Conception et construction
Le 380 affiche un profil européen moderne avec une tonture minimale et des étraves et des arrières verticaux. Sa structure de quille est construite autour d'un bulbe fixé à une traverse en acier galvanisé qui court le long de la coque, stratifiée en place pour absorber les charges dynamiques liées au mouillage. La structure environnante est sérieuse : toute la zone jusqu'aux cadènes est renforcée avec du verre unidirectionnel, la majeure partie du reste de la coque est en sandwich Divinycell, et les cloisons sont stratifiées directement sur le pont et la coque plutôt que posées dans un contre-moule. Le 385 ultérieur poursuit cette même philosophie à l'avant avec une chaise en acier galvanisé au centre qui prend en charge toutes les charges du gréement, du mât et de la quille, garantissant que le bateau soit solide, raide et réactif au mouillage. Son stratifié utilise une âme en mousse Divinycell de 20 mm avec infusion sous vide. Le choix d'Arcona de concentrer le poids au centre plutôt que de pousser les réservoirs et les rangements vers les extrémités reflète un programme priorisant les performances. (1)
Gréement et comportement
Sur le 380, les haubans sont positionnés à l'extérieur sur le plat-bord avec de courtes rails de génois bien à l'intérieur, offrant des angles de virement de bord aussi serrés que 32 degrés au vent au près. Les winches primaires pour le génois et secondaires pour le spinnaker sont montés sur le hiloire du cockpit, tandis que deux winches sur le rouf gèrent les drisses et les commandes de voiles. Un chariot de bôme dans le cockpit règle l'écoute de grand-voile, et les essayeurs ont noté que les bosses peuvent surprendre les imprudents lors d'un empannage. Les marins d'essai de Yachting Monthly ont constaté que le 380 remonte franchement au près, et que sa raideur structurelle et la répartition de son lest lui permettent de porter toute sa toile lorsque d'autres sont en train de prendre un ris au vent ; aux allures portantes, il glissait avec élégance, accélérant sous un contrôle total du barreur. Le magazine l'a qualifié de référence parmi les croiseurs-régatiers pour ceux qui prennent réellement plaisir à naviguer, bien qu'il ne soit pas un bateau pour débutants compte tenu de la puissance facilement disponible. (1)
Aménagements
L'aménagement standard du 380 dispose d'une cabine en V à l'avant, de deux cabines arrière et d'un carré avec une table à manger à deux battants offrant six places assises, ainsi que des rangements intégrés pour les bouteilles ; la table à cartes se replie pour transformer le canapé tribord en couchette de 1,98 m (6 pieds 6 pouces), et la hauteur sous barrots maximale atteint 1,90 m (6 pieds 3 pouces). Une version à deux cabines remplace la seconde cabine arrière par une douche fermée et offre nettement plus de rangements. Le 385 propose de série trois cabines avec un aménagement optionnel à deux cabines et douches séparées, et exploite pleinement son maître-bau de 3,8 m dans un carré généreux conçu pour recevoir, avec de larges passavants et un cockpit spacieux. Les testeurs ont salué la cuisine en L du 380 comme un excellent exemple offrant de bons rangements et une bonne ventilation, bien qu'ils aient souligné des rangements limités confinés aux coffres extérieurs et à l'espace étroit sous le plancher, tout en notant que les cabines arrière sont un peu étroites. La coque plus grande du 385 et ses vitrages de rouf apportent davantage de lumière naturelle à l'intérieur, et son tableau arrière ouvert laisse entrer plus de lumière dans les cabines tout en offrant des rangements accessibles dans le radeau de survie.
Équipement et cockpit
Les deux modèles privilégient des doubles barres à roue — en carbone sur le 385, montées sur des colonnes inclinées sur le 380 avec un écran de traceur de cartes à chaque poste — et le 385 ajoute un tableau de bord plus grand au-dessus de la descente pour accueillir des instruments de barre plus importants. Le capote de descente du 380 se replie dans un hiloire courbé autour du panneau de pont, et un simple passage mène à une marchepied de bain avec échelle ; le tableau arrière du 380 est ouvert et descend vers un plongeoir, une caractéristique standardisée sous forme de tableau arrière ouvert sur le 385. Un guindeau et un davier avant sont des options sur le 380, et le gaz propane est stocké à l'avant dans le coffre à mouillage.
Points à considérer
Le thème dominant des essais de l'époque concerne le comportement : le 380 est un sport-tourer magnifiquement conçu et raffiné, doté d'une puissance abondante facilement contrôlable par ceux qui connaissent bien le bateau, mais qui peut effrayer les nouveaux marins ; de plus, la géométrie du chariot de bôme exige une attention particulière lors des virements de bord. La capacité de rangement reste la réserve pratique récurrente — limitée dans le 380 standard à trois cabines et résolue uniquement en choisissant la version à deux cabines.
Le verdict
Les Arcona 380 et 385 sont de sérieux croiseurs-régatiers d'un chantier suédois dotés d'une signature architecturale claire : une structure à centre de gravité bas, un pont rigide en acier stratifié et une barre qui récompense le marin actif. Ils sont les plus rapides et les plus sages dans les mains d'un couple ou d'un équipage expérimenté, et les compromis d'aménagement penchent vers la légèreté et la vitesse plutôt que vers le volume.
Les points forts
- Coque raide et réactive avec largeur de quille en acier stratifiée et structure en sandwich Divinycell
- Angles de virement de bord serrés et excellent rythme au près pour un 37 pieds
- Lumière naturelle généreuse et praticité du tableau arrière ouvert sur le 385
- Solide pedigree de croiseur-régatier signé Stefan Qviberg
Les points faibles
- Stockage limité dans l'aménagement standard à trois cabines
- Peu tolérant pour les propriétaires débutants compte tenu de la puissance disponible
- Les chutes du chariot de bôme peuvent surprendre un marin imprudent lors d'un empannage



