Conception et construction
Le 10M s'inscrit dans la philosophie de croiseur-régatier de Pearson, mais se rapproche un peu plus du côté régatier que beaucoup de ses contemporains de la même époque. Ce caractère se traduit par des chiffres précis : un déplacement de 12 441 livres pour une longueur à la flottaison (LWL) de 28,3 pieds, un ratio lest/déplacement de 44 % grâce à 5 445 livres de plomb, et un ratio surface de voile/déplacement proche de 15,6, ce qui le place parmi les régatiers modérés de sa catégorie de déplacement. La coque est en stratifié de fibre de verre monobloc posé à la main avec des cloisons stratifiées, tandis que le pont et le cockpit sont réalisés en stratifié monobloc séparé utilisant une âme en balsa pour la rigidité et l'isolation. À la jonction des deux, le chantier a utilisé pas moins de trois méthodes de fixation, complétées par une liaison mécanique et un recouvrement en fibre de verre pour garantir l'étanchéité, une approche de type « corsetage » typique de la mentalité de production de Pearson à l'époque de Shaw. (1)
Gréement et comportement
Le 10M est un sloop en tête avec un mât en alliage 6060-T6 conique emplanté à travers le pont, des barres de flèche en aluminium et un gréement dormant en acier inoxydable 1x19 avec des ferrures soudées. Deux winches de foc chromés Lewmar de type No. 43 et un chariot de bôme surélevé sur la nacelle géraient la surface de voilure standard de 524 pieds carrés, tandis qu'une paire de winches de drisse Lewmar de type No. 8 servaient le mât sur sa piste intérieure. Avec une quille à aileron calant environ 5,9 pieds et une vitesse de coque théorique de 7,1 nœuds, le bateau équilibre un ratio de risque de chavirage de 1,90 et un ratio de confort situé autour de 25, une combinaison que les données d'expertise ont classée comme plus confortable que 58 % des modèles comparables. Les mêmes données indiquent que le bateau porte légèrement moins de gréement que 27 % des voiliers similaires, suggérant qu'il est un peu sous-toilé pour son déplacement dans le petit temps.
Aménagements
Sous le pont, le 10M utilise son maître-bau de 11 pieds pour offrir sept couchages sans paraître étroit — une comparaison de base de données l'a jugé plus spacieux que 69 % des plans similaires. Le rouf à profil bas permet de conserver une excellente visibilité depuis la barre tout en préservant la hauteur sous barrots à l'intérieur. À l'avant se trouvent une cabine avant en V avec coffre à réserve, un coffre à suspendre à tribord et un capot de descente translucide ; les WC sont situés à bâbord, équipés d'un carrelage en fibre de verre, d'un ventilateur Dorade sur le rouf et d'un éclairage au plafond avec miroir. Le carré principal abrite une couchette double escamotable à bâbord et des couchettes haute et basse à tribord, avec une table rabattable à abattants qui se range contre la cloison avant pour révéler des étagères en teck. À l'arrière à bâbord se trouve une couchette de quart avec un centre de navigation attenant, une table à cartes relevable et un accès aux équipements électroniques — une concession inhabituelle au navigateur sur un voilier de 33 pieds. La cuisine en L à tribord associe un évier en acier inoxydable avec pompe à pied, une glacière à chargement par le haut et une cuisinière à alcool à deux feux sur cardans avec des tiroirs et des vaigrages coulissants. (1)
Équipements et systèmes
La fiche technique d'origine était centrée sur un moteur à essence quatre cylindres de 30 chevaux en ligne directe, un alternateur de 35 ampères et une ligne d'arbre en bronze Tobin passant par un presse-étoupe. Deux réservoirs d'eau en fibre de verre de 20 gallons se situent sous les couchettes de la cabine principale, et un réservoir de carburant en Monel de 20 gallons se remplit par le dessous du plancher du cockpit. Le réseau électrique utilisait deux batteries de 12 volts et 90 ampères, un câblage en cuivre tressé codé par couleur installé très haut au-dessus des fonds, et un système de mise à la terre collée reliant les cadènes, les vannes de passe-coque, le moteur et les réservoirs. Un cockpit autovideur, des bailles à voiles à bâbord et à tribord avec des dalots moulés, et une coquerette complètent le pont de survie, tandis qu'une pompe de cale manuelle et une ventilation du compartiment moteur assurent la sécurité.
Le verdict
Le Pearson 10M est un croiseur-régatier dessiné par Shaw qui a sacrifié un peu de confort de lest de croisière au profit d'une coque de 33 pieds plus rapide et spacieuse, dotée d'un véritable poste de navigation fonctionnel et d'une liaison coque-pont rigoureusement construite. Ce n'est pas un régatier léger, mais son déplacement modéré et sa configuration à quille à aileron restent très vivants aujourd'hui.
Avantages
- Conception de Bill Shaw offrant un équilibre croiseur-régatier orienté vers la régate
- Pont en sandwich balsa et liaison coque-pont triplement fixée pour la rigidité et l'étanchéité
- Centre de navigation avec couchette de quart rare à cette longueur
- Intérieur spacieux propulsé par sa largeur offrant sept couchages
Les points faibles
- Moteur auxiliaire à essence et capacité de carburant modeste de 20 gallons
- Légèrement sous-toilé par rapport à des contemporains légers similaires
- A peine une douzaine d'unités construites au cours des deux dernières années de production, ce qui limite l'offre sur le marché de l'occasion







