Conception et construction
La coque intègre un lest de quille encapsulé et une longue quille à aileron associée à un safran sur skeg séparé, une configuration qui le distingue du Contessa 26 à quille longue dont il a suivi les traces. Des élancements modérés, un tableau arrière inversé sur un court hiloire et une ligne de tonture élégante donnent au 32 un profil que les observateurs de l'époque décrivaient comme ni moderne ni désuet. Comparé à beaucoup des plans d'aujourd'hui à large bau, le Contessa 32 présente une surface mouillée relativement faible, conséquence de son maître-bau de 9 pieds 6 pouces et d'une longueur à la flottaison de 24 pieds pour une longueur hors-tout de 32 pieds. Son déplacement de 9 500 lb porte un lest en plomb de 4 500 lb, un ratio qui sous-tend les chiffres de stabilité pour lesquels la classe est réputée. (1)
Gréement et comportement
Le bateau est gréé en sloop en tête avec une grand-voile à fort allongement et un grand génois à recouvrement, et il a longtemps été réputé pour sa capacité à remonter au vent dans la brise. Écrivant dans Yachting Monthly, un propriétaire l'a décrite comme un bateau rapide au près et un excellent dériveur de ris, notant qu'il gîte mais ne s'incline pas trop, ce qui permet de garder le cockpit sec. Ce pedigree au près a été éprouvé lors de la Fastnet Race de 1979, où le Contessa 32 a été le plus petit voilier à finir la course et, en Classe V, l'un des seuls 58 concurrents à terminer — Assent, un Contessa 32. L'enquête officielle de la RYA sur ce désastre a utilisé la courbe de stabilité du Contessa pour illustrer la sécurité maritime. L'angle de stabilité zéro est de 156°, et si le bateau est retourné par une vague déferlante, il lui suffit d'être roulé de 24° par une vague suivante pour retrouver sa stabilité de redressement. Pour beaucoup de propriétaires, c'est le croiseur indestructible type « va partout », avec à son actif de remarquables traversées océaniques dans les hautes latitudes des deux hémisphères. (2)
Known Issues
La même forme de coque qui la rend raide à la remontée au près impose des compromis aux allures portantes. Le bateau a la réputation de rouler lorsqu'il navigue au vent arrière dans une brise soutenue, avec une tendance prononcée à tanguer et un petit safran qui peut rendre le contrôle difficile dans ces conditions. Les propriétaires admettent qu'il s'agit d'un bateau humide — naviguer au près dans des conditions de tempête est une expérience très mouillée, le prix à payer pour ces bonnes performances au près. Ce sont là des caractéristiques acceptées plutôt que des défauts, et elles positionnent le voilier comme étant destiné aux marins qui privilégient la sécurité en mer au confort.
Aménagements
Sous le pont, le Contessa 32 n'est pas conçu pour maximiser l'espace de vie au port. Comparé à un 32 pieds moderne, l'intérieur est nettement plus petit, conséquence inéluctable de la maître-bau étroite, et la hauteur sous barrots se limite à un peu plus de 1,50 m dans la salle d'eau qui sépare le carré de la petite cabine avant dotée d'une couchette en V double. Au pied de la descente, on trouve à tribord une véritable table à cartes d'Amirauté de taille standard avec un rangement raisonnable, et derrière celle-ci une fine couchette de quart dont les WC servent de siège de navigateur. En face, la cuisine en U tire pleinement parti de l'espace limité et est idéale pour être utilisée en mer ; les modèles plus récents et certains bateaux modernisés bénéficient d'une configuration améliorée avec deux éviers et un grand plan de travail pratique. Le carré lui-même est de bonne taille, avec des banquettes de plain-pied sur chaque côté et une grande table centrale, des rangements à l'extérieur des banquettes et dans des étagères au-dessus.
Refits et propriétaires
La production s'est poursuivie jusqu'en 1983 avec environ 600 unités construites lors de cette première série au Royaume-Uni, sans compter une autre centaine de 80 ou 90 bateaux construits au Canada, puis a repris en 1995 pour des ventes plus modestes depuis. La classe bénéficie d'un usage institutionnel important — les Contessa 32 ont été utilisés pendant de nombreuses années pour la formation à la voile, avec de grandes flottes au sein de l'ancien National Sailing Centre à Cowes et du Joint Services Sailing Centre basé à Gosport. Les régates monotype restent actives, et le premier jour de la récente Cowes Week, les deux premiers bateaux ont terminé à seulement six secondes d'écart après près de quatre heures de course, ce qui témoigne à la fois de la proximité de la flotte et de la durabilité du plan d'origine.
Le verdict
Le Contessa 32 est un modèle véritablement durable : un croiseur-régatier hauturier des années 1970 qui a gagné sa réputation de marin dans le Fastnet et a passé un demi-siècle à prouver qu'il pouvait être à la fois un concurrent redoutable en monotypie et un voyageur hauturier. Les compromis sont clairs et acceptés — un bateau petit, humide, instable au portant et orienté vers l'intérieur, qui pénalise ceux qui recherchent le volume d'un port — mais pour le marin qui privilégie les performances au près, la stabilité et une classe qui régate encore de manière très serrée, peu de voiliers de 32 pieds offrent autant de preuves de concept.
Les points forts
- Angle de stabilité nulle de 156° avec redressement automatique à partir d'un roulis de 24° après inversion
- Classe monotype de course préservée avec des flottes actives au Royaume-Uni
- Historique de voyage éprouvé dans les hautes latitudes aux deux hémisphères
- Le lest de quille encapsulé et le safran sur skeg protègent la mèche de safran
Points faibles
- Intérieur étroit avec une hauteur sous barrots limitée par rapport aux voiliers de 32 pieds modernes
- Navigation humide au près dans la brise soutenue
- Rolling prononcé et contrôle difficile du safran au portant dans la brise forte












