Conception et construction
Thames Marine a construit le 670 en fibre de verre, et les coques massives stratifiées à la main de l'époque donnaient au bateau une sensation de solidité remarquable pour sa longueur. La configuration biquille est la géométrie maîtresse de ce plan : en divisant le lest en deux appendices latéraux, le voilier ne cale que 2,67 pieds et peut s'échouer bien droit sur un mouillage d'échouage, un avantage pratique dans les estuaires à marée qui favorisaient le marché britannique. Un ratio lest/déplacement proche de 45 % le place résolument du côté stable et tolérant pour un 22 pieds, et la longueur à la flottaison de 19 pieds face à une longueur hors-tout de 22 pieds indique un élancement modéré plutôt qu'une coque de planing étirée. David Feltham, qui développerait plus tard les gammes Mirage 28 et 37 du chantier au milieu des années 1970, a dessiné ici un petit croiseur classique plutôt qu'un voilier de régate. (1)
Gréement et comportement
Le gréement de sloop en tête affiche une surface de voilure théorique de 238 pieds carrés, un inventaire modéré pour un bateau de ce déplacement qui offre suffisamment de puissance pour le faire avancer dans la brise sans nécessiter un équipage nombreux. La vitesse de coque de 5,84 nœuds est la limite naturelle imposée par une longueur à la flottaison de 19 pieds. Avec ses deux quilles et son faible tirant d'eau, le 670 sacrifie sa capacité à remonter au vent au profit de la sécurité que procure l'arrêt dans les conditions où un voilier à quille fixe chavirerait, et son maître-bau de 8 pieds lui confère la stabilité de forme nécessaire pour porter ce gréement sans nervosité.
Aménagements
L'aménagement intérieur du 670 n'est pas décrit par les sources disponibles, et le contexte du chantier ne fournit que le fait général d'une construction en stratifié massif des années 1960 plutôt que des détails de menuiserie. Ce qui peut être dit, c'est qu'avec ses 22 pieds de longueur hors-tout (LHT) et un maître-bau de 8 pieds, il s'agit par proportion d'un petit voilier de campagne côtier pour deux personnes, et non d'un bateau de week-end pour quatre personnes. La coque biquille laisse un fond central parfaitement plat au milieu du bateau là où une quille à aileron viendrait gêner, une conséquence de l'aménagement liée au choix de la quille plutôt qu'un plan documenté.
Le verdict
Le Snapdragon 670 est un produit honnête du début des années 1960 de Thames Marine : un voilier à quille double et petit tirant d'eau (PTE) à gréement conservateur et à fraction de lest rassurante, conçu par David Feltham au début de son association avec le chantier. Il demande peu d'efforts à un équipage réduit et peut s'échouer là où les bateaux plus profonds ne peuvent pas, mais il est lent par rapport aux standards modernes et trop petit pour tout critère de confort en croisière. En tant que premier petit croiseur classique, il reste une introduction sensée et bien construite à la marque.
Avantages
- La coque biquille affiche un tirant d'eau de seulement 0,81 m et se pose bien à plat
- Une fraction de lest proche de 45 % offre une grande stabilité pour sa longueur
- Construction solide en stratifié massif de fibre de verre par un chantier britannique réputé
Les points faibles
- La vitesse de coque de 5,84 nœuds limite le rythme des traversées
- La longueur de 22 pieds limite l'aménagement à un usage côtier
- Le gréement en tête avec une surface de voilure modeste est peu performant dans le petit temps








