Conception et construction
Pour limiter le poids en vue du transport sur remorque, la construction du Lancer 28 est assez légère, réalisée principalement en fibre de verre avec des boiseries. La coque présente une étrave inclinée vers l'arrière, un tableau arrière incliné et un safran suspendu monté à l'intérieur sur une barre franche. Sa quille à aileron fixe, large et creuse, offre un petit tirant d'eau de moins de trois pieds, mais le magazine Practical Sailor a noté que cette quille est une boîte creuse en fibre de verre de forme peu optimale pour le travail au près, ce qui nuit aux performances de ce côté du vent. Le lest total s'élève à 2 200 livres de plomb pour un ratio lest/déplacement de 44 %, mais le maître-bau étroit limite la stabilité que ce chiffre pourrait suggérer. Les panneaux de descente de la descente sont en contreplaqué léger et leur ouverture s'amenuise si rapidement que les panneaux se détachent après seulement quelques pouces de mouvement — pratique au port, moins rassurant en mer compte tenu du grand capot coulissant supérieur, qui n'est pas bien étanche face aux vagues déferlantes. (1)
Gréement et comportement
Le bateau était proposé avec un gréement de sloop en tête ou, en option, un gréement fractionné qui place un mât plus haut et plus à l'avant. Avec la version en tête, le gréement culmine à environ 31 pieds au-dessus du rouf et nécessite une colonne de compression au milieu du carré pour son soutien sous le pont ; le gréement fractionné, quant à lui, repose contre la cloison avant, évitant ainsi toute intrusion intérieure. Plusieurs propriétaires interrogés dans l'expertise de Practical Sailor soulignent que le tabernacle de mât n'est pas assez robuste, un point d'attention à prendre en compte pour les deux gréements. Sous voiles, le sloop en tête affiche un score moyen PHRF de 258 ; la version fractionnée est environ 10 secondes par mile plus rapide. Dans un article de Practical Sailor, Darrell Nicholson qualifiait le Lancer 28 de très instable, notant que les petits bateaux gagnent en stabilité soit par une grande largeur, soit par des quilles profondes et lourdes, ce modèle n'ayant ni l'un ni l'autre, et que l'on n'achète pas ce bateau pour sa vitesse — c'est un dériveur de loisir et un croiseur de week-end transportable sur remorque dont les scores moyens de stabilité pour les propriétaires ordinaires signifient généralement un bateau assez tendre à la toile. (1)
Aménagements
L'aménagement d'origine propose six couchages, obtenus en abaissant le plancher de la cabine d'un pied dans l'emplanture de quille pour offrir une hauteur sous barrots de 6 pieds 2 pouces (1,88 m) à l'arrière du carré principal. À l'avant se trouve une couchette en V double dans la cabine avant, avec un cabinet de toilette étroit sur toute la largeur juste derrière. Le carré principal abrite une couchette de salon classique à bâbord et une table de carré qui s'abaisse pour former une couchette à tribord ; des couchettes de quart sont situées sous les deux côtés du cockpit. En 1979, la version Mark V a supprimé la couchette de pointe avant au profit d'un espace de stockage pour les voiles. La cuisine s'étend sur les deux côtés juste en avant de l'échelle de descente, avec une cuisinière à deux feux et des coffres à bâbord, ainsi qu'un évier, une glacière et des coffres à tribord. Le verdict de Nicholson est juste : un voilier transportable capable d'accueillir deux adultes et plusieurs enfants pour de courtes croisières a tout son sens, mais six couchages, une hauteur sous barrots complète, un faible tirant d'eau et la transportabilité en 28 pieds imposent inévitablement des compromis substantiels.
Problèmes connus
Les plaintes des propriétaires concernant les défauts structurels se concentrent sur les fuites au niveau de la liaison coque-pont et des hublots, ainsi que sur des bulles de gelcoat, des faïençages ou des fissures de contrainte signalées par plusieurs propriétaires. Le suivi des fuites de pont est compliqué par le contre-moule en vinyle du plafond, qui masque l'origine des gouttes. Le grand capot de descente et les dalots de pont peu solides aggravent les voies d'infiltration d'eau déjà mentionnées.
Ownership and Equipment
La plupart des Lancer 28 ont quitté le chantier avec des moteurs hors-bord installés dans un puits de poupe qui maintient le moteur dans l'eau même par gros temps ; les options de moteurs in-bord comprenaient des diesel Petter, Renault et Yanmar, un moteur à essence in-bord de 10 chevaux et un saildrive OMC, ce dernier logé dans une boîte sous l'échelle de descente. L'utilisation du contre-moule avant plutôt que d'une colonne de cabine pour le gréement fractionné est un avantage discret pour les propriétaires qui apprécient des planchers de carré dégagés.
Le verdict
Le Lancer 28 est une réponse pragmatique au défi du voilier transportable : il offre un véritable aménagement à six couchettes et un faible tirant d'eau dans un ensemble facilement remorquable, au prix d'une grande gîte, d'un rendement modéré au près et de quelques points de fuite qui exigent une expertise minutieuse. C'est un bateau de week-end familial, pas un régatier.
Les points forts
- Cinq couchages avec une hauteur sous barrots utilisable à l'arrière grâce à un plancher de cabine abaissé
- Quille fixe à petit tirant d'eau de moins de 90 cm avec poids transportable sur remorque
- L'option gréement fractionné élimine le mât de réduction dans la cabine principale et permet de naviguer un peu plus rapidement
Les points faibles
- Le maître-bau étroit et la quille à petit tirant d'eau rendent le voilier tendre à la toile et peu compétitif
- Des propriétaires signalent des fuites au niveau des liaisons coque-pont, des hublots et des défauts de gelcoat
- L'ouverture large du capot de descente mal étanche et le tabernacle de mât faible ont été relevés lors d'expertises







