Conception et construction
La coque est en stratifié massif de fibre de verre posé à la main dans une résine polyester avec un fini gelcoat isophthalique, soutenu par une varangue structurelle en verre collée et stratifiée sur place, ainsi que par un contre-moule en aluminium dans le carré. Le pont moulé par injection est sandwiché avec des panneaux de balsa discontinus, et la quille à lest est en fonte d'acier encapsulée dans de l'époxy. Comparé au 54DS, le 53 présente un rouf à bulles mais avec un profil beaucoup plus bas et élancé, et ses œuvres mortes sont nettement plus basses et moins volumineuses. Les vitrages incurvés emblématiques de Jeanneau se situent sur le rouf, et les ponts recouverts de teck apportent un fini raffiné. Le capot de descente s'enfonce dans le plancher et peut être bloqué à des hauteurs intermédiaires pour la sécurité par gros temps. (2)
Gréement et comportement
Les manœuvres courantes des espars, y compris l'écoute de grand-voile, sont renvoyées sur le rouf, tandis qu'un coffre à réas intégré au fond du cockpit permet de garder le gréement courant bien ordonné. Les chariots de foc sont entièrement réglables depuis le cockpit, ce qui montre que le bateau a été conçu aussi pour naviguer que pour vivre à bord. Les navigateurs d'essai ont trouvé que la coque dessinée par Philippe Briand était facile à faire avancer dans l'eau, tient bien son cap et s'installe dans une belle embase large au près ; la possibilité de régler finement la forme du foc avec ces chariots réglables récompensait le moindre effort par de bonnes performances dans le petit temps. La barre s'est rapidement installée dans une embase large avec un toucher de barre doux et précis ainsi qu'une excellente sensation de barre, bien qu'un testeur ait noté que la barre semblait un peu dure. Le 53 effectuait un tour complet en environ 1,5 longueurs de bateau et s'arrêtait net à deux longueurs de bateau de sa vitesse maximale en marche arrière, avec un recul rectiligne très facile. Au moteur, un Yanmar de 110 ch lui permettait d'atteindre 8,8 nœuds à 3 400 tr/min et 7,4 nœuds à 2 200 tr/min en croisière, tandis que le bruit du moteur restait un bourdonnement discret grâce à une isolation considérable.
Aménagements
L'intérieur est remarquablement polyvalent, proposé en quatre aménagements avec de trois à cinq couchages et de trois à quatre salles d'eau ; le carré et la cuisine restent les constantes. Le carré est lumineux et aéré, avec des banquettes longues des deux côtés, une grande table de carré à tribord aux panneaux rabattables, et une banquette à bâbord qui se transforme en deux sièges de skipper séparés. Une table en C permet d'asseoir jusqu'à huit personnes avec deux chaises élégantes, et une seconde banquette sert de couchette de mer avec un accoudoir dissimulant un coffre à vin. Une luxueuse suite propriétaire peut être placée à l'avant ou à l'arrière ; la version arrière testée offrait une excellente hauteur sous barrots, de la lumière et de la ventilation sous le cockpit, un grand lit en îlot et une salle d'eau privative avec douche. À l'avant, on peut choisir des cabines doubles symétriques ou une petite cabine équipage et une cabine de passage à tribord. La hauteur sous barrots est bien supérieure à 1,80 mètre. La cuisine dispose de larges plans de travail et de rangements, avec deux réfrigérateurs, un micro-ondes, et sur le bateau d'essai un extracteur de fumée et un lave-vaisselle — bien que l'extraction ait limité l'espace dans les coffres.
Known Issues
Les essayeurs ont signalé quelques points faibles pratiques. Le grand bimini au-dessus du winch d'écoute de grand-voile avant rendait le réglage de la voile particulièrement fastidieux sur l'ancre d'essai. Dans l'aménagement avec couchette arrière, la hauteur sous barrots au-dessus du lit double en îlot n'était que de 2 pieds 7 pouces (0,80 m) avec seulement une hauteur debout accroupie devant la couchette, et la ventilation semblait insuffisante avec seulement quatre petits hublots ouvrants. Les hiloires du cockpit sont assez basses, ce qui offre peu de soutien pour les reins lors des assises. (2)
Refits et propriété
Les propriétaires commandant un nouveau bateau pouvaient spécifier une petite cabine équipage à la place du coffre à voiles dédié, ou une cabine de passage à tribord, et la table à cartes dispose d'espace pour l'électronique auxiliaire avec un immense coffre et des conduites d'eau pour lave-linge/sèche-linge derrière elle. Le bateau ne possède pas de garage à annexe arrière comme le plus grand 57. Un robuste double davier d'ancre, un immense coffre à mouillage et un guindeau encastré avec télécommande à la barre simplifient la manipulation du mouillage, tandis qu'une grande hélice repliable tripale et un puissant propulseur d'étrave permettent de quitter les places de port en toute sécurité.
Le verdict
Le Jeanneau Yachts 53 est un croiseur spacieux et bien équipé qui traduit la longueur à la flottaison et les systèmes d'un bateau sur mesure dans une version de série. Son intérieur polyvalent, sa coque facile à mener et son comportement contrôlé sous voiles ou au moteur conviennent aussi bien à la croisière familiale qu'aux voyages prolongés, avec seulement quelques compromis ergonomiques et de ventilation dans certaines configurations de couchettes.
Avantages
- Quatre aménagements interchangeables avec jusqu'à cinq cabines et un carré/cuisine toujours présent
- Coque Briand facile à faire marcher, offrant une barre précise et un espace de manœuvre réduit
- Isolation moteur remarquable et propulseur d'étrave puissant pour des manœuvres de port silencieuses et contrôlées
Les points faibles
- Les hiloires basses du cockpit offrent peu de soutien dorsal
- Le bimini avant peut gêner le réglage de l'écoute de grand-voile
- Les versions aménagées en suite arrière présentent une hauteur sous barrots limitée et une ventilation médiocre










