Conception et construction
Sabre a conservé la longueur hors-tout de l'original à 29 pieds 11 pouces, délibérément maintenue à la limite de la jauge MORC pour que le bateau puisse naviguer sous ce système de mesure. Le Mk II, introduit en 1983, conservait des dimensions identiques mais ajoutait une légère augmentation du lest, tandis que le Mk III de 1986 a été retravaillé et agrandi, atteignant 30 pieds 7 pouces de long avec un maître-bau qui passe de 10 pieds à 10 pieds 6 pouces. Certaines références prolongent ce modèle jusqu'à l'année modèle 1991, bien que les bateaux plus récents que 1989 soient rares.
Sur le plan structurel, chaque coque était stratifiée à la main, en posant des couches alternées de tissu tressé et de fil écrasé dans une résine polyester. Le pont et le rouf utilisaient une âme en balsa pour la rigidité et le contrôle du poids, et la liaison coque-pont était réalisée sur une bride intérieure avec des fixations et un mastic d'étanchéité. À noter, Sabre a très peu utilisé d'âmes en fibre de verre moulées à l'intérieur, ce qui laisse les cloisons et les aménagements directement stratifiés à la coque. Le Mk III a remplacé le stratifié extérieur par du vinylester pour une meilleure résistance au blanchiment, un changement significatif par rapport aux peaux en polyester précédentes.
Gréement et comportement
Le Sabre 30 est un sloop en tête avec une quille à aileron et un safran sur skeg. L'un des choix d'aménagement les plus caractéristiques consistait à rentrer les haubans à l'intérieur afin que le génois puisse être choqué à l'intérieur des filières, ce qui permet de réduire l'angle et d'aider le voilier à bien remonter au vent. Une analyse d'une base de données de yachts sur la version Mk I a montré qu'il était légèrement surtoilé par rapport à ses pairs, avec un ratio surface de voile/déplacement de 16,4 sous la voile de référence ISO et de 19,8 avec un génois de 135 %. La version standard à un tirant d'eau de cinq pieds deux (1,57 m) est celle à rechercher pour la navigation au près, car elle offre des performances au près nettement meilleures que la variante à petit tirant d'eau. Avec un ratio déplacement/longueur (D/L) d'environ 277, le bateau se situe résolument dans la catégorie des croiseurs lourds, et son ratio de risque de chavirage de 1,95 lui permettrait de naviguer en course océanique selon cette seule formule. (1)
Aménagements
Sous le pont, le Sabre 30 dispose d'une cabine avant en V, puis d'une salle d'eau à bâbord faisant face à une penderie à tribord, et d'un carré principal avec des banquettes opposées et une table de repas qui se déploie depuis la cloison avant. Sur les versions Mk I et Mk II, la cuisine est située à l'arrière à tribord avec une couchette de quart et une table à cartes également à tribord ; la version Mk III inverse ces positions. La ventilation est acceptable grâce à deux panneaux de pont — un à l'avant et un à l'arrière du mât emplanté sur le pont — ainsi qu'à quatre hublots ouvrants. Le cockpit est généreux avec ses 2,05 mètres de longueur et permettra d'asseoir trois ou quatre adultes autour de la barre à roue sur colonne en position « champignon », les passavants étant assez larges pour marcher vers l'avant en toute sécurité. Un petit coffre de pont avant sert à ranger le mouillage.
Known Issues
Le problème structurel le plus documenté est l'apparition de bulles osmotiques, parfois sévères, assez fréquentes sur les coques en polyester des versions Mk I et Mk II ; les revêtements extérieurs en vinylester de la version Mk III le rendaient moins sensible. Un second défaut, plus localisé, concerne l'accastillage de pont et les mains courantes montés à travers l'âme en balsa sans étanchéité, ce qui explique que l'on trouve souvent des ponts dégradés. Sur le plan mécanique, l'isolation du compartiment moteur est faible, ce qui rend le bateau assez bruyant au moteur bien que l'accès au bloc lui-même soit raisonnablement bon. (1)
Refits et propriété
La motorisation a évolué au fil des années : les premiers modèles de la version Mk I et du début de la Mk II utilisaient des moteurs diesel Volvo ou Westerbeke de 13 chevaux, tandis que les versions ultérieures sont passées à des Westerbeke de 18 chevaux. La capacité de carburant reste constante à 20 gallons, et la capacité du réservoir d'eau potable varie de 22 à 70 gallons selon la construction individuelle. Tout acheteur envisageant un Mk I ou un Mk II doit prévoir un budget pour une éventuelle réparation des œufs de rouille et une expertise de l'étanchéité de l'âme du pont ; le Mk III offre une tranquillité d'esprit bien supérieure sur ces deux points.
Le verdict
Le Sabre 30 est un voilier de croisière de l'époque Hewson, soigneusement conçu qui surpasse ses dimensions avec une coque raide à fort déplacement et un gréement orienté au près. La coque stratifiée à la main et l'intérieur sans contre-moule témoignent d'un chantier attaché à la longévité, et l'évolution sur trois générations montre une volonté de corriger les premiers défauts. Les bruits sous moteur et la sensibilité au pourrissement de l'âme du pont sont le prix à payer pour les œuvres mortes en sandwich balsa, mais la version Mk III a largement résolu le problème des bulles de coque.
Avantages
- Les haubans intérieurs et le gréement haut offrent une excellente capacité à remonter au vent pour cette taille
- La coque stratifiée à la main avec des contre-moules minimaux facilite l'accès aux structures
- La peau en vinylester du modèle Mk III réduit le risque d'osmose
- Cockpit spacieux et aménagement pratique avec couchette en V dans le carré
Les points faibles
- Bulles osmotiques fréquentes sur les coques en polyester des versions Mk I et Mk II
- L'accastillage de pont non étanchéifié entraîne une dégradation fréquente de l'âme du sandwich
- Une mauvaise isolation moteur rend la navigation au moteur bruyante
- Les modèles postérieurs à 1989 sont rares sur le marché











