Conception et construction
La coque est infusée sous vide en E-glass et vinylester sur une âme en balsa stratifié, tandis que le pont est établi à la main et le pont lui-même est dépourvu d'accastillage superflu. Une quille à bulbe verticale en L supporte un aileron en acier inoxydable avec une bulle en plomb montée dans un puits de coque avec une bride en inox, et l'extrémité avant de la quille présente un couteau de type « kelp cutter ». La direction se fait par un safran suspendu en E-glass avec mèche en carbone, actionné par une configuration non extensible de câbles en chaîne et en câble d'acier vers la barre à roue et les réas Articu-lock d'Edson avec des bagues à aiguilles et un frein de roue intégré. Les chantiers CCF Composites à Bristol, Rhode Island, et J Composites à Les Sables d'Olonne, en France, construisent tous deux ce bateau. (1)
La poupe presque verticale avec un élancement minimal maximise la longueur sous voiles, et l'étrave droite suggère presque une touche de comportement à plat vent arrière dans le profil. Avec environ 4 200 kg (9 300 livres), elle pèse près de 900 kg (2 000 livres) de moins que le J/109, ce qui donne un ratio déplacement/longueur (D/L) proche de 119,52 et un ratio surface de voile/déplacement (SA/D) d'environ 23,72. Son maître-bau étroit et son safran profond à fort allongement la rendent facile à contrôler, même lorsqu'elle gîte fortement. (2)
Gréement et manœuvres
Toutes les manœuvres courantes — drisses, bosses de ris, enrouleur et basanerie — sont renvoyées au cockpit, et les bosses de l'étrave rétractable courent vers l'arrière de manière interne jusqu'à un taquet à cam dans le cockpit. Le mât en fibre de carbone autoclavé Hall Spars utilise une technologie de pointe de nanotubes pour augmenter la raideur et réduire le poids sans pénalité financière importante, et il repose sur un gréement en jonc discontinu Nitronic avec un double jeu de barres de flèche en aluminium coniques. Un organisateur de pied de mât évite que les cordages renvoyés ne s'emmêlent.
Le chantier cite une voile d'avant sans recouvrement, et le tambour d'enrouleur Facnor à profil bas est chargé avec des sangles plates plutôt qu'avec un cordage rond pour maintenir la pile de voiles basse. Deux winches self-tailing Harken Radial, un système de chariot de bôme Harken à deux vitesses sur le fond du cockpit et un système d'écoute de foc réglable mettent la puissance des voiles sous le contrôle de vos doigts. Une rainure encastrée dans le fond engloutit les derniers centimètres d'un capot de safran Edson de 60 pouces, et des taquets de pieds stratégiquement placés rendent la barre un plaisir.
Sur l'eau, la coque n°1 a quitté Newport, Rhode Island, et s'est révélée équilibrée et facile à mener au près dans une mer formée modérée. Aux allures portantes, elle s'animait sous une immense voile d'avant en A, facile à manœuvrer, et dans les rafales, elle accélérait comme sur commande. Virer de bord dans le clapot de Newport Neck était un jeu d'enfant, avec un contrôle précis de la barre à chaque instant. (2)
Aménagements
Un intérieur de course épuré permet de gagner du poids et de libérer de la longueur à la flottaison ainsi que de la surface de voilure. Pourtant, sous le pont, le bateau offre une hauteur sous barrots importante — 1,83 m dans le carré principal — et un aménagement simple et confortable avec quatre bonnes couchettes de mer pour la croisière côtière et la régate hauturière. Les finitions intérieures sont simples et élégantes, loin d'être spartiates. Deux couchettes de quart à l'arrière mesurent chacune 2,05 m, le canapé central est de 1,93 m de long, et les options comprennent deux couchettes de mer rabattables. La cabine avant peut accueillir une couchette en V ou être laissée vide pour servir de baille à voiles.
La cuisine dispose d'un évier à double bac, d'une glacière réfrigérée ouverte par le haut et d'une pompe de relevage d'eau douce. Une table à cartes assise à tribord est centrée autour d'un bureau en bois avec un couvercle articulé pour ranger les cartes, et la salle d'eau privative est basique mais équipée d'un meuble lavabo. Un réservoir d'eaux noires est installé.
Power and Systems
Un moteur Yanmar 3YM20 à trois cylindres et quatre temps de 21 chevaux avec Saildrive est installé sous l'échelle de descente dans un caisson moteur moulé et insonorisé, et entraîne une hélice repliable à engrenages Flex-O-Fold de 16 pouces. L'échelle de descente dispose de marches en teck. Un réservoir de carburant de 15 gallons permet de faire face aux sorties occasionnelles le week-end, et un baille à mouillage est dimensionné pour la bosse d'amarrage en aluminium — bien que le balcon avant ne dispose pas d'aucun accès pour l'accrocher et que l'étrave ne porte pas de davier.
Le verdict
Le J/111 est un monotype ciblé qui double en tant que fusée par petit temps et croiseur côtier de week-end sans prétendre être un voilier de voyage complet. Sa coque en balsa infusé, son safran profond et ses commandes intégrées dans le cockpit en font un bateau pour les marins actifs, tandis que l'intérieur dépouillé mais élégant permet de limiter le poids sur la flottaison.
Avantages
- Coque en balsa infusée sous vide avec pont stratifié à la main et safran suspendu sur mèche en carbone
- Toutes les manœuvres de voiles et les bosses de bout-dehors renvoyées au cockpit pour faciliter les manœuvres en équipage réduit
- Mât en carbone avec rigidité par nanotubes et gréement en jonc dans un programme monotype
- Barre équilibrée et rapide avec des virements de bord sans effort et des accélérations fluides
Les points faibles
- Approvisionnement en mouillage minimal : pas de davier ni d'œil de mouillage sur le balcon pour l'ancre
- L'intérieur de course limite la cabine avant à une option de couchette en V ou uniquement à un coffre à voiles
- Le maître-bau étroit de 3,32 m et le tirant d'eau de 2,18 m restreignent les choix de couchettes et d'amarrage








