Conception et construction
Le BayCruiser 23 porte son maître-bau — de 8 pieds, soit plus d'un tiers de sa longueur de 22 pieds 11 pouces — très en arrière sur un large tableau arrière, ce qui donne à la cabine à plan ouvert une sensation étonnamment spacieuse sous le pont malgré une hauteur sous barrots minimale. Les coques sont en fibre de verre avec pont et rouf moulés ainsi que des boiseries, à l'exception de trois exemplaires en contreplaqué : les deux premiers bateaux construits au Royaume-Uni et un construit sous licence en Tasmanie. Les bordés surélevés apportent de la confiance lors des déplacements sur le pont ou simplement pour admirer la vue, et la construction du chantier montre un ébénisterie soignée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Le lest liquide se trouve dans deux réservoirs situés sous la couchette en V et le fond du cockpit, offrant une capacité de 992 livres ; lorsqu'ils sont pleins, ils descendent 1 102 livres dans la coque pour un ratio de lest de 35 %, et les réservoirs se remplissent passivement sous le poids du bateau ou peuvent être vidés avec la pompe de cale ou lors du levage sur remorque. Une dérive à profil profond porte 154 livres de plomb sur son arête inférieure, offrant un tirant d'eau de 12 pouces dérive haute et de 4 pieds 11 pouces dérive basse. (1)
Gréement et comportement
Un mât en carbone emplanté sur le pont porte une grand-voile entièrement lattée et une voile d'avant fractionnée, toutes les manœuvres courantes étant renvoyées au cockpit ; le gréement en carbone pèse la moitié de celui d'un gréement classique, et le bateau peut être entièrement gréé en environ 30 minutes selon Swallow Yachts. Sans lest, la coque se comporte comme un dériveur, tournant sur sa dérive à la moindre brise, mais gîtant de manière spectaculaire si une rafale saisit sa toile légère — il faut donc naviguer avec la grande écoute en main, prêt à relâcher. Une fois les réservoirs remplis, elle devient un bateau différent, plus stable, qui marche bien droit et se redresse seul dans des conditions plus difficiles. Les propriétaires rapportent qu'avec son lest complet, elle dépasse de beaucoup plus grands voiliers par cinq nœuds de vent, et les testeurs ont enregistré sept nœuds sous spinnaker ainsi qu'une moyenne constante de cinq nœuds et demi dans 14 nœuds de vent ; un propriétaire a décrit avoir ressenti une sécurité absolue dans des vents de 40 nœuds sous grand-voile à trois ris. Elle peut être menée, gréée, mise à l'eau et récupérée en solitaire. (2)
Aménagements
Sous le pont, la cabine est divisée par l'axe longitudinal par le puits de dérive sur table et l'emplanture de mât. Une table de carré en chêne rabattable surmonte le puits, et de chaque côté, une couchette de salon avec rangements en dessous fait face à une grande cabine avant en V avec davantage de rangements sous celle-ci. Le constructeur indique quatre couchages pour adultes, avec deux couchettes de quart et des remplissages pour les couchettes doubles du carré. La cuisine est intégrée dans la partie avant de la couchette bâbord, équipée d'un évier en inox, d'eau pompée et d'un espace pour une cuisinière, tandis qu'un coffre à mouillage sécurisé et un bout-dehors Sampson se trouvent sur le pont avant. Le cockpit est conçu pour une véritable sensibilité hauturière — des hiloires inclinées offrent un bon soutien et les sièges bien espacés permettent à l'équipage de se répartir en rappel lors de la gîte. La limite réelle reste l'absence de cabinet de toilette fermé et les rangements limités, acceptés comme le prix à payer pour la taille transportable.
Équipement et motorisation
La propulsion est assurée par un moteur hors-bord de 5 à 6 ch installé dans un grand puits central sous la barre franche, placé pour une meilleure maniabilité et une traînée réduite, et coulissant hors de l'eau lorsqu'il n'est pas utilisé grâce à des clapets en Mylar qui ferment l'ouverture pour limiter la traînée. Un capot de descente optionnel s'étend sur la moitié du cockpit pour protéger le carré de la pluie, et les acheteurs peuvent choisir un spi asymétrique sur un bout-dehors en carbone. Certains propriétaires ont installé des panneaux de contreplaqué coulissants pour fermer complètement l'accès au puits du moteur hors-bord lors de l'hivernage, tandis que d'autres ont ajouté une seconde batterie lithium, des panneaux solaires et des équipements de navigation plus complets pour la croisière au long cours.
Le verdict
Le BayCruiser 23 est un savant mélange du nouveau et de l'ancien qui séduira le marin qui souhaite un seul coque transportable pour concilier les sorties à la journée rapides et la croisière côtière stable. Le lest d'eau est le secret de sa réussite : suffisamment léger pour être remorqué sans gaspiller de carburant, puis rempli en douze minutes pour obtenir un voilier de week-end stable et auto-redressable. Le gréement en carbone et la dérive la rendent rapide et maniable ; son maître-bau généreux permet de rester à l'aise à quatre dans la cabine. Ce n'est pas un coursier au près comme un voilier de croisière à quille fixe, et l'absence de hauteur sous barrots et de cabinet de toilette fermé découragera certains, mais en tant que petit croiseur polyvalent et bien ébénister, il est difficile de lui trouver un équivalent.
Avantages
- Le lest d'eau passif offre deux comportements de navigation distincts dans une seule coque transportable
- Le gréement léger en carbone et un réglage en 30 minutes rendent la mise à l'eau et le rappel en solitaire réalistes
- La grande largeur et les hiloires de cockpit bien pensées créent un carré et un cockpit spacieux et sécurisants
- La capacité de redressement automatique et le mode lest stable conviennent à une utilisation côtière aventureuse
Les points faibles
- Pas de cabinet de toilette fermé et seulement une hauteur sous barrots assise à l'intérieur
- Comportement léger et non lesté exigeant une vigilance de dériveur dans les rafales
- Stockage limité pour la croisière prolongée par rapport à des voiliers transportables plus grands





