Conception et héritage de course
Le cahier des charges du Cav32 était délibérément biculturel : une coque dotée d'un réel potentiel de course capable d'effectuer des campagnes en eaux côtières et hauturières tout en offrant des aménagements de croisière adaptés à une famille. Cette ambition n'était pas un simple slogan. Le bateau s'est bien battu en course au large sous la jauge de demi-tonne, et peu après son lancement, le gréement a été raccourci pour respecter la règle de la demi-tonne, avec un mât et une bôme coupés. Au milieu des années 1970, le Cav32 a accumulé plusieurs victoires dans cette classe, et une équipe de skippers de la Royal New Zealand Yacht Squadron les a menés aux côtés de la Royal Sydney Yacht Squadron à Auckland et à Sydney. Remarquablement, au cours de trois décennies de régates monotype, la classe n'a jamais enregistré le moindre protestation. (1)
Construction et comportement marin
La coque est en stratifié de fibre de verre drapé à la main avec une âme en balsa de bout de fil — un précurseur de la construction en sandwich de fibre de verre pour son époque. De l'extérieur vers l'intérieur, le stratifié commence par un gelcoat renforcé par un mat de 1 oz, puis un tissu de 10 oz et deux couches de mat de 2 oz ; le balsa mesure 19 mm d'épaisseur dans les fonds et 13 mm au-dessus de la ligne de flottaison, contre-plaqué par un mat de 2 oz et une couche d'impact en rove tissée de 24 oz. Tous les fixations de pont sont contre-plaquées en bois et stratifiées, et la liaison coque-pont est collée à l'époxy, rivetée à chaque six pouces avec des rivets en Monel et des boulons en acier inoxydable, puis stratifiée pour former un ridoir aussi épais que la coque elle-même. Les premiers bateaux de Peter Smith accordaient une attention particulière à la prévention de l'osmose. Le récit du voyage de livraison du Tingara en 1975 — sous la direction du skipper Peter Smith lui-même — résume parfaitement cette structure : pris dans des vents soutenus de 100 mph avec des rafales de 120 nœuds au large de Castlepoint, naviguant à la toile nue, subissant des départs d'écoutes répétés et des chavirages, le bateau a conservé son gréement en place et a atteint Wellington humide mais intact.
Gréement, comportement et performances
Sur l'eau, le Cav32 s'est fait une réputation de rapide, réactif et remarquablement performant au près, avec une bonne accélération. La quille à aileron offre une maniabilité splendide, bien que moins de stabilité de route qu'une quille longue. Un ratio lest/déplacement de 50 % et une coque à déplacement lourd avec une surface mouillée modérée lui permettent de porter toute sa toile bien après que d'autres bateaux doivent prendre un ris ; lorsqu'un coup de vent se lève, il fonce plutôt que de se mettre à la gîte et de lutter pour se redresser. Il est rapide aux allures portantes et peu sujet au départ au lof, se comporte bien à tous les régimes de vent et conserve son cap en glissant dans le petit temps. La barre est extrêmement légère, et le bateau est bien équilibré et simple à manœuvrer. Le ratio de risque de chavirage de 1,87 lui permettrait de concourir en course au large rien que sur ce critère, et son ratio lest/déplacement se situe au-dessus de 90 % des plans comparables, offrant une très grande résistance à la gîte.
Aménagements
Les premiers testeurs ont été impressionnés par l'intérieur volumineux, qui offrait jusqu'à huit couchages avec une hauteur sous barrots de 1,85 m (6 pieds 1). La largeur de 2,97 m (9 pieds 9) et la longueur à la flottaison de 7,30 m (24 pieds) offrent un aménagement de croisière spacieux et familial, loin des intérieurs dépouillés d'un voilier de course. Cet équilibre — coque taillée pour la course en dessous, cabine de croisière pratique au-dessus — correspond exactement aux objectifs du concepteur d'origine.
Problèmes connus et points d'inspection
Une forte tension du gréement est nécessaire pour préserver la capacité du bateau à remonter au vent, et certains propriétaires ont trop serré les écoutes, provoquant de l'usure. Les terminaux de câbles, les vis de gréement, les cadènes et le mât lui-même doivent tous être inspectés, tout comme les genoux de cadènes — bien conçus mais soumis à de fortes contraintes. Examinez les liaisons coque-plein de pont pour détecter tout jeu, en particulier sur la cloison principale. L'emplanture de safran nécessite une attention particulière pour l'usure dans l'alésage de l'arbre et le jeu de la barre franche ; en eau salée, certains arbres de safran en bronze perdent leur zinc et révèlent un dépôt poudreux rosâtre sur le métal. Des bateaux construits ultérieurement sous licence ont signalé des cas d'osmose, contrairement aux premières coques construites par Smith.
Le verdict
Le Cavalier 32 est considéré comme l'un des voiliers de croisière de série les plus réussis de la Nouvelle-Zélande, et pour certains, son meilleur. C'est un bateau de voyage confortable et fiable que beaucoup ont emmené à travers le Pacifique Sud et quelques-uns autour du monde. Il associe un véritable pedigree de course de demi-tonne à un intérieur de croisière spacieux et robuste, ainsi qu'une coque qui s'est imposée dans des conditions extrêmes.
Les points forts
- Structure hauturière éprouvée avec coque stratifiée à la main en sandwich balsa et liaison coque-pont robuste
- Performances de vainqueur sous la jauge des 500 kg avec une barre légère et équilibrée
- Intérieur spacieux offrant jusqu'à huit couchages avec une hauteur sous barrots proche de 1,80 m
- Résistance exceptionnelle à la gîte grâce à un ratio de lest de 50 %
Points faibles
- La quille à aileron sacrifie un peu de stabilité de route au profit de la manœuvrabilité
- Signalements de risques d'osmose sur les derniers bateaux construits sous licence
- Gréements trop tendus par des propriétaires recherchant la performance dans le vent nécessitent une expertise minutieuse










