à l'arrière
- Comportement dynamique et plaisant d'un vrai voilier, piloté par un safran suspendu sur quille à aileron
Les points faibles
- L'âme en balsa exige un contrôle rigoureux de l'humidité et une expertise approfondie
- Le safran suspendu exposé et la traverse du mât emplanté sur la quille sont des points sensibles
- Les capacités de réservoirs modestes et le comportement dynamique limitent l'utilisation au long cours pour vivre à bord
- Les grands voiles d'avant de l'époque sont difficiles à manœuvrer sans enrouleur moderne










