Conception et construction
Les lignes de Bosgraaf confèrent au Pointer 22 un franc-bord très bas, une emplanture de pont prononcée et un bout avant incliné verticalement qui s'inscrivent dans un style de crossover délibéré plutôt que dans la convention des croiseurs. La coque et le pont sont construits en sandwich mousse par stratification manuelle au chantier de Heeg, avec du vinylester pour la coque et du polyester pour le pont ; le bateau est assemblé de A à Z dans ce seul atelier néerlandais. Les bouchains vifs dans les dernières sections de la carène permettent d'assurer la stabilité de forme sans arrière trop large, et la dérive lest se rétracte entièrement dans la coque tandis que deux pales de safran logées dans des boîtes remontent d'un seul mouvement. Une version à quille fixe peut être boulonnée dans le puits de dérive, et l'idée est que le propriétaire puisse échanger plus tard entre quille fixe et quille pivotante. Le ratio de lest de 24 % reste modéré pour un tirant d'eau maximum de 3,61 pieds, qui ne dépasse que 0,98 pied en charge.
Gréement et comportement
Le gréement Seldén est simple et léger, avec un mât relativement court sur une emplanture repliable au-dessus du petit rouf et une bôme longue portant un plan de voilure trapu typique de la famille des Pointers — 14 mètres carrés de grand-voile et un génois sur enrouleur à 105 % de 9 mètres carrés. L'ensemble du gréement se relève ou s'affale à la main ou avec une drisse de foc standard. Les navigateurs d'essai ont constaté que ce petit bateau hollandais naviguait bien et montrait un bon potentiel de performance, très vif dans les manœuvres, et capable d'accélérer depuis l'arrêt avec presque aucun dérive grâce aux grandes appendices de coque. Dans environ dix nœuds de vent, il a franchi un cap apparent de 85 degrés avec le génois à fort recouvrement et la grand-voile large à environ 5,7 nœuds. Il reste raide à la toile et remonte bien au près, et peut être mené en solitaire sans aucune contrainte, ce qui correspond parfaitement à son programme de dayboat sportif.
Aménagements
Le cockpit offre six places assises bien pensées, avec des dossiers rembourrés amovibles, mais l'intérieur sous le pont est très vide et spartiate. Des couchages pour jusqu'à quatre personnes sont proposés en option, mais le constructeur souligne qu'ils peuvent sembler étroits. Le chantier a modifié le plancher de la cabine sur les bateaux ultérieurs pour pouvoir installer deux couchettes longues supplémentaires si nécessaire, et a déplacé l'ouverture de la descente beaucoup plus vers l'avant ; sur le numéro de série 1, accéder à la cabine exigeait des contorsions. Un baille à mouillage plus plat sur les bateaux de série impose moins dans l'espace de pied du couchage avant que celui du prototype.
Known Issues
Le bateau d'essai de YACHT, le prototype, montrait une tendance considérable à abattre au près dans la brise et surtout sous Code Zero ; les testeurs du magazine ont jugé les pales de safran manifestement trop grandes et presque pas pré-compensées, avec des angles mal réglés et non ajustables — un défaut de contrôle imputable aux doubles pales surdimensionnées et non compensées plutôt qu'à la barre elle-même. Dans sa version de série, le bateau est toujours enregistré comme extrêmement raide à la toile au près. Les propriétaires adeptes de la croisière regretteront l'absence de rangements dans le cockpit : il n'y a pas de coffres de pointe avant sous les bancs, et le baille à mouillage avec le petit compartiment arrière ne propose qu'une capacité limitée, laissant peu d'espace de stockage sur le pont. (1)
Refits et propriété
Le chantier Jachtwerf Heeg a perfectionné les premiers modèles de manière à ce qu'un acheteur y voie des améliorations plutôt que des corrections : le capot de descente déplacé vers l'avant, le baille à mouillage plus plat et le plancher de cabine retravaillé pour intégrer des couchages supplémentaires optionnels. Le chantier garantit la structure avec une garantie de deux ans et cinq ans contre l'osmose. La propulsion est laissée au choix du propriétaire — moteur hors-bord thermique ou électrique, ou embase pod installée de façon permanente — ce qui permet de garder l'arrière dégagé, mais signifie qu'il n'y a pas d'installation standard à inspecter pour garantir l'uniformité. (2)
Le verdict
Le Pointer 22 est un croiseur léger et transportable très astucieux qui condense les idées du Pointer 25 dans un ensemble routier et échouable, doté d'une véritable autonomie en solitaire et d'une quille à lest rétractable. Il convient mieux d'être considéré comme un dériveur de jour sportif et un week-end occasionnel plutôt que comme un voilier de voyage aménagé, et le réglage initial du safran ainsi que la garde-robe de rangement limitée sont les compromis nécessaires pour obtenir cette agilité.
Les points forts
- Transportable sur remorque, dériveable depuis la plage, doté d'une dérive entièrement rétractable et de doubles safrans relevables
- Raide à la toile, vif, excellent au près ; utilisation sans restriction en solitaire
- Gréement léger Seldén à baser et remonter à la main ; choix du propriétaire pour la motorisation
- Les améliorations des dernières séries ont optimisé l'accès aux cabines et les options de couchage
Les points faibles
- Les bateaux d'essai et de série ont tendance à partir au lof ; les safrans du prototype sont surdimensionnés, non compensés et non réglables
- Intérieur dépouillé et rangements très limités dans le cockpit et sur le pont
- Accès à la cabine nécessitant des contorsions sur le numéro de coque 1









