Conception et construction
Reid Marine a développé le Hawk 20 avec l'architecte Chris Hawkins, décidant de créer un bateau aussi bon qu'ils pouvaient le faire, construit avec les matériaux les plus appropriés et équipé du meilleur kit qu'ils pouvaient trouver. La coque présente des formes à double bouchain, à section plate, avec une entrée d'eau fine, un arrière large et un fond plat ; les sections plates contribuent à une grande stabilité de forme, et l'étrave fine évite les chocs. Près de la moitié du poids du bateau est constituée de pièces moulées en plomb dans le fond de la coque, faisant de ce voilier un dériveur lesté de fait. Au lieu d'une plaque d'acier, une dérive en aluminium de haute qualité sur un axe en Delrin évite l'électrolyse et offre une section profilée efficace, tandis que des blocs de mousse de polyuréthane encapsulés des deux côtés du puits de hors-bord, sous le cockpit et sous les couchettes de cabine, rendent le bateau insubmersible. Les moulages sont nets et sans aucune flexion, et la pale de safran est en bois à languette et gorge sur une mèche d'aluminium robuste et un ensemble de barre franche. (1)
Gréement et comportement
Le Hawk 20 se comporte comme un grand dériveur et est tout aussi stable avec la dérive haute que basse. Le gréement est assez grand pour fournir beaucoup de puissance, avec une grande grand-voile facile à affaler pour limiter la voilure, si bien qu'il a rarement besoin des quelques points de ris prévus ; l'œil de cunningham ne sert à rien, l'écoute de foc court sur des rails de hanche en 2:1 pour éviter d'utiliser un winch dans la brise, et l'écoute de grand-voile en 6:1 peut être réduite à 4:1 par le barreur. Il excelle au portant, surfant facilement sur les vagues, et a été chronométré à 12 nœuds. L'entrée d'eau fine, l'arrière large et le fond plat lui font partir au lof lorsqu'on le pousse, et à environ 20° de gîte, la barre devient lourde, bien que la grande pale de safran le maintienne bien sur son cap la plupart du temps. L'angle de virement de bord se situe autour de 90°, et le spinnaker se porte sur un système de tangon de spi auto-démarrant qui simplifie grandement les manœuvres.
Aménagements
Le cockpit immense du bateau de jour mesure 2,5 mètres de long — plus spacieux que celui de nombreux grands voiliers de croisière — avec des coffres sur chaque côté, des stratifiés Flowcoat et des joints en caoutchouc avec des fermetures à cadenas, ainsi qu'un fond au-dessus de la ligne de flottaison desservi par une paire d'autovideurs à l'arrière. Le Cruiser utilise l'espace déjà présent dans le bateau de jour ; son cockpit est plus court de seulement 15 centimètres, et la cabine offre deux couchettes de 2,03 mètres sous une hauteur sous barrots de 90 centimètres, une étagère coulissante à bâbord pour une cuisinière à gaz à un brûleur, et de l'espace pour un WC chimique. Le poids est identique à celui du bateau de jour et la prise au vent supplémentaire est négligeable, il n'y a donc presque rien à choisir entre les deux en termes de performances, et ils rivalisent sur un pied d'égalité aux Hawk National Championships au large de Christchurch.
Known Issues
La forme de coque à fond plat et entrée fine n'est pas un défaut mais un compromis de conception : lorsqu'on pousse le bateau au-delà d'un certain point, il part inévitablement au lof, et la barre se charge jusqu'à environ 20° de gîte, exigeant une main attentive plutôt qu'une navigation passive. La dérive en aluminium pivote sur du Delrin pour éviter l'électrolyse, mais l'axe et le profil restent l'élément structurel mobile le plus exposé à l'usure et aux salissures dans ce type de carène. La pale de safran en bois, volumineuse d'origine mais traditionnelle dans son conception, est le seul élément structurel en bois sur une coque qui est le reste en fibre de verre et mousse ; elle dépend de ses joints et de son traitement pour garantir sa longévité. L'absence de sangles de pied confirme l'orientation du bateau vers la famille, mais cela signifie que l'équipage doit entièrement compter sur le cockpit de 2,5 mètres et ses coffres latéraux pour s'abriter.
Refits et entretien
Le transport est simple : le mât s'abaisse sur des charnières et le moteur hors-bord se loge dans un puits qui le soulève hors de l'eau, avec des bouchons d'étanchéité installés à plat pour éliminer les turbulences lorsqu'il est relevé. Une puissance de 2,5 à 6 ch correspond à la plage prévue, et l'accastillage de pont signé Harken, les espars de Seldén ainsi que des voiles Sanders avec des réglages de guindant complètent une fiche technique choisie pour sa durabilité. Un halebas Easykick et un système de relevage du bout-dehors protègent les passagers contre une chute de bôme lorsque la grand-voile est affalée. Le spinnaker du Cruiser se lance depuis un sac sur la cloison bâbord, ce qui constitue la principale différence de maniement par rapport au bateau de jour.
Le verdict
Le Hawk 20 est un petit bateau de jour élégamment conçu qui troque l'élégance contre la compétence : une coque à section plate, remplie de mousse et lestée de plomb, insubmersible et auto-redressante, assez rapide pour surfer à 12 nœuds et assez stable pour une grand-mère, tout en étant sensible au départ au lof si malmené. Le Cruiser offre un véritable abri sans perte de performances. Aucun des deux n'est le plus élégant des bateaux, mais ils sont tous deux bien construits et pleins de caractère.
Les points forts
- Inscouable, autovideur et auto-redressable par conception
- La coque à section plate offre une grande stabilité de forme et une capacité de surf à 12 nœuds
- Le carré de croisière utilise le volume existant sans pénalité de poids ni de performance
- Facile à transporter sur remorque, à mettre à l'eau et à récupérer grâce au mât articulé et au moteur hors-bord relevable
Les points faibles
- Le fond plat et l'entrée fine provoquent un départ au lof lorsqu'on pousse le bateau
- La barre devient lourde à partir d'environ 20° de gîte
- La pale de safran en bois est la seule pièce structurelle en bois du bateau
- Pas de sangles de pied pour les achats destinés à l'équipage






