Conception et construction
Le Bahia 46 incarne la quintessence de la collaboration entre les architectes Joubert-Nivelt et le designer Olivier Flahault, qui ont conjointement façonné un bateau fidèle aux tendances stylistiques de son époque avec des lignes arrondies. Il conserve le rouf et son élancement ainsi que les étraves caractéristiques à « museau pointu » du chantier, tout en adoptant des coques plus larges que celles des modèles précédents de Fountaine Pajot. Ces coques plus larges, plus larges que celles de nombreux catamarans, permettent un passage plus généreux et une circulation plus aisée près des cabinets de toilette. Le 46 est assez grand pour conserver une hauteur sous nacelle raisonnable, une qualité essentielle pour le comportement marin d'un catamaran de croisière. Les lignes sculptées de la coque et du pont ajoutent une touche d'élégance à l'ensemble, et dans Cruising World, les testeurs ont jugé la qualité de construction, l'aménagement et l'utilisation de l'espace impressionnants. (1)
Gréement et comportement
Le gréement du Bahia 46 associe une voile d'avant fractionnée simple sur enrouleur à une grande grand-voile à fourreau à fort rond de chute, dotée de serres et de lazy jacks, une configuration désormais courante sur les catamarans de croisière. Son mât emplanté sur le pont est soutenu par l'étai, deux haubans poussants et deux jeux de haubans en V avec des vérins entre la mèche et la partie supérieure du mât. Le bateau est équipé de miniquilles fixées à ses coques, une caractéristique particulièrement saluée par un testeur pour la tranquillité d'esprit qu'elle procure en cas d'échouage ou de sortie d'eau. Généreusement lourdement voilé avec un ratio surface de voile/poids de 11,71 mètres carrés par tonne, le Bahia affiche des performances qui feraient pâlir bon nombre de multicoques de série modernes. La position de barre centrale plus protégée derrière le rouf convient mieux à un croiseur qu'à un poste de barre exposé, comme l'a souligné Cruising World dans sa critique. (2)
Aménagements et plan de pont
À bord du Bahia 46, le poste de barre central se situe derrière la cabine sur la nacelle, ce qui protège le barreur tout en restant connecté à l'espace de vie du cockpit. Les coques larges facilitent les déplacements intérieurs et un aménagement que les testeurs ont jugé impressionnant pour son utilisation de l'espace. Sur le pont, le Bimini à six colonnes est élégant mais robuste, et l'installation des bossoirs d'annexe est excellente — tout cela témoigne d'un bateau conçu pour la croisière au long cours plutôt que pour une utilisation côtière de week-end.
Équipement et mécanique
Le Bahia 46 est propulsé par deux moteurs diesel Yanmar de 38 chevaux, qui sont bien isolés pour réduire le bruit et les odeurs dans les aménagements. La redondance est réelle : si un moteur tombe en panne, un moteur de rechange est prêt à l'emploi, un avantage considérable pour les traversées hauturières. La capacité de carburant est de 100 gallons avec 220 gallons d'eau et un réservoir d'eaux noires de 20 gallons, des chiffres qui permettent une croisière autonome à longue distance.
Le verdict
Le Bahia 46 est un catamaran de croisière soigneusement conçu qui marie le pedigree du design de multicoque français à une véritable utilité hauturière. Ses coques larges, son poste de barre central protégé et ses moteurs doubles bien isolés en font un sérieux voilier de voyage plutôt qu'un simple objet d'ornement au port, et ses performances sous voiles restent crédibles face à des modèles beaucoup plus récents.
Avantages
- Coques larges offrant des déplacements intérieurs plus faciles et une hauteur sous coque raisonnable
- Barre centrale protégée derrière la cabine du pont de liaison
- Deux moteurs Yanmar de 38 ch avec isolation et redondance moteur
- Grand-voile à lattes pleines à grand rond de chute avec voile d'avant sur enrouleur fractionné
- Robuste Bimini à six pieds et excellents bossoirs d'annexe
Inconvénients
- La configuration à miniquille sacrifie un peu d'agilité au près pour la simplicité
- Le déplacement modéré limite la charge absolue par rapport aux croiseurs modernes plus lourds





