Conception et construction
Dick Carter a conçu le Carter 33 en 1972 comme un Carter 30 agrandi, selon ses propres mots dans Yachting Monthly, et cette filiation se traduit par une coque qui équilibre le volume d'un croiseur avec les proportions d'un voilier de régate. Le bateau est un monocoque doté d'une quille à aileron et d'un safran sur skeg, avec une LHT de 9,9 m (32 ft 7 in) pour une longueur à la flottaison de 7,9 m (25 ft 9 in), un maître-bau de 3,4 m (11 ft 2 in) et un tirant d'eau de 1,7 m (5 ft 5 in). Son déplacement est de 10 318 lb pour un lest en plomb de 2 860 lb, soit un ratio lest/déplacement de 38 % qui lui confère une assiette stable et douce à la mer sans tomber dans la lourdeur des déplacements excessifs. Ce que la fiche technique ne montre pas, c'est l'évolution du matériau : les premières coques utilisaient beaucoup de contreplaqué dans le cockpit, tandis que les suivantes ont été construites entièrement en fibre de verre, un changement signalé par Yachting Monthly et qui importe davantage pour l'expertise d'un bateau d'occasion que pour ses qualités marines sous voiles. (1)
Gréement et comportement
Deux gréements étaient proposés, et le choix définit le caractère du bateau. Un gréement de régate de 50 mètres carrés performe bien, tandis que le gréement de croisière plus court de 45,5 mètres carrés est plutôt sous-toilé et souffre d'une barre ardente dans le petit temps. Cette barre ardente est la faiblesse caractéristique du gréement de croisière — un bateau qui a tendance à abattre dès que le vent tombe est fatigant au travers et il convient de le savoir avant de s'engager sur ce plan de voilure plus réduit. Au moteur, plusieurs Carter 33 ont été construits avec l'arbre d'hélice décentré, ce qui provoque une barre molle à la roue, un défaut propre à certains carènes et non à la classe dans son ensemble, mais qui sera immédiatement mis en évidence lors d'un essai en mer.
Aménagements
Sous le pont, le Carter 33 propose un aménagement de cabine classique des années 1970 avec sept couchettes, offrant beaucoup d'espace pour son prix compte tenu de sa largeur de 11 pieds. La cuisine se trouve à bâbord, la table à cartes à tribord et les cabinets de toilette sont situés en avant du mât — une configuration de croisière simple qui place les postes de travail là où l'on s'y attend lors d'un quart, tout en conservant les couchages à l'arrière et au milieu du bateau. Il s'agit d'un aménagement d'époque, pas d'un carré moderne à plan ouvert, mais le volume est réel.
Propriété et points à surveiller
Une expertise approfondie est indispensable pour tout Carter 33, et les acheteurs potentiels feraient bien d'exiger une essai en mer avant de conclure l'affaire — l'arbre hors-bord décalé, le cockpit en contreplaqué des premiers modèles et le gréement de croisière à barre ardente sont autant de points qu'il vaut mieux ressentir et mesurer plutôt que de prendre à la lettre. Si vous trouvez un bon exemplaire, il vous protégera sur l'eau, ce qui est la garantie silencieuse qui permet à ces bateaux de circuler dans la Méditerranée plutôt que de disparaître.
Le verdict
Le Carter 33 est un véritable croiseur-régatier européen de première production, bénéficiant de la crédibilité architecturale de Carter, d'un volume réel sous le pont et d'une gamme de gréements qui vous permet de l'orienter vers la vitesse ou la simplicité. Le gréement de régate est plus vif ; le gréement de croisière demande de la patience dans le petit temps. La structure précoce du cockpit en contreplaqué et l'arbre d'hélice parfois décentré sont les points à surveiller, mais un exemplaire expertisé et éprouvé au large s'avère être un candidat sérieux pour le voyage hauturier.
Les points forts
- L'un des premiers voiliers européens produits en série, avec un palmarès de course signé Dick Carter
- Aménagement généreux offrant sept couchages et un volume important pour cette longueur
- Le gréement de course performant ; la coque à quille à aileron et lest en plomb offre une grande stabilité au large
Points faibles
- Le gréement de croisière est sous-motorisé avec une barre ardente dans le petit temps
- Les premiers bateaux utilisaient beaucoup de contreplaqué dans le cockpit ; les versions ultérieures sont entièrement en fibre de verre
- Certains coques ont une ligne d'arbre décalée et barrent lourdement au moteur










