Design Brief & Intent
La mission principale du Roberts 36 était de fournir une plateforme abordable et marine, capable de traverser les océans avec un équipage réduit, généralement un couple ou une petite famille. Roberts a conçu la coque en mettant l'accent sur la capacité de charge et la stabilité, en donnant la priorité à la sécurité plutôt qu'à la vitesse pure. Contrairement aux bateaux de série de l'époque, souvent optimisés pour la vie au port et la navigation côtière par petit temps, le Roberts 36 a été conçu comme un véritable voilier hauturier. (1)
Le caractère de l'intérieur du Roberts 36 dépend grandement de la personne qui a réalisé les finitions du bateau. Si certaines constructions amateurs présentent des boiseries rustiques et brutes, d'autres, réalisées par des menuisiers professionnels ou des propriétaires méticuleux, rivalisent avec les meilleurs chantiers de semi-personnalisation de l'époque. Les aménagements intérieurs standards mettent l'accent sur la sécurité en mer, avec des mains courantes profondes, des cuisines en U sécurisantes qui maintiennent le cuisinier calé sur l'un ou l'autre bord, et des WC disposés transversalement. Les boiseries massives, utilisant généralement le teck, l'acajou ou des bois durs locaux comme le myrte de Tasmanie, dominent l'intérieur des constructions bien exécutées, créant un espace de vie traditionnel, chaleureux et hautement fonctionnel qui excelle lors des longues périodes au mouillage ou en traversée. (1, 2)
Variations & Configurations
Parce que le Roberts 36 était principalement vendu sous forme de plans ou de kit, il existe dans une gamme de configurations extraordinairement large. La conception de la coque s'adaptait à plusieurs techniques de construction : acier ou aluminium à bouchains multiples, fibre de verre à bouchains arrondis (souvent construite à l'aide des systèmes d'âme en mousse C-Flex ou Airex), et bois-époxy en contreplaqué stratifié. Les options de tirant d'eau variaient en conséquence, allant d'une configuration à petit tirant d'eau de quatre pieds utilisant un lest en plomb à une version plus profonde lorsque les constructeurs optaient pour un lest moins coûteux en ferraille noyée dans la résine. (1, 3)
Les choix de gréement étaient tout aussi divers, les plans décrivant des gréements de cotre, ketch, sloop et même de jonque. Les configurations en cotre et en ketch sont les plus courantes sur le marché de l'occasion. Le gréement de cotre, avec ses deux voiles d'avant, est très apprécié pour le travail au large car il permet une réduction progressive de la voilure tout en maintenant une barre équilibrée. Les aménagements intérieurs se divisaient entre une configuration traditionnelle à cockpit arrière et une version à cockpit central très recherchée. Le modèle à cockpit central offre une impressionnante suite propriétaire à l'arrière avec une hauteur sous barrots exceptionnelle, bien qu'il sacrifie un peu d'espace de cockpit par rapport à la version plus classique à cockpit arrière, qui séduit ceux qui privilégient la vie en extérieur et un accès plus facile au secteur de barre. (1, 2)
Sailing Performance & Handling
En termes de dynamique de navigation, le Roberts 36 se comporte comme un croiseur lourd classique. Avec un ratio déplacement/longueur (D/L) d'environ 277, la coque se classe résolument dans la catégorie des déplacements lourds, ce qui se traduit par un comportement marin et prévisible. Cela est confirmé par un ratio de confort de près de 30, indiquant que le bateau n'imposera pas à son équipage les mouvements rapides et saccadés typiques des coques modernes à déplacement léger. À la barre, il se montre stable et tient exceptionnellement bien son cap, une caractéristique de sa quille longue à brion dégagé. Cette capacité de suivi de cap rend le bateau très compatible avec les régulateurs d'allure, un atout critique pour les navigateurs en équipage réduit. (4)
Cependant, cette coque lourde et volumineuse présente des inconvénients en matière de performances. Par petit temps en dessous de douze nœuds de vent, le Roberts 36 peut sembler lourd et peine à remonter au près serré, affichant souvent un angle de quatre-vingt-dix degrés ou plus d'un bord sur l'autre. Le bateau prend véritablement vie dans quinze à trente nœuds de brise, où sa surface de voilure modérée fournit suffisamment de puissance pour propulser la coque à sa vitesse théorique maximale d'un peu plus de sept nœuds. Dans ces conditions, particulièrement au travers ou au grand largue, le voilier se révèle être un marcheur stable, sec et rassurant en traversée. (1, 5, 6)
Market Snapshot & Economics
Sur le marché de l'occasion, le Roberts 36 occupe une niche unique et quelque peu volatile. Comme ce modèle est une spécification de plans plutôt qu'un produit d'usine standardisé, les exemplaires individuels ne s'échangent pas dans une fourchette de prix étroite et prévisible. Les valeurs sont au contraire très sensibles au matériau de la coque, à la qualité de construction et à l'historique des systèmes installés. Les modèles en fibre de verre construits par des professionnels réclament généralement une prime en raison de leur entretien plus facile et d'un risque moindre de dégradation structurelle.
Les modèles en acier, bien qu'ils représentent une valeur incroyable en termes de volume par dollar, sont souvent dévalorisés par le marché en raison des exigences de main-d'œuvre élevées liées à la prévention de la corrosion. Les acheteurs doivent comprendre qu'un Roberts 36 bon marché peut être une fausse économie. Les constructions de jardin avec des tôles mal soudées, un lest en fer brut ou un câblage d'amateur nécessiteront des investissements de refit qui peuvent facilement dépasser le prix d'achat initial. À l'inverse, trouver un modèle bien construit, correctement isolé et fini par des professionnels représente l'une des voies les plus économiques pour acquérir un voilier hauturier performant. (7)
Known Issues & Triage
Les principaux points d'attention pour tout acheteur potentiel d'un Roberts 36 sont l'intégrité structurelle et la qualité de la construction d'origine. Pour les coques en acier, la corrosion interne est la menace absolue. L'humidité due à la condensation peut s'accumuler sous le plancher de cabine, derrière les vaigrages et les meubles intégrés, ainsi qu'au fond de la cale, entraînant une rouille localisée difficile à détecter sans démonter les boiseries intérieures. Une expertise de la coque par ultrasons est une nécessité absolue lors d'une visite d'achat d'un modèle en acier pour vérifier l'épaisseur des tôles, en particulier autour des lignes de flottaison et de la quille. (7)
Pour les modèles en fibre de verre construits selon le système C-Flex, les experts doivent rechercher les zones de vide et les fibres de verre sèches. Si la résine n'a pas complètement imprégné les tiges de C-Flex lors de la construction, l'humidité peut migrer à travers le stratifié de la coque, provoquant une délamination systémique ou de graves bulles osmotiques au fil du temps. De plus, comme beaucoup de ces bateaux ont été aménagés par des propriétaires amateurs, les systèmes électriques respectent rarement les normes modernes. Les acheteurs potentiels doivent prévoir un budget pour une refonte électrique complète, car le câblage d'origine est souvent constitué de cuivre non maritime avec un cheminement chaotique et non documenté. (7, 8)
Modernization & Upgrades
De nombreux propriétaires actuels de Roberts 36 consacrent leur budget de refit à la modernisation des systèmes électriques et de propulsion du bateau pour répondre aux standards de croisière actuels. Le remplacement des parcs de batteries au plomb lourds par des systèmes au lithium fer phosphate (LiFePO4) est une mise à niveau très populaire, rendue pratique par l'intérieur spacieux du bateau et sa grande capacité de charge. Cette modification est fréquemment associée à l'installation de panneaux solaires à haut rendement, généralement montés sur des portiques de poupe en acier inoxydable fabriqués sur mesure, qui servent également de bossoirs d'annexe.
Sur le plan mécanique, beaucoup de ces bateaux étaient à l'origine sous-motorisés avec de petits moteurs diesel de vingt chevaux qui peinent à pousser la coque à déplacement lourd contre un vent de face ou un courant fort. Passer à un moteur diesel moderne de trente-cinq à quarante chevaux — tel qu'un Yanmar ou un Beta Marine — est une modernisation courante et hautement recommandée qui améliore considérablement la sécurité et les manœuvres dans les espaces restreints. De plus, sur les coques en acier, les propriétaires mettent à nu les anciens revêtements et appliquent des systèmes modernes de traitement époxy multicouche pour assurer une protection durable contre la corrosion galvanique. (1, 7)
The Verdict
Le Bruce Roberts 36 est un voilier hauturier robuste, profondément marin et traditionnel, qui témoigne d'une époque de voyage océanique en autonomie. Ce n'est pas un bateau pour ceux qui privilégient les navigations rapides par petit temps ou les intérieurs modernes et ouverts des voiliers de série contemporains. Cependant, pour les marins à la recherche d'un voyageur de poche solide, confortable et hautement personnalisable, capable d'affronter des conditions difficiles, un Roberts 36 bien construit reste un choix exceptionnellement pratique. Le succès avec ce modèle dépend entièrement de la sélection d'un exemplaire construit avec soin et entretenu de manière méticuleuse, car l'écart entre une construction amateur mal exécutée et un chef-d'œuvre fini par des professionnels est immense. (1, 2, 5)
Points forts :
- Construction de coque extrêmement robuste offrant un haut niveau de sécurité dans le gros temps.
- Mouvement doux et prévisible à la mer avec une excellente tenue de cap.
- Aménagements hautement personnalisables avec un volume intérieur et une hauteur sous barrots massifs pour un bateau de cette longueur.
- Ticket d'entrée abordable pour la croisière hauturière et les traversées au long cours.
- Disponible en plusieurs matériaux de coque et configurations de gréement pour s'adapter aux préférences de chaque propriétaire. (1, 2)
Points faibles :
- Écarts importants dans la qualité de construction, les menuiseries et les systèmes en raison de la nature "construction amateur" du modèle.
- Performances poussives par petit temps, avec une tendance à peiner pour remonter au près serré.
- Les versions en acier exigent une vigilance constante et un entretien important pour prévenir la rouille localisée et la corrosion galvanique.
- Le câblage électrique obsolète ou non standard sur de nombreuses constructions anciennes nécessite une refonte complète.
- Souvent confondu avec la série des Spray 36, plus lente, plus lourde et moins manœuvrante. (5, 7, 8)







