Conception et construction
Le PDQ 36 est un catamaran à coques symétriques et une largeur de 18 pieds 3 pouces pour une longueur à la flottaison de 34 pieds 4 pouces, ce qui donne un ratio largeur/longueur d'un peu plus de 0,5. Avec un déplacement de 8 000 livres et un ratio D/L proche de 90, c'est un croiseur léger et large. Les coques en U portent des quilles courtes et le tirant d'eau global est faible avec 2 pieds 10 pouces, un atout majeur dans les eaux peu profondes par rapport aux multicoques plus grands. Les quilles elles-mêmes sont des profils NACA appliqués comme stratifications secondaires, conçues pour supporter le poids du bateau lors des sorties d'eau ou des carénages sans compromettre l'étanchéité des coques.
Sur le plan structurel, les coques sont en stratifié massif sous la flottaison et sandwichées avec de la mousse Klegacell ou Corecell au-dessus, tandis que les ponts sont en sandwich mousse sauf là où des équipements soumis à de fortes charges reposent sur du stratifié massif. Le procédé d'infusion sous vide garantit un écoulement uniforme de la résine, et le stratifié utilise exclusivement un tissu triaxial tricoté avec une résine époxy ou vinylester. La liaison coque-pont se fait par une bride extérieure assemblée avec du 3M 5200 et des fixations en inox. L'antidérapant est excellent, et l'ensemble du travail reflète un chantier de stratification pratique et bien exécuté. (1)
Gréement et comportement
La plupart des PDQ 36 sur le marché de l'occasion sont des sloops en tête portant 490 pieds carrés de voilure, bien qu'un gréement fractionné plus sportif ait été proposé et n'ait attiré que peu ou aucun acheteur. Le mât Isomat emplanté sur le pont est associé à une grand-voile entièrement lattée, un génois sur enrouleur et une spinnaker, les bateaux équipés pour le voyage hauturier ajoutant souvent un tourmentin. Les commandes de voiles sont renvoyées vers l'arrière dans le cockpit, y compris le prises de ris en ligne unique, avec le chariot de bôme traversant le cockpit sur un pont de liaison arrière et les winches principaux à portée de main sur le rouf. Les drisses courent généralement vers l'arrière jusqu'à l'extrémité avant du cockpit, et la plupart des bateaux affichent des bloqueurs Spinlock, des enrouleurs Harken et des winches Lewmar.
En navigation, le bateau marche très bien aux allures portantes et remonte correctement au vent sans gîter. Il naviguera de 25 à 50 % plus vite qu'un monocoque de croisière aux allures portantes, offrant des performances globales de 7 à 8 nœuds. Des quilles longues à faible allongement placées très en avant facilitent la remontée au vent, tandis que les petits safrans profilés sont montés sur skegs sur les modèles de voyage au long cours. Le cockpit est profond et sécurisant, et la barre à roue est fixée à un plat-bord à tribord ; les bateaux plus anciens utilisaient une transmission de barre pousser-pousser, tandis que les plus récents ont adopté le système pull-pull, plus performant. (1)
Aménagements
L'intérieur est aménagé avec deux cabines doubles à l'avant, côte à côte sur le pont de liaison, chacune équipée de lits queen-size, de panneaux de pont et de grands coffres de rangement. Le carré dispose d'une grande table, de banquettes en îlot et d'une visibilité dégagée, la partie supérieure du rouf offrant une bonne hauteur sous barrots pour la dinette. La coque tribord abrite une grande table à cartes au milieu du bateau et des WC encastrés avec douche séparée à l'arrière ; une banquette avant les WC n'est pas convertible en couchette. La coque bâbord contient la cuisine équipée d'une cuisinière à deux feux, d'un four, de deux éviers et d'un grand plan de travail, ainsi qu'une cabine arrière optionnelle que les propriétaires ont aménagée en couchette double avec lits superposés, atelier, bureau ou espace plongée.
Le cockpit est immense mais le niveau des sièges est bas, ne laissant une ligne de vue dégagée qu'exactement vers l'arrière. À l'avant, deux trampolines et un pont de liaison partiel offrent un espace de détente soutenu et d'optimisation pour prendre le soleil. Les passavants sont si étroits que l'équipage doit monter sur le rouf à l'avant. Les finitions intérieures sont pratiques et artisanales, privilégiant l'accès aux systèmes plutôt que des menuiseries élégantes, et l'aménagement convient confortablement à deux couples.
Known Issues
La porte de descente est en acrylique fumé et s'est avérée difficile à fermer hermétiquement dans la brise. Au-delà de ce seul défaut documenté, le dossier des problèmes connus est maigre ; la construction et les systèmes sont par ailleurs décrits comme solides et fonctionnels.
Refits et propriété
Le Mark II LRC (Long Range Cruiser) a remplacé les moteurs hors-bord par des Saildrive diesel in-bord de 18 ou 27 chevaux, et a ajouté de la capacité de réservoirs, un gréement dormant plus robuste et des barres de sécurité pour le mât. Le Mark III, introduit en 1998, proposait un bimini rigide très populaire, et les exemplaires ultérieurs ont déplacé le chariot de bôme sur son côté supérieur. Les modèles classiques utilisent des moteurs hors-bord quatre-temps Yamaha ou Honda de 9,9 chevaux dans des coffres sous les sièges du cockpit, inclinables pour réduire la traînée ; les diesels LRC sont généralement des Yanmar de 18 chevaux ou des Volvo de 27 chevaux avec l'alternateur de 55 ampères de ce dernier. L'accès au moteur tribord se fait par la cabine arrière, celui de bâbord par un capot de cockpit. Le bateau conserve bien sa valeur sur le marché de l'occasion.
Le verdict
Le PDQ 36 est un catamaran de croisière côtière et hauturière conçu avec soin, qui sacrifie le nombre de cabines typique du charter au profit d'une grande habitabilité et de qualités marines. Son déplacement léger, son faible tirant d'eau et ses ailerons de près en font une plateforme polyvalente, tandis que l'accès pratique aux systèmes et à la stratification témoigne d'un chantier axé sur le plaisancier propriétaire plutôt que sur la flotte de location.
Les points forts
- Tirant d'eau réduit de 2 pieds 10 pouces avec des quilles à aileron NACA pour bien remonter au vent
- Coque en stratifié massif sous la flottaison, construction sur âme en mousse sous vide au-dessus
- Vitesse aux allures portantes 25 à 50 % supérieure à celle des monocoques, allure générale de 7 à 8 nœuds
- Intérieur pratique et accessible avec deux couchettes doubles à l'avant et une cabine arrière avant flexible
Points faibles
- Porte de descente en acrylique fumé difficile à sécuriser dans la brise
- Passavants étroits obligeant à marcher sur le rouf vers l'avant
- Hauteur du siège de cockpit limitant la visibilité avant à une ligne de mire directement arrière








