Conception et construction
Peter Frers a donné au 44 une ligne de pont relativement basse et un tonti discret, bien que le rouf paraisse un peu carré. La coque présente une entrée d'eau fine avec un brion profond, évitant délibérément les sections avant aplatis qui rendraient plus tard le 46 beaucoup plus spacieux dans la partie avant. Sous la flottaison, une quille à aileron court sur la longueur et le safran est suspendu sur skeg. Le déplacement se situe juste au-dessus de 22 000 livres avec plus de 11 000 livres de lest en plomb monté sous forme de semelle sur l'emplanture de la quille, ce qui se traduit par un ratio lest/déplacement proche de 50 % expliquant la raideur à la toile réputée du bateau.
La coque elle-même est construite en stratifié de fibre de verre très épais, renforcée par des varangues longitudinales en mousse sur toute sa longueur qui encapsulent également les cloisons. Le pont est en sandwich avec âme en Airex ou en balsa, tandis que la liaison coque-pont suit le système standard à bride intérieure avec des boulons de liaison et une liaison chimique, les boulons étant espacés de 6 pouces et doublés pour fixer le rail de fargue en aluminium. Les cloisons et les placages des meubles sont solidement stratifiés à la coque, et l'on ne voit aucune contre-moule apparente : une structure qui s'est révélée à la mer. (1)
Gréement et manœuvres
Le gréement simple de sloop en tête repose sur un mât solide emplanté sur la quille, avec une hauteur sous barrots de 60 pieds et une surface de voilure utile de 866 pieds carrés. La plupart des bateaux sont configurés sans bastaques. Les manœuvres de voiles facilitent la navigation en équipage réduit : les winches sont bien placés et faciles d'accès depuis le poste de barre, le chariot de bôme se situe à l'arrière du poste de barre pour une réglage efficace par l'extrémité de la bôme, et la plupart des commandes sont renvoyées à l'arrière, ce qui rend le 44 très facile à mener en solitaire. La visibilité depuis le poste de barre est superbe malgré un cockpit étroit dont les hiloires frôlent les reins et dont le pont de liaison n'est guère plus qu'un rebord, ce qui impose d'avoir un bon capote de descente et des dalots à portée de main dans le mauvais temps. (1)
En mer, le bateau se comporte très bien. Il est raide à la toile pour un croiseur et tient bien son cap sans taper au près dans une mer formée ni faire de dérive excessive, bien qu'il puisse être humide à ce cap. Les grosses vagues arrière sont facilement avalées et, par mauvais temps, il se met à la cape efficacement. Au moteur, la forme de coque efficace porte plus de 6 nœuds sans dépasser 2 000 tr/min, offrant une autonomie réelle au-delà de 500 milles avec ses 110 gallons répartis en deux réservoirs en acier inoxydable, et le bateau se conduit bien sur l'hélice.
Aménagements
Frers fut l'un des premiers à utiliser une configuration de passage double, permettant d'accéder à la cabine arrière par les deux côtés — soit par la cuisine, soit par la salle d'eau arrière. La cuisine se trouve à tribord dans le passage, ses doubles éviers montés sous le cockpit sur une console qui abrite également le moteur ; en face se situent d'immenses compartiments réfrigérateur et congélateur avec un grand espace de plan de travail. La table à cartes située en face dispose d'une bonne surface de travail, d'un espace pour le répéteur et d'un siège confortable, tandis que juste derrière elle, la salle d'eau arrière offre deux portes et un accès à la cabine. Cette cabine arrière est un véritable refuge avec de nombreux tiroirs, coffres et rangements pour suspendre des vêtements.
À l'avant, le carré dispose d'un canapé en L à bâbord et d'un autre droit en face, bien qu'il ne soit pas très grand et que les rangements soient limités par les réservoirs d'eau ou de carburant situés sous les banquettes. Une autre salle d'eau se trouve à bâbord, et aucune des deux n'est équipée d'une cabine de douche indépendante. La cabine avant était proposée avec un lit double en V ou une couchette double décalée. Dans l'ensemble, les menuiseries sont d'excellente qualité et le bateau est magnifiquement aménagé, mêlant le teck et la mica pour un effet chaleureux sans obscurité. La ventilation est excellente grâce aux panneaux de pont et aux hublots ouvrants, et des mains courantes en teck bien placées longent le rouf. Se déplacer sur les larges passavants est un plaisir, bien que le revêtement antidérapant moulé puisse être glissant lorsqu'il est mouillé.
Known Issues
Les drosses de barre poussées-poussées privilégiées dans les aménagements à cockpit central sont sujettes à la corrosion avec le temps. Les panneaux de pont et les hublots ont une réputation de fuites, et l'étambrai est un point faible potentiel. Les cadènes internes présentent une sensibilité à la corrosion caverneuse. Sur le plan mécanique, l'accès au moteur est difficile — situé sous les éviers — et en raison de son emplacement, une remotorisation est un chantier majeur. La plupart des bateaux proposés à la vente affichent un nombre d'heures moteur très élevé.
Le verdict
Le Hylas 44 est un croiseur Frers solidement construit, doté de qualités hauturières, d'un intérieur raisonnable et d'un comportement marin doux, parfait pour un couple ou une carrière en charter. Ses points faibles se concentrent sur l'accès aux espaces, l'étanchéité à la mer et quelques rares pièces sujettes à la corrosion qui nécessitent une expertise attentive.
Avantages
- Historique éprouvé au large avec des tours du monde incluant le cap Horn
- Ratio de lest de près de 50 % et coque raide à l'eau et bonne tenue de cap
- Cabine arrière double traversante et excellents menuiseries
- Plan de voilure adapté aux équipages réduits avec les manœuvres renvoyées à l'arrière
Les points faibles
- Accès difficile au moteur et remotorisation coûteuse
- Capots de descente, hublots et étambrai sujets aux fuites
- Drosses de barre et cadènes internes sensibles à la corrosion
- Petit cockpit et rangements limités dans le carré











