Conception et construction
Phil Morrison a dessiné des lignes de coque modérées pour le 5000, et le chantier Laser a construit et équipé la coque lui-même. La construction suit la philosophie établie du Laser d'utiliser un stratifié massif avec des renforts en fibre de verre tissée et coupée dans une résine polyester, tandis que le pont intègre une âme en sandwich mousse ; les appendices ont été produits dans des moules femelles au sein même du chantier Laser. Cette approche en stratifié massif rend le bateau plus lourd qu'un équivalent entièrement en sandwich, mais elle se traduit par une grande durabilité, et un prototype de pré-production ressemblait beaucoup à un bateau neuf après de nombreuses semaines de navigation intensive. Le système d'équilibrage composé de poulies réglables et de poids de correction a éliminé en grande partie l'apport physique de l'équipage dans la formule de victoire, les poids d'équipage combinés entre 130 et 170 kg étant compensés par une règle linéaire échangeant 1 kg de plomb contre 1 kg de poids d'équipage.
Gréement et plan de voilure
Proctor fournit le gréement et Hyde confectionne les voiles, avec une grand-voile en Dacron/Mylar lourd portant cinq lattes sur toute sa hauteur et un foc en Dacron de 5,5 onces sur un avaleur Harken. Le spinnaker utilise un tissu Polyant Elastic très durable, et la grande fermeture éclair d'un sac à spinnaker avec un ouvreur élastique monté sur bôme demande un peu d'habitude. Le contrôle est superbe : l'écoute de grand-voile, le cunningham et la sangle de rappel sont faciles à attraper, tandis que les réglages Stay-lok sur les bas-haubans permettent de modifier l'inclinaison du mât avant le départ. L'écoute de foc 2:1 s'est révélée facilement réglable même sous forte charge, bien qu'une embase sur l'avant du mât rende difficile le réglage de la tension du gréement depuis l'eau, et la bordure sous bôme est presque totalement non réglable. (1)
Comportement et performances
Avec une surface de voilure généreuse, le 5000 se montre performant dans le petit temps, déjaugeant pleinement dès cinq ou six nœuds de vent. Un safran bien équilibré offre un contrôle précis au bout des doigts, et les testeurs ont constaté que le bateau ne leur échappait jamais, même par 22 nœuds de vent. Au près en ligne droite, il est relativement facile à mener, et passer sur les halebas ne pose aucun problème aux marins de taille moyenne. En revanche, virer de bord et tourner au près exigent confiance et coordination de la part de l'équipage ; le bateau peut sembler intimidant face à son immense gréement, ses accélérations fulgurantes et ses larges ailes. La stabilité statique est plus que suffisante sans aucun défaut à haute vitesse, mais ce n'est pas un bateau pour les faibles ou les timides.
Known Issues
L'axe inférieur du safran sur le bateau d'essai s'est rompu en navigation après que les fixations standard des fémelots inférieurs ont cédé, un problème que l'expert s'attendait à ce qu'il soit résolu en série. La dérive sabre est logée sous le sac de stockage du kite et est pratiquement impossible à régler à la voile ; sur le bateau d'essai, elle faisait un bruit de bourdonnement très fort au grand largue. Les cordages dans le fond du bateau avaient tendance à ressembler à un nid d'oiseau s'ils n'étaient pas bien organisés, et hisser le kite par vent faible nécessite de mettre plein vent arrière. (1)
Ownership and Refits
Le 5000 est essentiellement un bateau simple et sans fioritures, et l'entretien doit être minimal et limité en quantité. À l'exception du gréement et des appendices, toutes les pièces principales sont transportées en état de montage complet, et le matage du mât haut est facilité en calant la emplanture sur l'embase avec le profil posé sur le tableau arrière. Le circuit de régate sponsorisé par le constructeur, soutenu par Audi, a davantage défini le modèle monotype moderne que le bateau a contribué à établir dans le paysage des dériveurs au Royaume-Uni.
Le verdict
Le Laser 5000 est un skiff de haute performance sérieux qui a démocratisé la régate à double trapèze grâce à une répartition intelligente des poids et à une discipline monotype, mais il exige un équipage athlétique et coordonné et ne tolère pas la plaisanterie. Le passage du prototype à la production a légèrement atténué les performances, et une coque légèrement plus légère aurait pu le rendre définitif, mais sa durabilité et son gréement contrôlé récompensent toujours les équipes engagées.
Avantages
- Performances à double trapèze rendues accessibles grâce à un chariot réglable et à une compensation par le régulateur de tension
- Gréement Proctor robuste et sécurisant, voiles Hyde durables avec des commandes faciles à actionner
- Coque en stratifié massif et pont en sandwich mousse conçus pour la longévité plutôt que pour le gain de poids pur
Points faibles
- Nécessite un équipage confiant et coordonné ; pas adapté aux personnes faibles ou fragiles
- Dérive sabre cachée sous le sac de spinnaker et peu réglable ; réglage de la tension du gréement sur l'eau difficile à actionner
- Défaillance de l'axe inférieur du safran sur le bateau d'essai ; vibrations de la dérive sabre et désordre des cordages dans le cockpit signalés



