Design Brief & Intent
Le Chatam 60 a été construit pour l'autosuffisance et une tranquillité d'esprit ultime dans les environnements marins hostiles. Sa mission est l'exploration des hautes latitudes et l'autonomie à long terme hors réseau. Pour y parvenir, l'ingénierie structurelle est extraordinairement robuste. La tôle de fond de la coque est construite en aluminium de qualité marine mesurant jusqu'à 16 millimètres d'épaisseur — assez épaisse pour résister à des impacts à basse vitesse avec des growlers ou à des talonnages violents.
À l'intérieur, le Chatam 60 est conçu comme un sanctuaire. Contrairement aux placages minces et aux composites légers que l'on trouve dans les coques de série modernes, les menuiseries intérieures d'un Chatam sont massives, solides et lourdes, conçues pour offrir de nombreuses mains courantes et un passage sûr dans la cabine pendant la tempête. L'aménagement est optimisé pour le confort de la vie à bord lors de voyages prolongés. La descente mène généralement à un carré surélevé ou à un poste de pilotage intérieur, offrant aux veilleurs une visibilité à 360 degrés tout en restant au sec, au chaud et protégés des éléments. Une excellente isolation thermique est la pierre angulaire de la conception, évitant la condensation dans les climats glaciaux tandis que plusieurs sources de chauffage — souvent une combinaison de chauffage à air pulsé diesel, de boucles hydroniques et d'un poêle à goutte-à-goutte classique — maintiennent l'intérieur habitable.
Variations & Configurations
Parce que le Chatam 60 a été construit de manière semi-personnalisée, les aménagements intérieurs, les gréements et les configurations mécaniques varient considérablement d'un modèle à l'autre. Alors que de nombreux propriétaires ont opté pour le gréement de cotre traditionnel afin de garantir un plan de voilure polyvalent et facile à gérer dans le mauvais temps, le plan a également été conçu en ketch. La configuration en ketch divise la surface de voilure en portions individuelles plus maniables, ce qui est très avantageux pour les équipages réduits manœuvrant un voilier de ce déplacement.
Les options de propulsion reflètent également la nature personnalisée de ces constructions. Alors que certaines coques utilisent un seul grand moteur diesel, d'autres ont été spécifiées avec deux moteurs diesel — comme des doubles Yanmar de 75 chevaux — entraînant des lignes d'arbre indépendantes. Cette configuration bimoteur offre une redondance inégalée pour les expéditions lointaines, ainsi qu'une capacité de manœuvre exceptionnelle dans les espaces restreints, compensant l'absence de quille profonde.
Les configurations de tirant d'eau sont définies par la dérive pivotante intégrale. Lorsque la lourde dérive en aluminium est abaissée via son treuil dédié, le tirant d'eau atteint plus de trois mètres, fournissant le plan antidérive nécessaire pour remonter au vent. Avec la dérive entièrement rétractée dans son puits de dérive, le tirant d'eau descend à seulement 1,1 mètre (3,6 pieds), permettant au bateau de naviguer dans les chenaux peu profonds et de se poser à plat sur le sable à marée descendante.
Sailing Performance & Handling
Avec plus de 23,5 tonnes (52 000 livres) de déplacement, le Chatam 60 est un croiseur à déplacement lourd qui donne la priorité à l'inertie et au confort à la mer plutôt qu'à l'agilité dans le petit temps. Son ratio déplacement/longueur (D/L) de 161,29 le place dans la catégorie des voiliers de croisière modérés à lourds, indiquant une forme de coque qui transporte une immense inertie. Une fois le bateau lancé, il fend facilement le clapot de face plutôt que de tanguer brutalement, ce qui rend la navigation douce et réduit la fatigue de l'équipage.
La surface de voilure est importante, affichant un ratio surface de voile/déplacement (SA/D) de 22,61. Ce ratio relativement élevé empêche la coque lourde de se montrer paresseuse dans les airs légers à modérés, offrant au Chatam 60 des vitesses de passage tout à fait respectables. Lorsque le vent fraîchit, les mouvements du bateau sont exceptionnellement prévisibles. Un ratio de confort de 34,18 confirme son comportement doux et marin, garantissant des périodes de roulis lentes et des accélérations douces.
Avec un ratio de risque de chavirage de 1,82, le voilier se situe bien en dessous de la limite de 2,0 requise pour les traversées océaniques, prouvant sa stabilité dans les conditions de haute mer. En naviguant au près avec la dérive complètement basse, le bateau tient bien son cap, bien qu'il affiche un peu plus de dérive qu'un voilier de régate à quille fixe profonde. Au portant et par mer de quart, la configuration à double safran maintient un excellent contrôle de la barre, empêchant tout départ au lof même lors des surfs dans les grandes houles océaniques.
Known Issues & Maintenance Triage
L'exploitation d'un grand voilier en aluminium nécessite des protocoles d'entretien spécialisés pour éviter la dégradation structurelle. Le risque le plus critique pour toute coque en aluminium est la corrosion galvanique et électrolytique. Les propriétaires doivent méticuleusement maintenir un système électrique complètement isolé (généralement un système bipolaire en 24 V CC) pour s'assurer qu'aucun courant de fuite ne s'échappe dans la coque. L'installation d'un transformateur d'isolement de haute qualité est obligatoire lors du branchement sur l'alimentation à quai. Les anodes sacrificielles en zinc ou en aluminium doivent être inspectées régulièrement et remplacées pour protéger les œuvres vives.
Le mécanisme de la dérive relevable est un autre point d'attention majeur pour l'entretien. Le puits de dérive, l'axe de rotation et les câbles de levage sont soumis à d'immenses efforts. La dérive doit être descendue, l'axe inspecté pour détecter toute usure, et le puits débarrassé des salissures marines et recouvert d'un antifouling approprié lors des sorties d'eau.
Enfin, comme ces bateaux sont souvent utilisés dans des climats extrêmes, l'isolation derrière les vaigrages de la coque doit être vérifiée pour s'assurer de l'absence de vides. Tout couple ou membrure en aluminium non isolé peut agir comme un pont thermique, entraînant une condensation localisée, des accumulations d'eau dans les cavités cachées et un risque de développement de moisissures derrière les meubles des cabines.
Modernization & Upgrades
Les propriétaires modernes de Chatam 60 se concentrent fortement sur la mise à niveau des capacités électriques et de l'autonomie hors réseau du voilier. Les parcs de batteries de servitude au plomb d'origine sont systématiquement remplacés par de grands parcs au lithium fer phosphate (LiFePO4). Compte tenu du volume interne massif du bateau, il y a amplement d'espace pour installer des panneaux solaires très efficaces sur des portiques de poupe personnalisés qui, associés à des alternateurs à haut rendement sur le ou les moteurs principaux, peuvent alimenter des consommateurs importants comme des dessalinisateurs et des plaques de cuisson à induction sans dépendre d'un groupe électrogène diesel.
L'électronique de navigation est un autre axe fréquent de refit. Le remplacement des anciens radars gourmands en énergie par des radars modernes à l'état solide, et l'installation de PC marins sans ventilateur exécutant des logiciels de navigation avancés au poste de barre intérieur et dans le cockpit extérieur, garantissent une veille efficace dans toutes les conditions. Les améliorations du gréement, y compris la conversion vers un gréement courant synthétique moderne et la réfection des winches électriques renforcés chargés de hisser la lourde dérive et la grand-voile, sont également courantes chez les propriétaires se préparant à des voyages au long cours.
The Verdict
Le Chatam 60 est un chef-d'œuvre de la conception française de voiliers d'expédition. Pour le marin dont les rêves incluent la navigation dans les glaces, l'exploration de rivières tropicales peu profondes et la confrontation aux conditions météo extrêmes en toute confiance, peu de voiliers offrent ce niveau de sécurité structurelle et de polyvalence. Ce n'est pas un bateau conçu pour le cabotage de week-end ou les régates de club dans le petit temps, mais en tant que plateforme d'exploration mondiale, il a peu d'égaux.
Pros
- Résistance de coque exceptionnelle : La tôle de fond en aluminium de 16 mm offre une résistance extraordinaire aux impacts et une grande durabilité structurelle.
- Polyvalence en eaux peu profondes : La dérive pivotante intégrale permet au bateau d'accéder aux ports peu profonds et de s'échouer en toute sécurité bien droit.
- Confort dans les hautes latitudes : L'intérieur entièrement isolé avec un poste de pilotage intérieur protégé garde l'équipage au chaud et au sec.
- Excellent comportement à la mer : Un ratio de confort élevé garantit des mouvements sûrs et prévisibles dans la grosse mer.
Cons
- Exigences électriques complexes : Demande une vigilance absolue concernant la corrosion galvanique et l'isolation électrique.
- Entretien mécanique important : Le mécanisme de dérive relevable, les doubles safrans et les configurations bimoteurs potentiellement complexes nécessitent un entretien régulier et spécialisé.
- Peu véloce dans le petit temps : Malgré un bon ratio surface de voile/déplacement, l'inertie massive du bateau le rend moins réactif dans les petits airs.







