Conception et construction
RM construit ses coques en contreplaqué tout en utilisant le stratifié pour les ponts et les superstructures, et l'890 suit exactement cette division : la coque est en contreplaqué marine imprégné d'époxy, peint avec un fini si brillant que les testeurs l'ont parfois confondu avec du stratifié moulé, tandis que le rouf au-dessus présente des courbes fluides que le simple contreplaqué n'aurait jamais pu offrir. Les coques sont en contreplaqué ; les ponts et les superstructures sont en stratifié. La coque à bouchains n'est pas là pour le style — ces sections plates lui permettent de surfer plus rapidement que la plupart des voiliers dès que le vent fraîchit, et la ligne de flottaison statique étroite associée à des sections avant plus pleines et à une plus grande largeur arrière lui confère une forme facile à faire marcher, avec un ratio déplacement/longueur (D/L) de seulement 111. Comme RM assemble les coques sur des moules de gabarits plutôt que sur des moules mâles, le chantier évite les coûts liés aux moules à emboîter et peut ajuster la forme au fur et à mesure, chaque coque ne nécessitant que trois semaines environ pour être construite. Le contreplaqué marine de première qualité, scellé à l'époxy et au polyuréthane, devrait durer plus longtemps qu'une coque en stratifié classique et reste facile à réparer. (1)
Quille et gréement
Chaque RM propose un choix entre une quille à aileron à bulbe en T avec double safran ou deux quilles à bulbe avec un safran unique, et Lombard a affûté les doubles versions avec un ratio de fletchage plus élevé et un tirant d'eau plus profond que la génération traditionnelle. Les quilles sont boulonnées à travers une structure en acier qui répartit la charge latéralement et longitudinalement, et la version biquille permet au bateau de s'échouer bien droit — un véritable avantage pour la navigation en eaux peu profondes. En haut, le 890 arbore un gréement fractionné à haut niveau avec des barres de flèche longues et bien reculées et des cadènes extérieures, un mât en aluminium Z Spars (option carbone) positionné plus en arrière que d'habitude afin que la grand-voile et la voile d'avant partagent uniformément la surface de voilure. Un court bout-dehors permet de ranger l'ancre et projette un spinnaker asymétrique, tandis qu'une trinquette autoportante sur une drisse à 2:1 sur les barres de flèche supérieures reste une option standard chez RM. La écoute de grand-voile se renvoie sur un chariot de bôme sur toute la largeur juste en avant du tableau arrière, et la barre franche se situe en avant de ce chariot, près des winches primaires intérieurs.
Comportement et Performances
Le magazine Practical Boat Owner a jugé l'890 remarquablement raide à la toile, ne gîtant que rarement au-delà de 15 degrés, sa stabilité de forme provenant du déplacement du centre de gravité sous le vent et d'un lest bas qui maintient sa quille parfaitement droite sans jamais donner une impression de surpression excessive. Les polars pour ce voilier à quille monobloc indiquent 6,3 nœuds à 35 degrés par rapport au vent apparent dans 15 nœuds de brise, et des marins testeurs ont atteint plus de 9,4 nœuds au travers dans 20 nœuds de vent. Il conserve bien son cap lorsqu'il est serré au près et échoue doucement, vire de bord sans hésitation ; la barre reste légère avec seulement une légère accroche à pleine vitesse, bien qu'un testeur ait signalé une direction un peu dure. L'aménagement à barre franche et cockpit s'adapte bien à la navigation en équipage réduit, avec une rallonge Wichard réglable par clic et des hiloires bien inclinées. (1)
Aménagements
À l'intérieur, le 890 présente un plan ouvert en contreplaqué peint blanc sans cabines fermées : une couchette en V à l'avant et une couchette double à bâbord arrière sont séparées par des rideaux plutôt que par des cloisons, et la célèbre « buanderie » de RM à l'arrière des WC à tribord offre un accès aux systèmes et du rangement. Un grand vitrage orienté vers l'avant inonde le carré et la couchette avant de lumière, bien que l'éclairage à l'avant soit modeste et que la hauteur sous barrots ne dépasse pas les 1,80 m sous le capot. Un coffre de dérive accueille les défenses qui ne tiennent pas dans le coffre de cockpit arrière près du radeau de survie, et des rangements ventilés sous les couchettes ainsi que d'abondants mains courantes témoignent de cette approche pratique. Les testeurs reconnaissent que la cuisine est basique et que les finitions manquent du côté luxueux des concurrents de grande série, avec des étagères de rangement un peu rudimentaires et une intimité limitée.
Known Quirks
Les sections de coque plates qui facilitent le surf signifient également que l'890 va parfois taper ou taper violemment lorsqu'il sort d'une vague et atterrit à plat dans un creux. C'est le prix de la conception en contreplaqué et à bouchains, ce qui n'est pas un défaut, mais les acheteurs doivent s'y attendre dans des conditions de clapot au travers.
Le verdict
Le RM 890 est une interprétation moderne et bien pensée du croiseur en contreplaqué : léger, raide à la toile et véritablement rapide pour sa longueur, avec un gréement et un cockpit conçus pour deux personnes, ainsi qu'une coque capable de s'échouer sur ses deux quilles. Il sacrifie l'intimité et les finitions intérieures soignées au profit de l'accessibilité, de la facilité de réparation et de la puissance sous voiles.
Avantages
- Coque facile à mener avec un ratio D/L de 111, capable de surfer et de dépasser les 9 nœuds
- Barre raide et équilibrée avec configuration de barre franche pour équipage réduit
- Carène en contreplaqué-époxy assez fine pour passer pour du composite, simple à réparer
- Option biquille permettant de s'échouer bien droit ; liaison coque-quille sur châssis en acier
Points faibles
- Intérieur à aire ouverte avec une intimité minimale et une cuisine basique
- Sections plates qui tapent lors des descentes dans les creux de la mer
- Hauteur sous barrots modeste et éclairage limité à l'avant



