Conception et construction
Le 430 est le premier Ovni à bénéficier d'un bouchain supplémentaire dans la carène, une modification qui réduit la surface mouillée et, associée à des tôles de fond plus épaisses, marque un changement de stratégie de construction. Alubat a adopté ce qu'il appelle une construction « semi-épaisse » pour ce modèle, utilisant 10 mm d'aluminium pour la tôle de fond, 8 mm pour le reste de la coque, et 6 mm pour le pont et le rouf, alors que l'Ovni 400 précédent et ses frères utilisaient des tôles d'alliage de 8 mm partout. Le bouchain supplémentaire et une réduction de 9 cm du franc-bord abaissent le centre de gravité et confèrent au 430 une meilleure stabilité que les modèles précédents, tandis que les deux tiers avant de la coque ont été élargis pour augmenter la stabilité de forme et permettre d'élargir le rouf avant de 235 mm sans sacrifier la largeur du pont latéral. (2)
Des doubles safrans inclinés sont montés très à l'extérieur sur le nouveau bouchain et sont délibérément courts avec un faible allongement afin que le voilier puisse s'échouer sur son fond plat ; la barre a été repensée pour offrir une réponse plus directe. Un système de cordages relève la dérive plutôt qu'un système hydraulique, et un propulseur d'étrave en tunnel remplace l'ancienne dérive rétractable. Sur le pont, les finitions sont de qualité : les soudures sont meulées et lisses, la peinture est soignée, les hiloires sont profondes, des mains courantes métalliques solides sont installées à hauteur de taille, il y a de nombreux coinceurs et un grand et profond baille à mouillage. Le tableau arrière porte un portique de poupe et un cockpit ouvert avec des passavants larges et accessibles ainsi qu'un double poste de barre.
Gréement et comportement
En standard, le 430 porte une grand-voile classique à tête étroite de 44 m², avec une option de grand-voile à tête carrée de 52 m² qui nécessite des bastaques ; les barres de flèche bien reculées offrent un excellent soutien au gréement lors des virements de bord dans le petit temps. Les haubans sont renvoyés sur des cadènes en aluminium soudées à l'extérieur de la coque, tandis que les bas-haubans se terminent sous le rouf pour laisser un passage libre sur le pont latéral. Un spi sur enrouleur à réglage permanent ou un jeu de voiles volantes amovibles est proposé, et la bôme est positionnée légèrement plus bas avec des voiles d'avant affalées plus bas pour augmenter la surface sans augmenter la prise au vent. La écoute de grand-voile utilise des systèmes miroirs à bâbord et à tribord renvoyés sur le rouf plutôt que sur l'arceau de poupe.
En navigation, les marins d'essai ont trouvé une barre franche, réactive et prévisible, même à deux nœuds de vitesse au mouillage, et par six nœuds de vent réel, la coque marchait régulièrement un peu plus de quatre nœuds — soit environ 70 % de la vitesse du vent. La dérive de 700 kg se relève sur le treuil électrique de la descente tribord, qui sert également la drisse de grand-voile, et des chariots de guindant sur roulements facilitent la prise de ris ; le bateau d'essai utilisait un système à une seule ligne pour les deux premiers ris avec des bosses de ris séparées pour le troisième. (2)
Aménagements
Sous le pont, le 430 propose un carré classique ou une nouvelle option de salon de pont avec une zone de repas surélevée offrant une vue à travers les vitrages du rouf ; la version classique limite la vue d'un passager assis à une seule fenêtre de coque par côté. Les deux aménagements partagent une table à cartes surélevée avec le même panorama, un carré décalé à bâbord pour la circulation à l'avant, et une grande cuisine en long à tribord avec de bons rangements et un plan de travail. Une salle d'eau généreuse avec douche séparée et une grande cabine propriétaire complètent l'aménagement, tandis qu'une zone technique à l'arrière des WC abrite une couchette double sur une base en aluminium qui fait également office d'établi et donne accès aux équipements électriques et au groupe électrogène. Un doghouse en aluminium massif optionnel protège le poste de barre, et un doghouse sous le pont étend la visibilité abritée.
Équipement et propulsion
Le moteur standard Volvo Penta D2-50 de 50 ch avec ligne d'arbre côtoie une option hybride vue pour la première fois sur le bateau d'essai : un parc de batteries lithium-ion phosphate de 28,8 kW, un groupe électrogène diesel Fischer Panda de 11 kW pour l'extension d'autonomie, 900 W de panneaux solaires et une régénération de 300 W à 4,5 nœuds sous voiles. Avec seulement 3,3 kW de propulsion électrique, le voilier a plus que doublé sa vitesse pour atteindre 4,4 nœuds dans le petit temps, bien qu'il ait fallu 22 kW pour dépasser les six nœuds — un peu plus d'une heure d'autonomie purement électrique à ce rythme. Trois winches électriques, dont les deux principaux, minimisent les efforts.
Le verdict
L'Ovni 430 affine une formule éprouvée de croiseur en aluminium avec une structure plus intelligente et une manœuvrabilité facilitée, tout en conservant le caractère de faible tirant d'eau et d'échouage qui définit la marque.
Avantages
- Le bouchain de carène supplémentaire et les tôles à demi-épaisseur abaissent le centre de gravité et améliorent la stabilité
- Dérive haute offrant un tirant d'eau de 0,85 m pour le beaching et l'accès aux zones peu profondes
- Barre directe et prévisible à très faible vitesse
- L'option salon de pont transforme la visibilité assise
- Les winches électriques et le système de relevage rapide de la dérive par câble réduisent l'effort de l'équipage
Points faibles
- Le régulateur d'Allure Oceanvolt manque de sensations classiques selon les premiers propriétaires
- Le gréement à tête carrée ajoute des bastaques et de la complexité
- Les safrans à faible allongement et le fond plat privilégient l'échouage au sec plutôt qu'un équilibre à haute vitesse

