Conception et construction
Carl Alberg a dû faire face à une contrainte classique sur un sloop fin de 28 pieds : comment gagner du volume intérieur sans trahir le style attendu par ses adeptes. Il a conservé l'élancement de la proue tout en taillant nettement la poupe, un compromis qui a permis au Cape Dory 28 d'avoir une longueur à la flottaison plus importante et un potentiel de vitesse accru, même si cela a adouci la pureté visuelle du brion. La coque elle-même est en stratifié massif de fibre de verre dans une résine polyester, et les ponts sont en sandwich avec âme en contreplaqué marine ou en balsa, une configuration de construction cohérente avec la réputation de Cape Dory dans les années 1970 et 1980 pour ses bateaux robustes. Un solide bout-dehors soutient un davier d'étrave et prolonge l'étai vers l'extérieur, offrant plus d'espace pour un génois, tandis que le long rouf et les quatre portails uniformes par côté confèrent au bateau son aspect traditionnel de voilier hauturier. (1)
La quille longue porte un lest en plomb de 3 500 livres et est associée à un safran sur quille, un profil complété par une ferrure robuste partout et des vannes de passe-coque en bronze. Un pont de liaison a été installé dans le cockpit environ quatre ans après le début de la production, et la plupart des modèles récents disposent de cette caractéristique qui empêche l'eau d'entrer dans la cabine. Le cockpit lui-même accueille confortablement quatre personnes et se connecte via des passavants facilement praticables à un pont avant de taille raisonnable. Des mains courantes et des serres de balcon en teck soulignent les belles proportions, et les élégantes lignes de tonture s'inclinent vers l'avant depuis un tableau arrière en V jusqu'au bout-dehors en teck.
Gréement et comportement
Les modèles d'origine naviguaient avec une barre franche et un foc autovireur à lof pour faciliter les manœuvres en équipage réduit, complétés par une grand-voile à ris rapides pour une navigation simple en solitaire ou en couple. Le mât est emplanté sur le pont, mesurant 42 pieds de hauteur, construit en aluminium et soutenu par un gréement dormant de forte épaisseur. La écoute de grand-voile se fixe au bout arrière du cockpit afin de rester hors de portée des mouvements de l'équipage. Les propriétaires soulignent que les haubans et les cadènes sont surdimensionnés pour un voilier de cette taille, détail rassurant pour quiconque envisage des traversées côtières ou hauturières. (1)
Sous voiles, la quille longue avec sa dérive fixée à l'arrière aide le bateau à bien tenir son cap au portant et à remonter efficacement au près. Un propriétaire de longue date écrivait dans Cruising World que l'Innisfree était raide à la toile, étonnamment rapide dans le petit temps, extrêmement performante dans la brise et un pur plaisir aux allures portantes ; elle se révélait très équilibrée et tenu parfaitement son cap, passant en force dans le clapot de la Chesapeake avec toute sa vitesse de translation. Malgré un déplacement de 9 000 livres, le bateau se déplace facilement dans les petits airs au-dessus de 10 nœuds sous le foc à corne.
Aménagements
Sous le pont, le teck est omniprésent, avec une abondance de teck massif et d'acajou teck dans les menuiseries. Le bateau offre cinq couchages : une cabine avant en V avec un lit double surélevé en contreplaqué moulé pour créer une couchette double, des WC adjacents à bâbord et une penderie humide à tribord. Le carré dispose d'un canapé à tribord qui sert de couchette simple et d'un canapé à bâbord qui se transforme en couchette double en s'extirpant, avec de fines étagères au-dessus pour les livres et du rangement derrière les dossiers. Une table en teck bascule depuis la cloison et se déploie entre les canapés. La hauteur sous barrots est de 1,88 m (6 pieds 2 pouces) dans la cabine, bien que le carré lui-même ne mesure qu'environ 1,83 m ; deux panneaux de pont ouvrants au plafond permettent une bonne circulation de l'air.
La cuisine est située à l'arrière et divisée par la descente, avec un grand congélateur et un évier en acier inoxydable à tribord, ainsi qu'une cuisinière à alcool ou au propane à bâbord. Le bateau transporte 60 gallons d'eau douce dans deux réservoirs de 30 gallons sous les banquettes, et le réservoir de carburant contient 32 gallons ; il est construit en acier ou en aluminium. Les WC sont situés en avant du carré et comprennent une penderie pour les vêtements mouillés et un petit lavabo ; une porte coulissante les sépare de la cabine avant en V.
Known Issues
La délamination du pont est toujours une possibilité sur les bateaux plus anciens, et le Cape Dory 28 ne fait pas exception en raison de sa construction de pont en sandwich. Les propriétaires signalent que les cadènes fixées à l'intérieur sont en fonte, ce qui crée des problèmes de rouille et de corrosion, bien qu'elles soient au moins accessibles depuis l'intérieur pour inspection. Une étaie de foc avec un accouplement en bronze sur l'étrave doit être surveillée pour détecter d'éventuels problèmes, et les portails en plastique installés entre 1974 et 1978 étaient de qualité inférieure. Concernant le carburant, les réservoirs en acier peuvent rouiller et se fragiliser, tandis que les réservoirs en aluminium, situés en contact direct avec une base en contreplaqué, peuvent commencer à présenter de la corrosion sous contrainte. Un dernier détail concernant l'aménagement : l'évacuation du lavabo des WC s'écoule dans un bac en fibre de verre, puis dans la cale, et la chasse d'eau est installée sous la flottaison.
Refits et propriété
Plusieurs propriétaires ont remplacé le moteur Volvo par des diesel Beta Marine ou Kubota et rapportent un fonctionnement beaucoup plus silencieux, une amélioration courante compte tenu du Volvo Penta MD7A d'origine de 13 chevaux. De nombreux propriétaires suppriment également le foc à corne au profit d'un génois sur enrouleur, affirmant un meilleur réglage de la voile, bien que certains navigateurs en solitaire regrettent le caractère autovireur du gréement d'origine. L'accès au moteur nécessite de démonter les marches de la descente, ce qui laisse juste assez d'espace pour qu'une personne de petite taille puisse se glisser par-dessus le haut du moteur.
Le verdict
Le Cape Dory 28 s'impose comme une expression aboutie des valeurs de conception de Carl Alberg dans un gabarit maniable : un croiseur à quille longue solidement construit, doté d'un véritable tempérament hauturier, d'aménagements pratiques pour une famille de cinq personnes et d'un gréement qui facilite la navigation en équipage réduit. Ses faiblesses sont celles de son époque et de son type de construction plutôt que des défauts fondamentaux, et une expertise minutieuse de l'âme du pont, des cadènes et des réservoirs mettra en évidence les seuls risques réels.
Avantages
- Coque robuste en stratifié massif avec vannes de passe-coque en bronze et gréement surdimensionné pour sa taille
- Quille longue avec lest en plomb qui glisse bien et permet d'excellentes performances sous voiles
- Foc autovireur à lof et prise de ris rapide facilitant la manœuvre en équipage réduit
- Intérieur riche en teck avec cinq couchages et capacité pratique d'eau de 60 gallons
Points faibles
- Ponts en sandwich sujets à la délamination ; cadènes en fonte sujettes à la rouille
- Portails plastiques d'origine et réservoirs de carburant en acier ou en aluminium sujets aux fuites
- Évacuations des lavabos des WC vers les fonds ; WC situé sous la flottaison
- Couchettes de quart étroites en raison d'une largeur inférieure à 2,70 m ; accès au moteur difficile









