Conception et construction
La coque est en stratifié de fibre de verre posé à la main, avec des ponts dotés d'une âme pour la rigidité et une meilleure résistance — une construction que les critiques de l'époque ont jugée supérieure à la moyenne pour un voilier de série de cette taille. Le pont et la coque se rejoignent sur des flèches extérieures collées, fixées soit par des rivets Monel, soit par des vis à machine de 3/16 de pouce espacées d'environ 6 pouces selon l'année et le chantier, et la flèche est recouverte d'un moulage en vinyle pour prévenir les petits éraflures au quai. À l'intérieur, un contre-moule en fibre de verre supporte les couchettes, les meubles et le plancher, ajoutant de la structure tout en définissant l'aménagement. La quille elle-même est en fonte — un fait qui deviendra un thème récurrent sous le pont. (1)
Gréement et comportement
Le mât est un profil en aluminium à une seule envergure emplanté sur le rouf par un tabernacle, portant un étai de tête, un pataras et un seul gréement dormant supérieur et inférieur. Le plan de voilure repose sur une petite grand-voile de 112 pieds carrés avec presque aucun rond de chute, tandis qu'un génois de 170 % de 200 pieds carrés fournit la véritable puissance de propulsion ; la classe autorise également un spinnaker de 375 pieds carrés. La plupart des bateaux étaient équipés d'une quille à aileron poussante affichant un tirant d'eau de 3 pieds 5 pouces, choisie pour les performances, bien que près de 10 % soient des versions quille avec dérive (2 pieds relevée, 4 pieds descendue) qui sacrifiaient la maniabilité dans le vent fort. Sur l'eau, les testeurs ont enregistré des virements de bord à 75 degrés dans des conditions douces, et les sections arrière profondes et arrondies rendent le bateau facile à barrer mais peu enclin à planer là où un J/22 le ferait. Les scores PHRF se situent entre 92 et 98, et les critiques ont constaté qu'il échange des bordées avec n'importe quel voilier de sa taille et de son époque tout en restant à hauteur de bateaux plus anciens de deux à quatre pieds. Le safran semi-scie originaire, peu profond et incliné vers l'arrière, était un point faible : il avait tendance à s'envoler et à ventiler lorsqu'on gîtait dans une rafale, ce qui a donné naissance à un modèle de remplacement développé par un propriétaire, vendu aux alentours de 200 dollars et fonctionnant aux côtés du modèle d'origine.
Aménagements
Sous le pont, la tôle du rouf se prolonge jusqu'au plat-bord pour ouvrir visuellement l'intérieur, mais la hauteur sous barrots est strictement limitée — 1,20 mètre (4 pieds) maximum selon Practical Sailor, et 1,37 mètre (4 pieds 6 pouces) dans la zone de la cabine selon l'expertise du bateau d'occasion. Le plan intègre une couchette en V très étroite à l'avant, une couchette de quart étroite, une petite cuisine à tribord et un coin repas à bâbord qui se transforme en couchette double, mais qui est trop petit pour un repas confortable et insuffisant comme couchage lors de cette conversion. Le cockpit, lui, raconte une autre histoire : sans ponts latéraux, il utilise toute la largeur et dépasse largement les 2,10 mètres de longueur, offrant six places assises en cas de besoin et permettant à quatre personnes de naviguer confortablement. Cette générosité est le fruit d'une philosophie monotype, et non d'un excès de confort pour la croisière.
Known Issues
La quille en fonte est le point faible sur lequel les propriétaires reviennent sans cesse : elle rouille, et un propriétaire a signalé ne trouver aucun primaire sous l'antifouling d'origine. Le cockpit, malgré son espace de vie convivial, est trop grand pour s'évacuer rapidement et, en l'absence de pont de liaison entre le cockpit et la cabine, un débordement inhabituel d'eau — du type celui que pourrait provoquer un chavirage — peut se déverser directement dans les aménagements et inonder le bateau. Practical Sailor souligne également l'ancienne tendance du safran à s'assécher, un problème aujourd'hui résolu par le profil de safran moderne installé ultérieurement. Il s'agit là de points documentés et gérables plutôt que de pourriture structurelle, mais ils influencent la façon dont le bateau doit être entretenu et mené.
Refits et propriété
La préservation du bateau est facilitée par l'association active et une flotte encore exploitée par une école de voile, qui conserve le 10 pour la formation et la location. L'amélioration du safran est une modification connue et peu coûteuse ; la quille en fonte nécessite une inspection et un traitement antirouille approprié. Les moteurs hors-bord sont des unités de six chevaux sur chaise de tableau arrière, simples et adaptées. Pour un plan de 22 pieds des années 1970, le réseau de soutien est exceptionnellement dense.
Le verdict
Le Tanzer 22 est un monotype à déplacement lourd qui navigue au-delà de sa longueur, soutenu par une communauté de propriétaires importante et organisée. Les compromis entre le cockpit et la cabine conviennent mieux aux régates de jour et à la croisière sur eaux abritées qu'au confort d'une vie à bord, et la quille en fonte ainsi que le chemin d'évacuation des eaux de pluie méritent l'attention du futur acheteur.
Les points forts
- Construction en fibre de verre supérieure à la moyenne pour cette taille, avec un contre-moule structurel intérieur
- Bonnes performances sous voiles par rapport à sa longueur et à son époque ; classe monotype active
- Grand cockpit large comme le bateau pour sa taille
- Réseau d'entraide exceptionnel des propriétaires et continuité de la flotte
Les points faibles
- La quille en fonte rouille ; l'antifouling d'origine manquait parfois de primaire
- Les dalots du cockpit surdimensionnés s'évacuent lentement et n'ont pas de pont de liaison vers la cabine
- Le safran d'origine se retrouve exposé à l'air lors de la gîte ; hauteur sous barrots et couchages limités
- La version quille-dérive est moins performante au près que la version à quille à aileron










