Conception et construction
Huntingford a doté le Passport 42 d'une étrave fine et d'un arrière en canot qui rappelle la série Valiant de Robert Perry, mais la largeur de 12 pieds 10 pouces est portée plus loin vers l'arrière que sur ces bateaux, offrant un intérieur plus spacieux. De plus, le tableau arrière présente une forme plus arrondie et plus sphérique que le profil raffiné de style nordique préféré par Perry. Sous la flottaison, les coques sont en stratifié massif ; au-dessus de la ligne de flottaison, elles sont en sandwich mousse, tandis que le pont est posé avec des lattes de teck de 4 pouces destinées à limiter les infiltrations d'eau. L'intérieur est construit en bois massif, avec des cloisons stratifiées à la coque, et les menuiseries en teck sont impressionnantes, dans le style typique des voiliers taïwanais de cette période. Le lest — soit 9 000 livres sur un poids de conception de 25 500 livres — est entièrement encapsulé dans la fibre de verre, ce qui supprime toute nécessité de boulons de quille. Un brion profond se fond dans une quille à aileron à forte corde, un support moulé allongé porte l'axe d'hélice, et un skeg robuste protège le safran. (1)
Gréement et comportement
Le bateau est gréé en cotre, un gréement privilégié par les plaisanciers ayant des ambitions hauturières, avec une surface de voilure combinée de près de 765 pieds carrés pour la grand-voile et le triangle avant. Ce plan de voilure semble conservateur pour un navire de ce poids, et les chiffres le confirment : un ratio surface de voile/déplacement de 14,17 se situe en dessous de la fourchette de 16 à 20 associée à des performances plutôt sportives. La coque présente également beaucoup de surface mouillée, ce qui rend le bateau lent dans le petit temps et lors des virements de bord. Les navigateurs d'essai ont constaté qu'il était lent à accélérer et nécessitait un peu de persuasion pour passer les virements de bord, bien qu'il se comporte bien par ailleurs ; les propriétaires rapportent que dès que le vent fraîchit, il chante vraiment et ne montre aucun défaut de comportement. Le poids qui pénalise ses allures portantes dans le petit temps apporte en revanche de la confiance et un passage doux dans la mer, et l'arrière en canot fait un excellent travail pour empêcher l'eau d'entrer dans le cockpit dans une mer arrière. (1)
Aménagements
La descente est décalée à tribord pour libérer une cabine arrière à bâbord dotée d'une grande couchette double et d'un rangement raisonnable, éclairée par un petit capot et deux hublots afin d'éviter qu'elle ne ressemble à une grotte en teck. À tribord se trouvent une couchette de quart et une table à cartes avec un grand bureau de cartes. En avant de la cabine arrière, la cuisine en U est assez grande pour que le cuisinier se sente en sécurité dans la mer formée, et c'est ce que l'épouse d'un testeur a qualifié de « cuisine à deux fesses », avec un évier double aligné sur l'axe longitudinal et un immense réfrigérateur et congélateur accessibles par le haut et les côtés. Une salle à manger spacieuse fait face à un canapé assez long pour servir de couchette individuelle, avec le mât emplanté sur la quille au bout du siège avant, près de la cloison de fond. La salle d'eau à bâbord est assez grande pour accueillir une petite baignoire, bien que certaines unités la remplacent par une cabine de douche indépendante ; à tribord se trouvent une penderie et des coffres de rangement. Plus en avant encore, la cabine dispose d'une couchette double à bâbord et d'un siège intégré à tribord. Les propriétaires soulignent les cabines avant et arrière, une cuisine spacieuse et une hauteur sous barrots adaptée à une carrure de 1,88 m (6 pieds 2 pouces). Le cockpit lui-même est petit mais sécurisant, le barreur se tenant sur une section de plancher surélevée derrière la barre pour avoir une bonne visibilité sur le rouf ; les banquettes longues sont inclinables mais ne permettent pas de dormir. Des passavants larges et des haubans s'arrêtant près du rail d'écoute facilitent et sécurisent les déplacements vers l'avant.
Known Issues
Les ponts en teck et le rouf ouvert — omniprésents sur les bateaux taïwanais de cette époque — présentent un défaut latent : le calfatage des joints de bouchons de teck se dégrade, permettant à l'eau de couler le long des vis au-delà de la couche de fibre de verre et dans l'âme du pont, ce qui peut faire pourrir l'âme et laisser un pas mou et élastique sous les pieds. Les cadènes ont été stratifiées dans la coque, une pratique que la plupart des constructeurs ont abandonnée dans les années 1960 ; le stratifié sur l'inox favorise la corrosion caverneuse, cache les pièces aux inspections et rend leur remplacement très fastidieux. De nombreux propriétaires de Passport ont donc retiré les anciennes plaques et les ont remplacées. La capacité des réservoirs est un autre point faible. Des fuites ont été signalées sur certains modèles, les réservoirs d'eau douce en acier inoxydable situés sous le plancher de cabine peuvent développer des micro-fuites, et des fissures ont été signalées sur le réservoir d'eaux noires en fibre de verre. Le moteur diesel Perkins 4-108 est installé sous le plancher de cabine près des lavabos — ce qui est bon pour le poids — mais cela augmente le risque que l'eau d'échappement soit aspirée dans les cylindres, et l'accès complet au moteur impose de démonter une partie des meubles. (2)
Refits et entretien
La construction robuste de la coque, si appréciée des propriétaires, repose sur une stratification épaisse au bon endroit. De plus, les deux réservoirs de carburant diesel en fonte noire de 55 gallons peuvent être sortis de sous le plancher du cockpit à travers la porte d'un coffre de cabine arrière sans toucher aux menuiseries — une concession rare à la facilité d'entretien. Le système de barre comprend une roue sur ligne de vie en chaîne et câble avec un lourd secteur en bronze, et les haubans doubles renforcent la sensation de sécurité sur le pont. Le remplacement des cadènes stratifiées est le principal chantier de refit structurel ; les acheteurs et propriétaires doivent également prévoir un budget pour le séchage ou la réparation de l'âme du pont là où le calfatage des joints en teck a échoué, ainsi que pour le remplacement des réservoirs si nécessaire.
Le verdict
Le Passport 42 est un voilier de voyage hauturier sérieux et lourd, issu du plein de la tradition des croiseurs taïwanais : stable dans la mer formée, spacieux pour sa longueur, construit avec un lest encapsulé et un skeg protecteur. Ce n'est pas un sprinter par petit temps et il conserve les faiblesses de son époque en matière de ponts en teck et de cadènes stratifiées, mais sa structure est saine et son aménagement intérieur est véritablement conçu pour la croisière.
Avantages
- Comportement marin doux et rassurant grâce à un déplacement de 25 500 livres et un lest encapsulé de 9 000 livres
- Aménagement spacieux à l'effigie d'un trois-cabins avec cuisine en U sécurisante et grand table à cartes
- Coque solide sous la flottaison ; réservoirs amovibles sans avoir à s'attaquer aux menuiseries
Points faibles
- Lent à la remontée dans le petit temps et aux virements de bord en raison de sa surface mouillée importante et d'une surface de voilure conservatrice
- Les défauts de calfatage des joints de lattes de pont en teck menacent de provoquer un pourrissement de l'âme du pont ; les cadènes stratifiées nécessitent une dépose pour être remplacées
- Le moteur placé bas sous le plancher de cabine présente un risque de suralimentation en eau ; l'accès complet impose de démonter les vaigrages et les meubles ; des fuites de réservoirs ont été signalées










