Conception et construction
Tillotson-Pearson a produit plus de 575 bateaux au cours d'une période de dix ans, et la coque ainsi que le pont sont entièrement construits autour d'un lest en sandwich balsa. Les bateaux étaient moulés en deux moitiés longitudinales et stratifiés ensemble sur l'axe longitudinal, ce qui permettait une poutre d'étrave intérieure au niveau du joint de liaison où le pont se pose et est boulonné. Malgré un déplacement léger de 7 000 livres pour le J/30, peu de bateaux présentent un affaiblissement structurel important avec l'âge, et il n'y a que de légères variations de poids et d'appendices d'une coque à l'autre. La conception porte 2 100 livres de lest en plomb sur une quille à aileron de 5'5", soit un ratio lest/déplacement de 30 %, et une largeur de 11'2" qui donne à la cabine son volume sans épaissir le profil. (2)
Gréement et plan de voilure
En tant que bateau de classe, le J/30 ignore les conventions PHRF, et les chiffres l'expliquent. Le génois n° 1 autorisé par la classe affiche un pourcentage de 163 %, le n° 2 est de 145 % et le n° 3 de 105 %, tandis que le tangon de spinnaker d'origine atteint 12,5 pieds contre une dimension J de seulement 11,5 pieds au mouillage. Comme le périmètre maximal typique autorisé par PHRF est de 180 % de J, sur ce modèle ce calcul se fait en fonction de la longueur du tangon de spinnaker, et toutes ces dimensions surdimensionnées restent légales dans une évaluation PHRF de base. Le gréement de sloop fractionné et ses 444 pieds carrés de surface de voilure offrent un ratio surface de voile/déplacement de 19,41, récompensant un équipage qui maintient le bateau à plat. (1)
Comportement et performances
Le J/30 est initialement assez tendre à la toile sous voiles, un trait que les sources attribuent à son maître-bau étroit et à son ratio lest/déplacement de 0,30. Il se comporte au mieux à moins de 15 degrés de gîte, et dans des vents supérieurs à 15 nœuds, maintenir son cap plat exige 800 à 1 000 livres de poids d'équipage sur le rail de l'artimon. Bien réglé et correctement lesté, il remonte bien au vent ; aux allures portantes, il plane dans le vent modéré à fort. Sa véritable faiblesse réside dans le petit temps, en particulier avec une mer clapotante, où la coque à faible inertie perd de sa vitesse. À noter que les J/30 Nationals ont été remportés par des bateaux dotés de carènes et d'appendices simplement profilés, et les coques flottant précisément sur leur ligne de tirant d'eau de classe affichent un léger avantage sur celles qui sont trop lourdes. (2)
Aménagements
Le rouf surélevé offre une hauteur sous barrots de six pieds à l'arrière, et l'aménagement fonctionne aussi bien pour la croisière familiale que pour le départ à la journée. Les aménagements sont bons, les modèles postérieurs à 1984 bénéficiant de cuisines plus grandes. Le cockpit, en revanche, n'est pas particulièrement adapté au confort en croisière, un compromis pris par le concepteur au profit de l'utilité en régate.
Problèmes connus
L'âge et l'utilisation révèlent des points de défaillance prévisibles. Les vibrations du moteur provoquent des fissures autour des silentblocs, et ces mêmes vibrations rendent le bateau désagréable à mouiller au moteur. L'âge et un gréement trop serré fissurent les varangues autour de l'emplanture du mât. Les acheteurs et les experts doivent s'attendre à des fémelots et des aiguillots de safran défaillants, des chariots de bôme endommagés et, occasionnellement, des ruptures de mât. Les fixations des bas-haubans peuvent se relâcher, et les surfaces de pont antidérapantes finissent souvent par être polies comme du verre après une utilisation intensive, nécessitant un traitement pour garantir une bonne adhérence. (2)
Le verdict
Le J/30 est un voilier de taille idéale pour la régate, la croisière et les sorties à la journée, en famille ou non, et sa discipline monotype maintient la flotte compacte et compétitive sans avoir recours à des calculs de jauge. Il demande un rappel actif de l'équipage pour dompter sa gîte initiale, et son comportement dans le cockpit ainsi que son passage de vitesse privilégient le régatier au détriment du simple plaisancier, mais la construction en sandwich balsa a bien vieilli et le palmarès du Fastnet témoigne de sa solide intégrité hauturière.
Les points forts
- Classe monotype avec des voiles surdimensionnées légales qui ignorent l'optimisation PHRF
- Coque et pont en sandwich balsa vieillis sans faiblesse structurelle généralisée
- Aptitude hauturière éprouvée lors de la tempête du Fastnet en 1979
- Bonne hauteur sous barrots et améliorations de la cuisine après 1984
Points faibles
- Tendre à la toile initialement ; nécessite 800 à 1 000 livres de lest sur les rails dans la brise soutenue
- Bruit moteur et vibrations agaçants au moteur
- Cockpit peu adapté au confort en croisière
- Fissures connues aux silentblocs moteur, aux varangues de pont et aux fixations des bas-haubans








