Conception et construction
Ce qui distingue le Seascape 18 de la lignée des modestes voiliers transportables, c'est sa philosophie de carène. La forme rappelle celle d'un skiff de 49er, avec de grandes surfaces de planing à l'arrière et une étrave à résistance minimale ; l'arrière large offre une excellente stabilité de forme, permettant au bateau de porter un plan de voilure sportif sans traîner. Plutôt qu'une dérive sabre, il est équipé d'une quille pivotante longue et à fort allongement avec 125 kg de lest — soit environ 26 % du poids du bateau — ce qui élimine le besoin d'un gymnase au trapèze tout en permettant de remonter jusqu'à un tirant d'eau de 15 cm pour les navigations peu profondes. La flottabilité est intégrée : le bateau est positivement léger, autovideur et autorégulateur, ce qui garantit qu'il restera à flot en cas d'infiltration. L'ensemble du système de bout-dehors pour prendre un ris se situe sur le pont, empêchant l'eau d'entrer dans la cabine, et les pales du safran se soulèvent verticalement dans leurs mèches pour faciliter grandement le mise à l'eau et le rappel. (1)
Gréement et comportement
Le gréement est simple mais tout à fait moderne. Un mât en carbone de 14 kg sans barres de flèche est soutenu par un simple étai et des haubans simples, et son poids plume le rend facile à établir. La grand-voile à tête carrée et le gréement en carbone donnent au bateau son image sportive, tandis que les poulies sur roulements à billes Ronstan maintiennent l'accastillage simple et bien positionné. Sur l'eau, les navigateurs d'essai ont trouvé un voilier facile à faire marcher dans le petit temps, avec une accélération sensible dans les rafales de trois à six nœuds là où un voilier transportable classique ne bougerait presque pas. Sous spi asymétrique dans 17 à 22 nœuds, il déjaugeait et tenait un cap stable de 11 à 12 nœuds aux allures portantes, atteignant 15 nœuds, avec une vitesse maximale enregistrée à ce jour de 24,3 nœuds dans environ 30 nœuds de vent. Au près, il tournait autour de 5 nœuds tout en bien remontant au vent, et les doubles safrans offraient une excellente accroche. Avec un bateau aussi léger, deux personnes peuvent facilement contrôler la remorque sur une rampe de mise à l'eau modeste, et le choc de la quille contre le fond ne provoque aucune arrêt brutal.
Aménagements
C'est un bateau sur lequel on dort plutôt que sur lequel on croise. La cabine avant dispose de deux couchettes sur toute sa longueur adaptées aux grands gabarits, et la cabine peut être fermée sous voiles avec une capote en néoprène à la place du panneau de pont en fibre de verre. Pour les nuits en mode camping, les drosses de cockpit se démontent pour créer une large zone de couchage plate sous une tente de cockpit, et l'aménagement est tout à fait suffisant pour une nuit occasionnelle passée sur une plage. Il n'y a aucune autre trace de luxe : le moteur hors-bord, sur son support optionnel, doit être fixé autour du poteau de compression dans la cabine. Pour naviguer, cinq personnes peuvent tenir dans le cockpit pour une promenade tranquille, tandis que pour réserver, il faut un équipage de trois personnes, et deux personnes sont largement suffisantes pour la manœuvre quotidienne.
Équipement
Les voiles fournies avec le bateau sont en stratifié Pentex assez lourd, comprenant des voiles d'usage Pentex et un gennaker standard de 32 m² ; une voile d'avant sur enrouleur est installée pour le confort en croisière. L'embout avant du bout-dehors porte un anneau pour l'entrée d'un tube de largage de taud, et la plupart de l'accastillage provient de Ronstan. Le cockpit occupe la majeure partie du bateau, avec peu d'obstacles, une position assise naturelle sur le hiloire, et des sangles de rappel installées pour l'équipage.
Le verdict
Écrivant dans Practical Boat Owner, les chroniqueurs l'ont qualifiée de « fantastique voilier transportable léger », et la description est juste : un European Yacht of the Year en 2010 qui résume le comportement d'un bateau de sport dans un ensemble de 1 036 lb que vous pouvez mettre à l'eau à la main. Ce n'est pas un croiseur, mais en tant que racer-camper, il est cohérent et bien pensé.
Les points forts
- Le gréement en carbone et le mât sans barres de flèche facilitent les manœuvres de mise à l'eau et de transport sur remorque
- Les doubles safrans et la dérive relevable offrent un faible tirant d'eau avec des performances réelles
- Flottabilité intégrée, autovideur et auto-redressable pour une grande tranquillité d'esprit
- Déjauge facilement et atteint 24,3 nœuds dans la brise soutenue
Les points faibles
- Cabine spartiate sans aucun confort et rangement de l'outboard in-bord peu pratique
- Plus de caractère de bateau de sport que de voilier transportable — confort limité pour la croisière au long cours
- Les limitations de la catégorie C de la CE ont des conséquences sur les zones hauturières




