Design Brief & Intent
Conçu principalement comme un petit croiseur polyvalent et un régatier de club occasionnel, le S2 6.8 s'adressait aux navigateurs à la recherche d'un bateau facile à transporter sur remorque, sans pour autant compromettre la sécurité structurelle ou le confort intérieur. À une époque où les concurrents se contentaient de stratifiés de fibre de verre minces et d'intérieurs spartiates et utilitaires, S2 Yachts a construit le 6.8 avec une coque en stratifié massif drapé à la main et un pont en sandwich balsa de bout. La coque et le pont étaient assemblés sur une liaison coque-pont à bride orientée vers l'intérieur, à la fois collée et boulonnée, créant ainsi une structure exceptionnellement rigide et étanche. (1, 2, 3)
Cet accent mis sur la qualité est immédiatement perceptible dès que l'on descend sous le pont. La configuration à pont plat du S2 6.8 élimine le rouf traditionnel, maximisant le volume intérieur du bateau et offrant un carré sur toute la largeur avec une sensation d'espace et d'aération. Bien que la hauteur sous barrots soit modeste (un peu plus de quatre pieds), la conception à pont plat offre une hauteur assise généreuse sur un aménagement qui accueille confortablement une famille de quatre personnes. Les menuiseries intérieures se caractérisent par des finitions en teck de haute qualité, une moquette synthétique et des coussins bien rembourrés — des touches de raffinement pratiquement inédites dans cette catégorie de taille à la fin des années 1970. L'aménagement comprend une couchette en V standard à l'avant, un compartiment dédié pour des WC chimiques portables, un petit coin cuisine avec évier et rangements, et des couchettes de salon opposées qui se prolongent vers l'arrière. C'était un bateau construit pour le cabotage de week-end et la petite croisière côtière, offrant un niveau d'isolation, de confort au sec et de qualité de finition qui le distinguait nettement de ses rivaux d'entrée de gamme. (2, 3)
Variations & Configurations
Bien que le S2 6.8 ait conservé une coque à pont plat standardisée et un gréement de sloop en tête tout au long de sa production, le chantier proposait des variantes clés pour s'adapter aux différents plans d'eau régionaux et aux préférences de transport. Le principal choix de configuration pour les acheteurs concernait la conception de la quille. Le modèle standard était équipé d'une quille à aileron fixe à petit tirant d'eau (PTE) ne calant que deux pieds, qui abritait un lest de 1 100 livres de plomb encapsulé. Pour les marins naviguant dans des eaux très variables ou extrêmement peu profondes, S2 proposait une configuration optionnelle de quille avec dérive. Cette conception conservait le même tirant d'eau de deux pieds lorsque la dérive pivotante en fonte était relevée, mais permettait de descendre la dérive jusqu'à un tirant d'eau maximum de quatre pieds et demi. Cette version dériveur améliorait considérablement la portance au près et le suivi de cap lors des louvoyages, tout en permettant de glisser facilement le bateau sur la remorque ou de naviguer dans les criques et les mouillages peu profonds. (1)
De plus, S2 proposait un pack esthétique très visuel et axé sur la performance, connu sous le nom de S2 6.8 Exciter. Le pack Exciter se caractérisait par des bandes de coque rouge et orange très dynamiques avec des bandes de voile assorties, s'inscrivant dans l'esthétique des croiseurs de performance de la fin des années 1970. Sous voiles, le gréement de sloop en tête portait une surface de voilure modérée d'environ 217 pieds carrés au total, répartie entre une grand-voile et un triangle avant en tête. La propulsion auxiliaire était conçue autour d'un moteur hors-bord monté sur chaise arrière, les propriétaires choisissant généralement un moteur hors-bord à arbre long de six à dix chevaux pour les manœuvres de port et le vent de face. (1)
Sailing Performance & Handling
À la barre, le S2 6.8 se comporte davantage comme un grand quillard que comme un voilier transportable léger classique, ce qui résulte directement de son déplacement important et de son lest généreux. Avec un déplacement de 2 900 livres et un ratio lest/déplacement de 37,93 %, le bateau est exceptionnellement raide à la toile et stable. Ce ratio de lest élevé signifie que le voilier résiste bien mieux à la gîte dans les rafales que ses contemporains plus légers, ce qui rassure les équipages débutants et permet de garder toute la toile plus longtemps lorsque le vent fraîchit. (1, 4)
Les implications physiques de ses ratios de conception sont évidentes dans son comportement. Le ratio surface de voile/déplacement (SA/D) de 17,07 démontre un plan de voilure équilibré et facile à gérer. Il offre des performances honorables dans le petit temps sans rendre le bateau ardent ou sujet à des départs au lof prématurés. Parallèlement, le ratio déplacement/longueur (D/L) de 212,99 place résolument le 6.8 dans la catégorie des déplacements modérés. Ce poids, fortement concentré dans sa quille en plomb à profil bas, aide le bateau à fendre le clapot et à conserver son élan plutôt qu'à rebondir sur les vagues. Le ratio de confort de 14,42 indique des mouvements doux et prévisibles pour un bateau de cette taille, ce qui rend les longues journées sur l'eau moins fatigantes. Cependant, son ratio de risque de chavirage de 2,24 se situe au-dessus du seuil traditionnel pour les traversées océaniques, confirmant que si le S2 6.8 est incroyablement robuste et capable d'affronter de soudains grains côtiers, son véritable domaine reste les eaux côtières abritées, les estuaires et les lacs intérieurs. Sous voiles, le safran sur tableau arrière transmet un retour d'information réactif et franc à la barre franche, bien que le profil peu profond de la quille PTE nécessite un réglage actif de la grand-voile pour limiter la pression sur la barre lorsque l'on navigue serré au près dans la brise. (1)
Known Issues & Triage
Malgré sa qualité de construction supérieure, le S2 6.8 approche des cinquante ans, et certaines faiblesses liées à l'âge nécessitent une inspection et un traitement attentifs. Le problème structurel le plus important et le plus courant est le pourrissement de l'âme du pont en sandwich. Alors que la coque en stratifié massif est pratiquement indestructible, les surfaces horizontales du pont sont en sandwich balsa de bout. Au fil des décennies, l'eau peut s'infiltrer dans l'âme par des pièces d'accastillage non étanches ou mal mastiquées. Les zones critiques à inspecter à l'aide d'un maillet en plastique pour détecter des bruits sourds et mous comprennent l'emplanture de mât, les passages de cadènes, les pieds de fixation du balcon avant et les pieds de chandeliers. Le traitement d'une âme pourrie nécessite un processus laborieux mais simple : découper la peau de fibre de verre endommagée, gratter le balsa humide et stratifier un nouveau contreplaqué marine, une âme en mousse ou un panneau composite avant de refermer le tout avec du stratifié et de re-mastiquer l'accastillage au mastic marin. (3, 4)
Sur les modèles équipés de la dérive optionnelle, le mécanisme de relevage et la dérive en fonte elle-même présentent des défis d'entretien particuliers. La dérive peut se coincer dans son puits de dérive en raison des salissures marines, de la vase ou de la rouille. La dérive en fonte doit être régulièrement descendue, brossée pour éliminer la rouille et protégée par des couches de primaire époxy pour éviter qu'elle ne gonfle. De plus, le câble de relevage en acier inoxydable, ses poulies de renvoi et son treuil doivent être minutieusement inspectés pour détecter tout effilochage ou corrosion, car la rupture du câble peut provoquer une chute violente de la dérive, risquant d'endommager le puits ou la coque. (1, 4)
Enfin, la liaison coque-pont, bien que solidement boulonnée, peut présenter des suintements localisés près de l'étrave. Cela est souvent déclenché par des chocs d'accostage qui sollicitent le balcon avant et rompent le joint d'étanchéité d'origine. Les fuites à cet endroit se manifestent par de l'humidité dans les coffres de la cabine avant en V et doivent être traitées en retirant le liston, en nettoyant le joint et en le colmatant à nouveau avec un mastic polyuréthane flexible. (3)
Modernization & Upgrades
Pour les propriétaires actuels, le S2 6.8 constitue une excellente plateforme de modernisation, en particulier pour la manipulation des manœuvres et les systèmes électriques. Une amélioration fortement recommandée consiste à renvoyer toutes les drisses et bosses de ris à l'arrière, au cockpit. L'aménagement d'origine imposait de travailler au mât pour envoyer les voiles, mais en installant des organisateurs de pont, des poulies de renvoi et une batterie de bloqueurs modernes sur le rouf, la navigation en solitaire devient extrêmement sûre et facile. L'installation d'un système moderne de chariot de bôme améliore également de manière spectaculaire le contrôle de la forme de la grand-voile. (4)
Étant donné que ces bateaux étaient équipés à l'origine de systèmes électriques rudimentaires, la modernisation du réseau de courant continu est une priorité absolue pour les propriétaires expérimentés. Le passage à un parc de batteries lithium-fer-phosphate permet de prolonger les escales foraines sans le poids pénalisant des batteries au plomb traditionnelles. Cette mise à niveau des batteries s'associe parfaitement avec des panneaux solaires souples montés sur le capot de descente coulissant ou sur un petit balcon arrière. Pour compléter ce refit électrique, les propriétaires remplacent généralement tous les plafonniers intérieurs et les feux de navigation par des diodes électroluminescentes (LED) à faible consommation.
En ce qui concerne la propulsion, le S2 6.8 est un candidat idéal pour une conversion électrique. Comme il est facile à faire marcher et qu'il sert principalement à la navigation à la journée et aux sorties de week-end, de nombreux propriétaires remplacent les moteurs hors-bord à essence, lourds et bruyants, par des moteurs hors-bord électriques modernes. Ces unités propres et silencieuses fournissent une poussée largement suffisante pour les manœuvres dans les ports et les chenaux, tout en éliminant l'entretien, les odeurs et les risques liés au stockage du carburant des moteurs thermiques classiques. (1, 4)
Market Snapshot & Economics
Sur le marché de l'occasion, le S2 6.8 représente une valeur exceptionnelle, s'échangeant souvent à des prix comparables à ceux de modèles concurrents de la même époque moins robustes. S2 Yachts ayant construit moins de deux cents unités, ils sont relativement rares par rapport aux géants du marché de masse, mais ils bénéficient d'un public de fidèles parmi les marins qui apprécient leur qualité de construction supérieure. Lorsqu'ils apparaissent sur le marché, ils sont très recherchés par les plaisanciers soucieux de leur budget qui recherchent un petit croiseur ne nécessitant pas de raidissement immédiat de la coque ou de renforcement structurel. (1, 4)
L'aspect financier de la rénovation d'un S2 6.8 est très avantageux pour le bricoleur. En raison de sa taille compacte de 22 pieds, l'achat de voiles neuves, de gréement dormant ou de gréement courant reste remarquablement abordable par rapport à des unités plus grandes. Un jeu de voiles neuves ou un remplacement complet du gréement dormant représente un investissement modéré qui peut redonner au bateau toutes ses performances sous voiles. Toutefois, les acheteurs doivent être prudents face à un bateau présentant un pourrissement important du pont ; si des travaux professionnels sont nécessaires pour réparer un pont mou, les coûts de main-d'œuvre peuvent facilement dépasser la valeur marchande du voilier. Pour ceux qui acceptent de prendre en charge eux-mêmes l'esthétique et la petite mécanique, le S2 6.8 offre une expérience de navigation haut de gamme et stable pour une fraction du coût d'un petit croiseur moderne. (4)
The Verdict
Le S2 6.8 reste le témoin d'une courte époque où les constructeurs appliquaient des techniques de construction de grands yachts à de petits croiseurs transportables. Conçu par l'équipe respectée d'Arthur Edmunds Jr. et Don Wennersten, ce sloop de 22 pieds à pont plat offre un niveau d'intégrité structurelle, de raideur à la toile et de finition intérieure qui surclasse facilement presque tous les concurrents de sa génération. Bien que son déplacement modéré et son lest en plomb massif le rendent un peu plus lourd à remorquer et plus lent dans le petit temps que les dériveurs légers de pure journée, son comportement marin rassurant et sa cabine sèche et spacieuse en font un régal pour le cabotage de week-end et l'exploration côtière. Pour le marin qui recherche un petit croiseur classique, bien construit, qui donne la sensation d'un grand bateau sous les pieds et capable de tenir dans la brise, le S2 6.8 reste l'un des secrets les mieux gardés du marché de l'occasion. (1, 4)
Pros
- Qualité de construction exceptionnelle avec une coque en stratifié massif et une liaison coque-pont solidement boulonnée.
- Très stable et raide sous voiles grâce à un ratio lest/déplacement élevé de près de trente-huit pour cent.
- La conception à pont plat maximise le volume intérieur et la largeur de la cabine pour des croisières familiales confortables le week-end.
- Tirant d'eau extrêmement faible de seulement deux pieds avec la quille ou la dérive relevée, facilitant le transport sur remorque et le cabotage dans peu d'eau.
- Intérieur élégant avec des menuiseries en teck de haute qualité et une ambiance de cabine chaleureuse et accueillante. (1, 3)
Cons
- Sensible au pourrissement de l'âme en balsa du pont autour des pièces d'accastillage mal étanchéifiées.
- Les modèles équipés de la dérive optionnelle nécessitent un entretien régulier pour éviter que la dérive en fonte ne se grippe dans son puits.
- Le ratio de risque de chavirage supérieur à deux virgule deux limite l'utilisation sûre du bateau aux eaux côtières et abritées.
- Le profil à pont plat réduit la hauteur sous barrots debout et donne une silhouette extérieure moins traditionnelle.
- La chaise de moteur hors-bord et le safran sur tableau arrière peuvent être difficiles d'accès par-dessus le hiloire élevé du cockpit. (1)






